Décoder ces étranges "nerds" que sont les développeurs

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Population « à l'avant-garde de l'époque » ; ils brouillent les pistes : derrière les lignes de code, les applications et les nouveaux usages, les hommes et femmes qui maîtrisent ces étranges langages ne sont ni jeunes ni vieux, ils sont un peu des deux, jeunes prodiges déscolarisés, thésards passionnés, vieux informaticiens hippies que la flamme de la programmation n'a jamais quittés.
Population « à l'avant-garde de l'époque » ; ils brouillent les pistes : derrière les lignes de code, les applications et les nouveaux usages, les hommes et femmes qui maîtrisent ces étranges langages ne sont ni jeunes ni vieux, ils sont un peu des deux, jeunes prodiges déscolarisés, thésards passionnés, vieux informaticiens hippies que la flamme de la programmation n'a jamais quittés. (Crédits : DR)
Tantôt divas, tantôt "pisseurs de code", admirés et incompris, méprisés et encensés, ces puissantes petites choses en sweat à capuche, qui n’ont pourtant l’air de rien de bien méchant sinon de "nerds étranges", sont symptomatiques d’un monde de l’entreprise en transition. "Bankables" plus que jamais, les développeurs surfent la vague, passent de boîte en boîte, font monter les enchères quant à leurs rémunérations, disparaissent du jour au lendemain, provoquant vagues de protestation, d’incompréhension, avec tous les stéréotypes associés.

The Boson Project sort, le 25 mai 2017, leur premier livre Décoder les développeurs, aux Editions Eyrolles, qui analyse et confronte les regards de vingt-trois développeurs. Ces entretiens approfondis, conduits au printemps 2016, donnent à voir une population nouvelle dans les organisations, à part, rapidement devenue indispensable et pourtant très peu connue et comprise à ce jour. Retour sur  les grands questionnements qui nous ont amenés à nous intéresser à ces nouveaux travailleurs, or noir d'aujourd'hui et de demain.

Les puissants de l'ombre ?

Population « à l'avant-garde de l'époque » ; ils brouillent les pistes : derrière les lignes de code, les applications et les nouveaux usages, les hommes et femmes qui maîtrisent ces étranges langages ne sont ni jeunes ni vieux, ils sont un peu des deux, jeunes prodiges déscolarisés, thésards passionnés, vieux informaticiens hippies que la flamme de la programmation n'a jamais quittés. Jamais, autant de travailleurs n'ont eu autant de pouvoir, à travers le monde. Peu de personnes en France prennent la mesure du rôle des développeurs et de l'importance des outils qu'ils créent pour demain. Sachant qu'une part croissante des services nous est rendue par les logiciels, et que le code constitue une interface homme-machine très hermétique aux non-initiés, c'est bien d'une forme de « pouvoir » entre les mains des développeurs qu'il s'agit.

 Des cols « ciel » ?

Cette maîtrise d'une compétence très technique et fermée place les développeurs en porte-à-faux avec les mécanismes traditionnels du management. Balancés entre un statut objectif de cadre, et une véritable conscience qu'ils qualifient d'ouvrière, ces « cols ciel », tour-à-tour cols bleus et cols blancs, font éclater les distinctions traditionnelles entre conception et exécution. Les managers ne peuvent plus considérer les développeurs comme des employés lambdas,  ni s'en tenir aux discours médiatiques qui font d'eux des pourris gâtés. Comment organiser leurs tâches sans comprendre en profondeur la programmation ? Comment négocier avec des développeurs facilement employables par les entreprises concurrentes ? Autant de questions qui agitent aujourd'hui les entreprises.

Notre miroir ?

On présente souvent les développeurs, comme étant à part dans les entreprises, discrets, rétifs à la hiérarchie. Ne seraient-ils pas, au contraire, l'avant-garde du travailleur qualifié de demain, anticipant de nouvelles formes de travail ?

Ne seraient-ils pas le parangon des travailleurs de demain, attentifs à leur épanouissement plutôt qu'à leur rémunération, et très critiques de l'organisation bureaucratique du travail ? Qui ne sait pas manager les développeurs aujourd'hui ne saura plus manager personne demain.

