Europe, Etats-Unis, la prochaine crise est déjà là
Georges Ugeux, PDG de Galileo Global Advisors
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J'ai envie d'utiliser une comparaison nucléaire. Le choix est entre une implosion souterraine contrôlée ou une explosion nucléaire incontrôlée et imprévisible. Dans les deux cas, nous sommes au milieu d'une crise grave.
En Europe, contrairement aux déclarations triomphales du sommet de Bruxelles, le contenu des accords n'a pas mis fin au plus grand danger qui nous menace : la contagion. Les nouvelles venant d'Espagne et d'Italie font apparaître une méfiance croissante des investisseurs et des baisses de notation. Or, la dette de l'Italie équivaut à six fois celle de la Grèce. L'attentisme irresponsable des dirigeants européens a aggravé le problème dans des proportions épouvantables : les rendements des obligations grecques ont quadruplée en un an, uniquement en raison de ces atermoiements.
Aux États-Unis, la situation est aussi mauvaise. Ici, ce sont les républicains qui jouent à la roulette... russe. Lors des décisions budgétaires de décembre dernier, les démocrates avaient fait une concession majeure : le maintien des avantages fiscaux pour les riches. Les républicains ont approuvé ce budget et veulent maintenant empêcher son exécution. Cela ne s'était jamais vu dans l'histoire des États-Unis.
Aujourd'hui, ces mêmes républicains utilisent l'accroissement du plafond de la dette pour renier leur décision précédente. Quand on vote des dépenses, on autorise de facto l'État fédéral à emprunter. Que les avantages fiscaux de l'ère Bush représentent 2.000 milliards de dollars de cette dette et que les deux guerres aient coûté 4.000 milliards de dollars ne semble même pas les effleurer. Quels que soient les torts des démocrates - et il y en a -, c'est l'attitude républicaine qui met le feu aux poudres.
Dans ce climat où l'irresponsabilité et l'inaction prévalent des deux côtés de l'Atlantique, nous jouons avec un risque face auquel il n'y a pas de plan de sauvetage possible. Les dernières déclarations présidentielles en France sont du même tonneau : maintien des avantages à des restaurateurs qui ont triché avec la baisse de leur TVA et proposition d'accélération de l'intervention grecque pour crédibiliser un plan dont le contenu et la méthode ne sauveront rien.
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Georges Ugeux, PDG de Galileo Global Advisors
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