La Grèce sauvée par... les banques

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Par Pascale Besses-Boumard, rédactrice en chef à La Tribune.

"Il n'y a pas de problème, il n'y a que des solutions", dit le dicton. Facile à dire... Dans le cas précis de la Grèce, on ne voit pour l'heure qu'une somme de problèmes et aucune solution. La gravité de la situation n'est plus à démontrer. Avec notamment un endettement chaque jour plus grand et ce terrible constat : les 110 milliards d'euros avancés par l'Union européenne et le FMI ne suffiront pas à le résorber. De leur côté, les membres - pour l'heure - plus vertueux de l'euro sont unanimes pour repousser d'un revers de la main une possible restructuration, comme l'a encore martelé ce week-end, le président français, Nicolas Sarkozy. À l'autre bout de la chaîne, la population grecque n'est pas prête, elle non plus, à faire des concessions et semble même avoir fait sien le nouveau slogan à la mode : " Indignez-vous ! " La politique d'austérité entamée il y a plus d'un an est particulièrement dure à vivre au jour le jour et personne n'a l'intention d'accorder la moindre marge de manoeuvre à un gouvernement qui aura du mal à trouver une majorité lors des toutes prochaines élections.

Du coup, la Grèce se retrouve aujourd'hui dans une situation assez inextricable où chacun campe sur ses positions sans possibilité d'ouverture ni d'assouplissement. Et pourtant, il faudra bien que l'une des parties desserre son étreinte. Car vouer à la faillite un pays adhérent de la zone euro est une issue que nul ne peut décemment envisager. Et si la solution venait des marchés ? Un éventuel assouplissement des règles prudentielles de Bâle III pourrait permettre aux banques commerciales qui portent une centaine de milliards d'euros de dette grecque d'assumer plus facilement une restructuration en douceur. Et si tel était le cas, il serait quand même cocasse de voir que les banques qui ont largement contribué à la dérive budgétaire des pays périphériques de la zone euro, de la Grèce à l'Irlande, soient finalement leur sauveur...

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