Le "business model" des Etats-Unis à la peine
Marc Fiorentino
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Le mois de juin s'achève. Et avec lui le deuxième cycle de "quantitative easing" de la banque centrale américaine. Une étape que redoutent les investisseurs depuis plusieurs semaines. Le patron de la Fed, Ben Bernanke, a confirmé cette semaine qu'il n'y aurait pas de QE3, ou peut-être un mini-QE3 si la situation économique américaine ne s'améliorait pas. Et la situation économique américaine ne s'améliore pas. Loin de là. Elle se détériore. La reprise de la croissance postcrise la plus molle depuis 1929 est déjà en train de s'essouffler avant même d'avoir trouvé un vrai souffle. On peut dès lors se demander à quoi a servi le QE2 ? Il suffit de regarder le visage de Ben Bernanke lors de ses trois dernières conférences de presse pour connaître la réponse. A rien. Ben Bernanke n'en revient pas. La bonne vieille méthode qui consiste à faire tourner la planche à billets et à inonder le pays de liquidités n'a pas fonctionné.
"Helicopter Ben", le partisan du Canadair à dollars, se gratte la tête. Il déprime. Il ne reconnaît plus ses ouailles. Ceux qui peuvent s'endetter se désendettent. Ceux qui ont un travail épargnent et ne consomment pas. Les entreprises qui ont du cash n'investissent pas. Celles qui font des bénéfices réduisent encore leurs coûts, n'embauchent pas et parfois même continuent à licencier. Ben Bernanke a pris le risque de faire sauter la planète en créant une bulle spéculative sur les marchés financiers et, en particulier, sur les matières premières, il a pris le risque de relancer l'inflation sous sa pire forme, l'inflation de l'énergie et des produits alimentaires, il a poussé les pays émergents vers une crise certaine, en tout égoïsme, en favorisant les flux massifs de capitaux investis dans ces eldorados et tout ça pour quoi ? Pour une reprise qui fait pschitt !
Ben Bernanke a manqué un épisode. Il est resté sur l'Américain de l'ère Reagan qui tombe de cheval, se brise les os mais remonte en selle et repart à l'attaque de la consommation avec des cartes de crédit plein la ceinture. Il est resté sur une Amérique qui "arrive toujours à rebondir".
Marc Fiorentino