« Bâle III m'a tuer »

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Après les avoir sauvées en 2008, nous n'allons quand même pas pleurer sur le sort des banques. Après tout, elles ont échappé, sauf au Royaume-Uni (où il est vrai certaines ont vraiment fait n'importe quoi), à la nationalisation, arme ultime d'un gouvernement confronté à une faillite bancaire. En France, presque toutes ont rapidement remboursé les sommes prêtées par l'Etat au plus fort de la crise, et ont repris leur liberté de gestion... et de rémunération. Le retour de bâton réglementaire qu'elles affrontent, de part et d'autre de l'Atlantique, n'est donc pas surprenant. Elles peuvent bien pester et tempêter contre les supposés excès des nouvelles normes que veulent leur imposer les régulateurs mondiaux, la crise a amplement démontré et démontre encore que la banque est une activité aussi dangereuse que la production d'énergie nucléaire. Et nécessite donc autant de surveillance et de précaution. S'il est légitime de réglementer, même durement, prenons garde néanmoins à ne pas pénaliser l'économie. Voilà ce que nous répètent les banques pour tenter de modérer la sévérité des nouvelles règles prudentielles du comité de Bâle. L'équilibre entre les deux plateaux de la balance est subtil à définir. Il faut que les banques soient sûres pour les déposants, et en même temps que les ratios de liquidité et de fonds propres à atteindre ne provoquent pas la contraction ou le renchérissement du crédit. Aux banques qui mènent actuellement une intense campagne de lobbying auprès des régulateurs, sur l'air de « Bâle III m'a tuer », il peut être utile de rappeler quelques règles de simple bon sens, qu'elles ne se privent pas elles-même de recommander à l'Etat ou à leurs clients. Plutôt que de payer des bonus et des dividendes insensés, laissant aux banques centrales et aux contribuables le rôle de prêteur en dernier recours, il serait plus sage de leur part qu'elles profitent des actuelles années de vaches grasses pour renforcer leurs fonds propres par accumulation de réserves. Cela ne les empêcherait nullement d'ailleurs, bien au contraire, de faire leur métier, c'est-à-dire de financer l'économie.

 

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