Champions marocains (3/3) : l'OCP mise sur l'Afrique pour « nourrir la planète »

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En octobre 2014 a été inaugurée la la station terminale du slurry pipeline (l’acheminement hydraulique de la pulpe de phosphate) reliant lessive de production de Khouribga au complexe industriel de Jorf Lasfar, où est située la première usine d’acide phosphorique alimentée par la pulpe de phosphate. (Capture vidéo OCP)
En octobre 2014 a été inaugurée la la station terminale du slurry pipeline (l’acheminement hydraulique de la pulpe de phosphate) reliant lessive de production de Khouribga au complexe industriel de Jorf Lasfar, où est située la première usine d’acide phosphorique alimentée par la pulpe de phosphate. (Capture vidéo OCP) (Crédits : Capture vidéo OCP)
Ces « locomotives » marocaines qui se projettent sur le continent africain (2/3 : l'Office chérifien des phosphates (OCP). Qu’elles soient dans l’immobilier, la banque ou les fertilisants, le Maroc compte sur ces entreprises « locomotives » pour tirer sa stratégie africaine et la mettre en phase avec son plan d’accélération industriel, dévoilé au printemps 2014. Zoom sur quelques-uns de ces « champions nationaux » du royaume chérifien.

Quiconque a fréquenté les allées de l'Office chérifien des phosphates (OCP) au début des années 2000 risquerait de ne plus reconnaître cette vénérable entreprise, premier producteur mondial de phosphates et fer de lance d'une stratégie économique marocaine tournée vers la promotion de la sécurité alimentaire. Si son siège, à la périphérie de Casablanca, reste inchangé, tout ou presque a évolué au sein de l'ex-office. En moins de dix ans, l'OCP est devenue une SA à capitaux publics, a rénové profondément sa gouvernance, et a multiplié par six son chiffre d'affaires pour le porter à près de 5 milliards de dollars en 2014.

L'entreprise ambitionne désormais de se positionner sur l'ensemble de la chaîne de transformation du phosphate, en investissant les segments très concurrentiels des fertilisants et de la transformation de la roche. Mais pas uniquement. Le plan stratégique développé sous la férule de son dirigeant, le « docteur » Mostafa Terrab, ne prévoit rien de moins que de changer la mission de l'OCP pour qu'elle devienne  « Nourrir la planète », en se positionnant avec force sur le continent africain.

Pour cela, le management de l'OCP s'appuie sur des tendances inéluctables : les terres arables dans le monde développé s'épuisent à grande vitesse et le réservoir mondial se situe sur le continent. C'est pourquoi l'OCP multiplie depuis plusieurs années les offensives en direction de l'Afrique, tel le méga partenariat avec le Gabon, qui prévoit la construction de deux usines pour un montant d'investissement de plus de 2 milliards de dollars. Au sein de ces unités de production, les ressources des deux pays - le phosphate et le gaz - seront combinés afin de permettre une production optimale de fertilisants.

Au-delà du partenariat industriel, l'OCP investit également dans le « soft power » et est engagé dans plusieurs projets pilotes visant à établir une cartographie de la fertilité des sols, en Guinée notamment.

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> Retour au sommaire du dossier « Le Maroc, porte d'entrée royale en Afrique »,

de notre supplément LA TRIBUNE AFRIQUE de LA TRIBUNE Hebdo n°142 du 18-24 septembre 2015.

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