C'est au cours de cette quête des « signaux faibles qui disent quelque chose de demain » que nous avons rencontré les développeurs et sommes tombés sous le charme de cette population complexe. Nous avons cherché à les comprendre, et surtout à comprendre pourquoi tant ne les comprenaient pas. Et nous avons compris : quand ils nous parlent de leur monde, ils nous parlent du monde. Du monde de l'entreprise, chahuté. Du monde tout court, bouleversé. De toutes ces choses qui bougent, qui changent, qui nous effraient, qu'on ne veut pas voir. Décoder les développeurs, c'est lever le voile sur l'immensité des défis, des difficultés et des opportunités qui attendent les collaborateurs, les managers, les entrepreneurs, les citoyens et les humains dans les années à venir.

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« Décoder les développeurs », par Benjamin Tainturier, préface d'Emmanuelle Duez - The Boson Project, Editions Eyrolles (25 mai 2017), 138 pages, 19 euros.

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a écrit le 31/05/2017 à 11:00 :
@DEV

Salaires en France pour un bac+5 de type master/école d'ingé, profil dev Java/.NET :
- débutant province : 28-30K bruts, soit 1650€ nets une fois les tickets resto et mutuelle déduits
- débutant RP : 34-36K bruts
- 7 ans XP en province : 35K
- 7 ans XP RP : 40-50K

Il s'agit des salaires type en ESN, qui représentent l'immense majorité de l'emploi (hélas). Bien entendu les meilleurs profils se casent chez les utilisateurs finaux avec de meilleurs salaires, mais en province c'est désormais courant de payer au smic un développeur web autodidacte ou BTS.
a écrit le 24/05/2017 à 10:58 :
Qu'est ce qu'il faut pas lire .... si on était traité correctement ca se saurai. Les devs sont les futurs employés des chaines de montages. Aucune considération, les managers se contrefoutent de nous et en plus on est interchangeables vu que tout le monde veut faire se métier ....

Faut pas se laisser berner par les images des start ups avec babyfoot tout ça. C'est du mytho pour les tvs
Réponse de le 24/05/2017 à 16:33 :
Développeur = formation bac+5 obligatoire pour trouver un travail décent, sinon précarité en startup payé 1400€/mois avec travail le samedi. Jetable à 30 ans quand on coûte trop cher (comprendre 2000€/mois).
Réponse de le 30/05/2017 à 13:33 :
Dans le métier, il ne faut pas avoir peur de bouger aussi... Si vous vous jugez mal considérés, allez voir ailleurs. L'herbe est souvent plus verte.

@Smiley : 2000€ ? En province française et techno de dev du dimanche alors (php,...) ? Au Luxembourg, par exemple, on trouve facilement +3000€ pour un bac+3 en sortant d'école....
Réponse de le 30/07/2018 à 17:29 :
C'est une vision faussée de notre profession en 2017/2018. Il se trouve qu'en fait nous sommes très recherchés sur le marché du travail et que celui--ci est en pénurie.

J'ai envie de changer de taf ? 5 offres par jour au minimum (J'ai fait ça il y a 1 an pour quitter Paris et c'est véridique).

Le malheur est que pas mal de dev ne s'en rendent pas compte, en particulier ceux coincés depuis des années chez nos vendeurs de viande favoris (Cap, Altran, Alten et autres horreurs du même acabit).

J'ai un collègue qui a vécu ça. 10 ans chez Atos, toujours sur les même tech. Un jour il se décide a changer de boite pour changer un peu de stack et se rend compte du pot aux roses. Plein d'offres et au final, il prend 8K d'un coup chez un nouvel employeur ayant la réputation de payer très mal. La leçon a portée, mais reste douloureuse.

NB @smiley : j'ai 32 ans et je suis plus 'bankable' que jamais avec un profil purement tech. Et je suis payé beaucoup plus que 2000 euros par mois. Vous devriez peut être envisager de changer de boite...

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