Les banques, bouc émissaire des marchés

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Par Pascale Besses-Boumard, rédactrice en chef Marchès & Finance

« Les marchés ont toujours raison. » Ce vieil adage bien connu des boursiers n'est pas du goût de tout le monde. Et surtout pas des grandes banques mondiales, cibles de toutes les craintes et de tous les excès des investisseurs depuis le début de l'été. À tel point que l'on voit ressurgir, comme en 2008, ce lexique qui fait peur : faillite, fonds de garantie, assèchement des liquidités, secours de l'État, recapitalisation... Tous ces mots qui ont fait notre quotidien à l'époque et que l'on croyait révolus.

Mais telle est bien la tendance du jour : depuis l'abaissement de la note des États-Unis, les investisseurs n'ont de cesse de trouver les fautifs. Et le secteur bancaire semble avoir été désigné d'office. De fait, les banques sont en première ligne lorsque l'économie mondiale mollit. De fait, les banques sont largement concernées par les problèmes budgétaires internationaux et le difficile refinancement des États. De même, sont-elles tout autant touchées par l'affaiblissement de la consommation des ménages et le repli sur soi des entreprises. Pour autant, est-il « raisonnable » de voir la Société Généralecute; Générale perdre 48 % en Bourse en l'espace d'un mois et demi, quand BNP Paris en cède 38 % ? Le curseur est aujourd'hui difficile à placer. D'un côté, pour les établissements bancaires français, des fondamentaux solides et même renforcés depuis la faillite de Lehman Brothers. De l'autre, une peur panique, non rationnelle et qui se nourrit d'elle-même. Jusqu'à provoquer de nouvelles situations, bien réelles celles-là, comme la récente tension des taux de l'Euribor qui montre que les banques ne veulent plus se prêter de l'argent entre elles ! On a accusé un temps la rumeur de provoquer tous les maux. Il y a, en fait, un élément bien plus déterminant pour expliquer toutes ces dérives : c'est la perte de confiance. Et sans confiance, les marchés qui auront toujours raison, ne pourront inverser la vapeur.

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