Il faut pouvoir compter sur le digital
Philippe Boyer

Photo d'illustration
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Philippe Boyer

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C'est désormais une triste évidence. La crise sanitaire que nous vivons laissera de très profondes cicatrices dans nos sociétés : humaines, sociales, économiques voire politiques. Outre qu'elle démontrera, s'il en était encore besoin, que les pays ne sont pas tous égaux en matière de prophylaxie sanitaire face à ces risques d'épidémies - il n'y a qu'à voir la façon dont Taiwan, Singapour, la Corée du Sud s'y sont pris, très en amont, pour tenter de juguler le virus - cette épreuve humaine permettra, et c'est une bonne nouvelle, d'accélérer un certain nombre de phénomènes émergents. Comme souvent, les crises servent de catalyseurs pour ce qui n'en était qu'au stade d'épiphénomène devienne la norme.
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verront très probablement leurs effectifs doubler, tripler... au cours des prochains mois. Les freins psychologiques que pouvaient encore avoir quelques chefs d'entreprises peu enclins à faire pleinement confiance à leurs salariés sont en train de disparaitre. Pour peu que l'on dispose d'une connexion internet et d'un ordinateur portable doté de logiciels de messagerie et de vidéoconférence (ces derniers, le plus souvent gratuits), il devient possible de garder le lien avec son entreprise, ses collègues, ses fournisseurs, ses clients... Bref, et sous une forme qui n'exonère évidemment pas de se retrouver « physiquement » dans un bureau pour travailler collectivement à l'avancée de projets, ces habitudes de travail « hors les murs » vont de plus en plus faire partie de nos vies. Le profit est évident : plus de sérénité, plus de productivité et plus de santé. A l'inverse, moins de fatigue et moins de stress en lien avec le fait d'être obligé de passer du temps dans les transports.[2]
», comme l'appel de ces vœux le ministère sur son site.Enfin, le secteur de la santé connaîtra lui aussi de profonds bouleversements à l'instar d'un autre pays de l'Union Européenne, l'Estonie (1,3 million d'habitants). Celui-ci a déjà largement ouvert la voie sur ce sujet. Dans ce petit pays Balte, la médecine du futur dont tout le monde parle (prédictive, personnalisée, télémédecine, e-santé...) se vit déjà au quotidien : avec 98% des données numérisées, y compris dans le domaine de la santé, il est devenu très facile de consulter son médecin à distance, prendre un rendez-vous, renouveler une ordonnance... Une bonne partie des pré-actes médicaux passent par un guichet digital unique qui regroupe l'ensemble des services de soins. La France n'est pas sen reste mais gageons que cette crise sanitaire actuelle accéléra encore les choses. Qu'il s'agisse du développement de la télémédecine en milieu rurale comme urbain, de big data et d'intelligence artificielle au service des médecins et de la recherche, d'objets de santé connectés capables de relayer des informations personnelles aux professionnels de la santé..., dès lors que distanciation sociale s'imposera à l'avenir comme une norme et le confinement comme une obligation revenant cycliquement, il deviendra impossible de se passer de cette médecine à distance.
Dans le film « Radioactive », diffusé en salles quelques jours avant les mesures de confinement, l'actrice britannique Rosamund Pike qui interprète Marie Curie a ces paroles : « On ne fait jamais attention à ce qui a été fait ; on ne voit que ce qui reste à faire. ». Certes mille choses resteront à faire une fois que nous relèverons la tête et il nous faudra capitaliser sur tout ce qui a déjà été fait, y compris sur le numérique en tant qu'accélérateur de la reconstruction.
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https://newsroom.malakoffhumanis.com/assets/synthese-etude-teletravail-2020-2a13-63a59.html?lang=frPhilippe Boyer
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