Les Marocains conquérants d'Afrique (2/11)   :   Moulay Hafid Elalamy, gentleman-ministre

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Hafid Elalamy, l'entrepreneur milliardaire devenu ministre de l'Industrie, veut accélérer la montée en gamme du Maroc.
Hafid Elalamy, l'entrepreneur milliardaire devenu ministre de l'Industrie, veut "accélérer" la montée en gamme du Maroc. (Crédits : DR)
Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Économie numérique, est l’un des « mousquetaires du roi » qui, au gouvernement, à la tête d’entreprises publiques ou semi-publiques, s’investissent en Afrique pour porter le projet de Mohammed VI.

Avant sa nomination au gouvernement en octobre 2013, Moulay Hafid Elalamy était déjà l'une des figures montantes du monde marocain des affaires. Présent au classement Forbes des milliardaires africains depuis 2009, il a construit en moins de quinze ans l'un des conglomérats privés les plus importants du royaume, le groupe Saham.

Depuis deux ans, son maroquin ministériel cumule les portefeuilles de l'industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique.

Côté public, il a déjà imprimé sa marque sur l'administration, avec un style fondé sur la vitesse, car Elalamy n'hésite pas parfois à s'affranchir des contraintes de l'administration pour s'appuyer sur ses équipes venues du privé.

Le patron-ministre promeut "l'accélération"

Son obsession pour la vitesse d'exécution fait qu'après quatre ans à la tête du patronat marocain (2005-2009), il est entré au gouvernement en déployant dès le printemps 2014 un plan d'accélération industrielle (PAI) basée sur la promotion des écosystèmes.

Cette feuille de route qui ambitionne de créer 500 000 emplois industriels supplémentaires d'ici à 2020 succède au plan « émergence », qui avait permis au pays de se positionner sur la carte industrielle mondiale en mettant en avant les « métiers mondiaux du Maroc » (MMM).

Dans le sillage de l'annonce de cette nouvelle stratégie, des opérations d'envergure ont été lancées par le Maroc en partenariat avec des acteurs mondiaux, dans les secteurs de l'automobile (Usine PSA à Kénitra), ou de l'aéronautique (Bombardier, Alcoa).

Côté privé, le patron-ministre (55 ans) a organisé l'intérim dans son holding Saham ("flèche" en arabe) regroupant ses activités dans les secteurs des assurances, de l'offshoring, de la santé et de l'immobilier. Il a ainsi recruté Saâd Bendidi, ancien PDG de l'ONA, pour diriger son groupe pendant qu'il officie au gouvernement. Formé au Canada (Université de Sherbrooke, 1985), lui-même ancien secrétaire général de l'ONA sous Hassan II, Elalamy a pris son envol sous le règne de Mohammed VI, en devenant un leader dans les assurances, l'offshoring, puis plus récemment la santé. Aujourd'hui, la marque Saham est présente dans vingt pays dans le monde, dont une quinzaine en Afrique.

Sur le front continental, Elalamy se définit lui même comme un « afro-réaliste » estimant que l'Afrique a été tour à tour sous-évaluée puis surévaluée au cours de la décennie passée.

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> Retour au sommaire du dossier « Le Maroc, porte d'entrée royale en Afrique »,

de notre supplément LA TRIBUNE AFRIQUE de LA TRIBUNE Hebdo n°142 du 18-24 septembre 2015.

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