Jusqu'ici tout va bien

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Par Jacques Rosselin, directeur de la rédaction de La Tribune

Christine Lagarde a raison. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter le tir de barrage qu'ont suscité ses déclarations sur la nécessité d'une « substantielle » recapitalisation des banques. L'ampleur et la résilience de la crise, l'imminence d'une récession aux États-Unis et en Europe et bien sûr, l'exposition du secteur bancaire à la dette grecque et à celle d'autres pays européens, réunissent bel et bien les conditions d'une crise de solvabilité, et non seulement de liquidité, des établissements financiers.

Rappelons toutefois perfidement que c'est la même Christine Lagarde qui, voici quelques mois à Bercy, nous rassurait sur la santé des banques et la fin prochaine de la crise. « Si je me contredis, disait Bakounine, c'est que je suis vaste »... une qualité que les banquiers centraux, en cette période d'anarchie financière, partagent probablement avec la directrice générale du FMI puisqu'eux aussi pressent désormais les gouvernements de mener une politique de croissance et se disent prêts à sortir des clous de l'orthodoxie monétaire si nécessaire.

Reste que ces déclarations contradictoires finissent par installer le doute : comment concilier une politique de croissance avec la réduction des déficits et la maîtrise de l'inflation ? Question à laquelle il est encore plus difficile de répondre lorsque l'on est 17 pays dont le seul horizon commun semble être d'avoir une seule et même monnaie. « L'Europe n'a pas fait défaut », écrivions-nous soulagés dans ce journal le 22 juillet dernier, au lendemain d'une réunion où la zone euro avait jeté les bases de son plan de sauvetage. Il nous aura permis de gagner quelques semaines.

Les vacances sont terminées. Nous voilà rattrapés par une dure réalité de rentrée : la mèche de la bombe grecque continue de se consumer. Et l'Europe, malade de ses calculs politiciens nationaux, ne semble pas décidée à l'éteindre.

 

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