Quand la Data donne un nouveau souffle au papier

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(Crédits : DR)
L’histoire de l’innovation n’est pas avare de paradoxes. L’un d’entre eux est à l’aube de se réaliser : la révolution de la data et les technologies numériques vont donner un nouveau souffle aux supports-papier. Par Philippe Le Fessant, directeur de clientèle Solutions Marketing chez Paragon

Depuis la première presse de Gutenberg en 1455, l'imprimerie est une affaire de reproduction. Il s'agissait d'automatiser et d'accélérer le travail fait jusque là par les moines-copistes, et produire des livres rapidement. Aujourd'hui, la maîtrise de la donnée et les techniques d'impression numériques changent la définition de l'imprimerie, et préfigurent ainsi des usages nouveaux du support papier.

C'est une transformation simple et puissante de l'industrie du l'impression : maintenant, il est possible de créer un magazine unique pour chaque lecteur. À l'image du test « Ownboard magazine », mené par une compagnie aérienne pour fêter son anniversaire, qui a proposé à chaque passager de connecter son compte Facebook à la commande du billet sur internet, afin de collecter les données relatives à leur préférence et affinité. Des robots logiciels se chargent de collecter ces données complémentaires («like» Facebook, groupes...) sur un fichier, par exemple de passagers ou d'abonnés, et ouvrent la possibilité de sélectionner ensuite, à la volée, des contenus adaptés à chaque lecteur.

Dans l'univers du moi, moi, moi !

Chaque passager ayant accepté l'idée s'est vu alors proposé un magazine de bord entièrement personnalisé (voir la vidéo ci-dessous). L'idée était d'offrir une lecture pendant le vol qui soit parfaitement en adéquation avec le profil du passager, et ainsi lui rendre la lecture du magazine et donc le vol plus agréable. Tout cela grâce aux simples données Facebook.

Expérience jugée parfaitement réussie avec des passagers ayant tous conservé leur exemplaire personnalisé !

Alors oui l'impression numérique reste bien sûr plus chère encore aujourd'hui que la production en grande quantité sur des machines offset, mais le bénéfice apporté par la personnalisation des contenus, compense largement, par sa pertinence et son efficacité business, la différence du coût.

De fait, pourquoi demain des abonnés à un magazine recevraient-ils la même version, avec les mêmes articles ? Pourquoi toutes les femmes qui sont abonnées à un magazine féminin, qui ont des peaux et des cheveux différents, verraient-elles toutes les mêmes publicités ? Pourquoi un magazine musical ne ferait-il pas un focus sur les concerts près de chez moi ? Pourquoi dois-je encore recevoir des courriers impersonnels ?

La Data au secours de la presse

Depuis 10 ans que la presse papier décline, ce n'est pas le papier que les utilisateurs fuient, c'est probablement un contenu linéaire et identique pour tous. Demain, avec le croisement de la Révolution Data et de l'impression numérique, les supports papiers pourraient bien bénéficier d'un souffle nouveau.

Et, comme les moines copistes du Moyen Âge, nos petits enfants seraient stupéfaits d'apprendre que nous lisions des supports - livres, magazines, courriers -, identiques pour tous.

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Commentaires
a écrit le 30/11/2016 à 10:15 :
Je ne crois pas que ce soit le data au secours de la presse c'est seulement une volonté d'acquérir un bien physique étant donné que le dématérialisé a ses limites.

Prenez par exemple cette période de la fête de la consommation qu'est noël, acheter des jeux vidéos en cd a failli devenir très compliqué il y a quelques années, les sites de téléchargement tels que steam sont de plus en plus efficaces et aufinal on paiera toujours moins cher un support numérique, c'est à dire rien en quelque sorte, qu'un support physique avec un dvd à l'intérieur.

J'ai noté cette année un retour en masse des supports physiques, le dématérialisé laisse quand même singulièrement penser que l'on achète rien, et pour faire un cadeau c'est quand même plus sympa d'avoir une boite à emballer que rien que l'on va quand même payer.

C'est pas écologique ce que je dis mais c'est le comportement naturel de l'humain, on est habitué depuis des siècles à consommer du matériel passer directement au numérique c'est trop, c'est aussi se rendre compte de la réalité du capitalisme c'est acheter du vent, c'est la consommation telle qu'elle est réellement, inutile.

EN ce qui concerne cette idée elle peut aller plus loin en facilitant encore plus l'outil de production en faisant que chacun d'entre nous pourrait imprimer un magasin à son image et le proposer à la vente. Que cette individualisation du concept papier soit entre les mains d'une institution économique casse l'originalité de l'idée.

Il faut aller plus loin dans la liberté.

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