Guy Verhofstadt, le troisième homme du Brexit

Florence Autret

Florence Autret
Le libéral belge Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre et actuel président du groupe ALDE au Parlement, sera l'homme de l'assemblée parlementaire européenne pendant les négociations du Brexit. Il en fallait un.
L'accord qui sera noué avec le Royaume-Uni requiert l'aval du Parlement... en fin de processus. Mais le récent précédent du CETA, où le manque de consultation parlementaire a failli faire capoter la signature, ne laisse pas le choix aux négociateurs en chef à la Commission et au Conseil européens : les 751 députés devront être consultés et entendus de bout en bout des discussions pour éviter une foire d'empoigne, en pleine campagne des élections européennes.
Comment ? Cela reste à voir.
Le député n'a quant à lui rien dit en public sur le sujet, même s'il a déjà des entretiens réguliers avec Jean-Claude Juncker et celui qui dirige la petite équipe du Conseil, Didier Seeuws, une vieille connaissance. Seeuws fut son chef de cabinet quand lui était Premier ministre belge. Assez vite, il devra trancher, avec le président de l'Assemblée Martin Schulz, et ceux des groupes politiques, une question de calendrier : quand présenter la résolution dans laquelle le Parlement dessinera ses lignes rouges ?
Quelles seront les dispositions à prendre pour le Brexit ?
Avant ou après le Conseil européen d'avril où seront adoptées les « lignes directrices », autrement dit la méthode et les principes de la négociation ? Le faire avant lui fait courir le risque d'être démenti, après de passer pour suiviste.
Pour l'instant, il s'en tient à la consigne agréée par Michel Barnier, le négociateur en chef de la Commission, et l'équipe de Donald Tusk, au Conseil :
Mais dans les rangs même du Parlement, certains appréhendent les prises de position d'un homme qui a eu l'ambition de devenir président de la Commission et a longtemps siégé au Conseil européen.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Fédéraliste convaincu, Verhofstadt n'a jamais aimé les multiples opt outs britanniques, peut être pas au point de se réjouir du Brexit, mais assez pour ne pas le pleurer.
Commission par commission, ils listent les sujets.
Mais d'ores et déjà, Guy Verhofstadt apparaît comme un allié naturel de la Commission européenne, qui aura la tâche difficile de défendre l'unité et l'identité de l'Union, l'indivisibilité des « 4 libertés » (libre circulation des capitaux, des biens, des services et des personnes) contre la tentation de compromis boiteux qui ne manquera pas de surgir du côté des États membres.
Florence Autret
OPINION. « Asie centrale : la nouvelle frontière économique que la France ne peut plus ignorer »
OPINION. « Les constructeurs automobiles chinois innovent-ils dans l’automobile ? »
OPINION. « Iran : le véritable adversaire de Trump est-il désormais Netanyahou ? »
OPINION. « La souveraineté énergétique française n’est pas négociable »