Anthénea, ou pourquoi ma maison est sur l'eau  à l'heure du réchauffement climatique ?

Prenant en compte la nécessaire transition énergétique et l'évolution des mentalités devant la menace du réchauffement climatique, certains innovent en matière d'habitat écologique. A l'exemple des concepteurs bretons d'Anthénea, une maison flottante, autonome sur le plan de l'énergie, construite avec des matériaux écologiques, et dotée de technologies de recyclage. Ce projet démontre comment une approche scientifique fournit des réponses concrètes à nos problèmes actuels. Par Didier Julienne, Président de Commodities & Resources (*).
(Crédits : Anthénea)

Peur de la montée des eaux ; refus d'utiliser les énergies du pétrole, du gaz, du charbon, des éoliennes ou du nucléaire ; refus de vivre entassé sur le trait de côte de la mer la plus proche ; peur d'un avenir écologique et d'une vie anxiogène, la transition énergétique occupe les conversations et assombrit l'avenir des plus jeunes qui refusent une vie et un habitat qui détruit la planète. Symptôme de ces angoisses, le refus de donner naissance à des enfants dans un monde si imparfait.

Pourtant, ces traumatismes, exacerbés encore par la crise du Covid-19, ont une solution qui existe déjà : une maison écologique qui révolutionnera l'avenir.

Dans le port de New York ou sur l'étang de Leucate

Imaginez une telle maison dans le Bassin d'Arcachon ou bien à l'île de Ré, dans le golfe du Morbihan ou sur la côte de Granit Rose. Imaginons-la sur la Seine avec vue sur la tour Eiffel et remplaçant de vieilles péniches, sur la Garonne à Bordeaux, à Lyon sur le Rhône, à Genève sur le Léman ou dans le port de New York ; mais encore sur l'étang de Leucate, à côté du village des pêcheurs de l'étang de L'Ayrolle, en Camargue, dans les calanques de Marseille, au large des îles du Levant ou de Lérins, en Corse. Elle sera aussi tout autour de la mer Méditerranée, aux Antilles, en Polynésie en Océanie et dans le Grand Nord... Anthénea est cette maison et les deux premiers modèles seront ancrés en août au Qatar et en octobre à Oman.

L'une de ses qualités est son autonomie énergétique. Si elle était un pays, elle précéderait la Nouvelle-Zélande ou l'Islande, pays autonomes à plus de 80 % en électricité verte, car elle fonctionne à 100 % grâce à la lumière du soleil. L'énergie solaire qu'elle engendre est ou bien consommée immédiatement en éclairage, domotique, conditionnement d'air ou bien stockée sur batterie ionique. Elle est donc autonome H24.

Si Anthénea était une industrie, elle serait dans la conquête spatiale, car grâce à son autonomie énergétique, elle également autonome en eau. Pour produire son eau potable, elle opère la désalinisation d'eau de mer si elle est sur l'océan, puis elle traite les eaux grises par filtration quadruple et les eaux noires par électrolyse, pour ne rejeter que de l'eau claire sans aucun résidu solide.

Sa révolution est également sa physionomie. Elle n'a ni la forme d'une maison terrestre ni celle d'un bateau. C'est un loft monocoque circulaire, équipé comme un appartement, posé sur l'eau avec une vision sous-marine. Entouré d'une terrasse circulaire, il est surplombé par un solarium à 360°, monté sur vérins hydrauliques.

Bateau ou établissement fixe ou nomade

Sa conception est brevetée aussi bien pour la fabrication de sa coque par infusion, qui ne dégage ni odeur ni composés organiques volatils, que pour son mobilier en béton corail ultra résistant, ultra léger et qui reproduit exactement la couleur et la granulométrie des récifs naturels. En outre, son aménagement sur mesure est fait main par des ébénistes artisans qui adaptent l'intérieur aux différentes demandes : bois, marbre, métaux...

Selon les réglementations, Anthénea peut être homologuée en bateau grâce à son moteur électrique de propulsion, ou bien en un établissement flottant fixe ou nomade et remorquable de sites en sites. Elle est donc à l'humeur de ses propriétaires et peut être misanthrope et solitaire sur une plage déserte, ou bien rechercher la compagnie de plusieurs Anthénea regroupées en un village lacustre, voire devenir un lieu événementiel pour les Jeux olympiques sur la Seine ou encore une succession de bureaux flottants sur un le Yangtze au milieu de Shanghai. Conçue par la science, Anthénea devient aussi une maison de scientifique qui peut explorer le Grand Nord, car non seulement son chauffage est réversible, mais la forme de sa coque empêche toute emprise par la banquise.

Fabriquée avec des matériaux sobres, durables et recyclables, Anthénea répond aux exigences d'une production locale, car elle est fabriquée en Bretagne et 95 % de ses composants sont bretons. Comme pour une maison traditionnelle, elle fait appel à une multitude de corps de métier, mais avec cette particularité de les regrouper tous dans la même entreprise. Elle a donc aussi bien recruté des ingénieurs venant de l'aérospatial, du nautisme, des architectes d'intérieur, des experts ébénistes, électroniciens, frigoristes, électromécaniciens, que des chômeurs longue durée qui ont été formés à ses nouveaux métiers qui n'existaient nulle part ailleurs.

Anthénea est bien une affaire de femmes et d'hommes de science pour sauver la planète.

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(*) Didier Julienne anime un blog sur les problématiques industrielles et géopolitiques liées aux marchés des métaux. Il est aussi auteur sur LaTribune.fr.

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Commentaires 3
à écrit le 19/06/2022 à 6:50
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Ben faut pas avoir le mal de mer.

à écrit le 18/06/2022 à 9:49
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Pas facile de faire son jardin !

à écrit le 16/06/2022 à 11:47
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On dirait bien que tout le monde a peur de mes commentaires ici, merci c'est bon signe ! Concernant ma quête des vérités et pas concernant notre supercherie "démocratique" bien sûr.

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