Or : retour vers le futur...

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Par François Roche, conseiller éditorial de La Tribune.

Comment expliquer la flambée actuelle de l'or sinon par la sensation de fragilité financière extrême que renvoient les pays développés, États-Unis en tête ? Le fait même que la Maison-Blanche et le Sénat aient laissé jouer l'opinion et les marchés avec l'hypothèse d'un défaut des Etats-Unis est le signe que, même si les gouvernements veulent donner l'impression qu'ils gardent la main, la situation n'a jamais été aussi précaire, et les solutions proposées partielles, provisoires et imprécises. Les transactions sur l'or ont d'ores et déjà atteint 200 tonnes cette année.

Nous sommes presque au record de 1981, période de grand trouble sur les marchés où 276 tonnes d'or s'étaient échangées. Jamais depuis la fin des accords de Bretton Woods, en 1971, les banques centrales, les fonds souverains, les investisseurs publics de toute nature n'avaient accumulé autant d'or. Jusqu'à la Corée, qui a triplé ses réserves en or au cours des deux derniers mois, effaçant ainsi le triste souvenir de la crise financière de 1997-1998 lorsque les Coréens faisaient don de leurs bijoux en or à la banque centrale pour aider au redressement du pays...

Autre fait remarquable : les nouvelles classes moyennes indiennes et chinoises achètent de l'or, parfois sur l'instigation de leur gouvernement, particulièrement en Chine où des campagnes de publicité financées par l'État ont fait la promotion de l'achat d'or auprès des épargnants. Chinois et Indiens ont représenté 58% de la demande physique d'or au cours du premier semestre de cette année. Ainsi en Inde, autrefois concentré dans les périodes de fêtes religieuses et à la saison des mariages, entre septembre et décembre, l'achat d'or fait maintenant partie de la stratégie de gestion de patrimoine de la classe moyenne. Le retour de l'or comme valeur refuge n'est pas une bonne nouvelle. Elle est le signe d'une grande circonspection devant la capacité des économies développées à gérer conjointement une faible croissance et une forte dette et surtout à démontrer leur volonté de poser des actes politiques forts pour restaurer la confiance.

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