Quand les peuples se réveilleront...

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Par François Roche, conseiller éditorial à La Tribune.

Jusqu'où le peuple grec pourra-t-il supporter les sacrifices sociaux et économiques ? On est franchement en droit de se le demander, lorsque l'on constate, avec un certain effarement, la célérité avec laquelle le gouvernement de Georges Papandréou accentue la rigueur de son plan de redressement quasiment chaque jour, répondant ainsi aux exigences de la troïka et des gouvernements européens. Avec la décision de licencier 30.000 fonctionnaires (quel que soit l'habillage de la mesure, c'est à cela qu'elle revient), dans un pays où l'emploi à vie dans la fonction publique est garanti par la Constitution, le gouvernement frappe fort. Va-t-il au-delà du seuil de tolérance de ses concitoyens ? Si l'on en juge par la violence de la réaction de l'opinion publique à Athènes, la réponse est évidente.

Au Portugal, le niveau de rupture n'est pas loin. Samedi dernier, les manifestations d'opposition aux nouvelles mesures d'austérité, qui doivent être prises dans les semaines qui viennent, ont rassemblé des foules denses dans toutes les grandes villes du pays. Certes, dans une démocratie, la politique ne se fait pas dans la rue. Mais en Grèce et au Portugal, les responsables politiques et économiques ont le couteau dans les reins. Les conditions dans lesquelles ils doivent faire accepter par leurs opinions publiques des décisions très dures, remettant en cause un modèle social bâti sur de longues années, sont à peine acceptables sur le plan du délai de mise en oeuvre des mesures et de l'ambition des résultats à atteindre.

Or, dans aucun des scénarios étudiés à Bruxelles et à Washington, ne semble figurer une variante où la Grèce, le Portugal ou l'Espagne seraient contraints de renoncer à une partie de ces mesures d'austérité à cause de la résistance des peuples. Pourtant, nous n'en sommes pas très loin, et l'on connaît la force de contagion de ce genre de mouvements. Il n'est donc que temps de vérifier que le calibrage des mesures d'austérité tient bien compte de la plus élémentaire justice fiscale et économique, que ces mesures ciblent aussi les vrais détenteurs de fortune, y compris ceux qui se cachent dans les méandres des paradis fiscaux et des sociétés-écrans. On n'en jurerait pas toujours...

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Commentaires
a écrit le 07/10/2011 à 7:57 :
Les dits peuples ont été victimes de politiciens qui leur ont fait prendre endettement pour enrichissement .S' ils se révoltent,ils auront le choix entre banqueroute et faillite généralisée.Il n'y a plus personne qui peut maintenir l'illusion, sauf si l'Allemagne autorise à faire tourner la planche à billet (seule alternative restante et nouvelle illusion).
Bon courage.
a écrit le 05/10/2011 à 20:16 :
Imaginons que le peuple en Grece par exp prenne le pouvoir et mette à sa tete je ne sais qui je ne sais quoiQue va t il se passer?Que l'état ne paie plus ses créanciers?Ce serrons d'abord eux les grecs les premiers spoliés car detenteur de la majorité de le dette .Et aprés pour la dette détenue par les etrangers!Que ferront ils sans argent!Retourner au drachme mais qui en voudra au niveau internationnal.Si on leur prete de nouveau à quel taux!30 % voire plus!Une économie en ruine ,une inflation galopante, une misere menaçante !.La potion est amere c'est à eux de voir comment ils la boiront collectivement.Une autre issue,l'aventure guerriere oui mais contre qui ,les turcs!!Donc le pouvoir au peuple oui,mais aprés.........
Réponse de le 06/10/2011 à 14:45 :
Je pense qu'il s'agit :
1. de vérifier que la dette est bien celle annoncée (en Grèce, dernièrement, d?éminents statisticiens mettent en doute les calculs)
2.vérifier qu'elle est légale
3. Donner le temps nécessaire aux différents pays pour amorcer la croissance et pouvoir rembourser. Sans mettre tout le temps en doute leur capacité et leur travail! La chasse aux sorcières n'a jamais constitué un moyen efficace pour se faire rembourser.
4. Autre condition: que ceux qui leur doivent de l'argent les remboursent aussi.
SANS CELA, ILS NE VONT RIEN PAYER DU TOUT et ce n'est pas le but.
Réponse de le 03/11/2011 à 21:58 :
Une chose m'échappe : je croyais que la situation dans laquelle se trouve la grèce aujourd'hui était due (toutes choses égales par ailleurs) au fait que des financiers, en association avec les anciens dirigeants ont maquillé les comptes publics grecs pour la faire entrer dans l'euro. Pourquoi tous ces gens ne sont pas poursuivis et mis à contribution ?
a écrit le 05/10/2011 à 13:20 :
Je ne sais pas quand les peuples se réveilleront, mais j'espère que c'est pour bientôt, quand on voit l'oppression politique, sociale et financière que la plupart subissent.... Surtout quand on voit que tout est lié à l'argent, au pouvoir, c'est à vomir... Mettons en place des dirigeants intègres, mettons fin aux paradis fiscaux qui pillent les économies (quelques idées ici : http://www.aidonslargent.org/), redonnons aux populations ce qui leur revient et aidons les à construire un avenir meilleur... C'est pas encore gagné, mais il est temps, il est vraiment temps... On va droit dans le mur sinon...

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