Le FMI en dernier recours ?

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Par François Roche, conseiller éditorial de La Tribune.

Le château de cartes est-il sur le point de s'écrouler ? L'Allemagne ne veut pas que la BCE devienne le prêteur en dernier ressort de la zone euro, comme le demandent depuis plusieurs jours le gouvernement et certains économistes français. Pour Angela Merkel, sacrifier la stabilité des prix de la zone euro au sauvetage des pays européens les plus endettés serait un crime contre nature, un de ceux qui feraient remonter à la surface de la mémoire collective allemande les brouettes de Reichmarks dévalués de la République de Weimar. C'est un non franc et massif, qui sonne comme la fin de l'entente affichée ces dernières semaines entre la chancelière et Nicolas Sarkozy.

En attendant, l'Espagne, l'Italie, la France, et demain d'autres pays de la zone euro, verront leurs taux d'emprunt atteindre des niveaux préoccupants. Les investisseurs se détournent d'un papier souverain qui était pourtant considéré encore il y a peu comme l'un des plus sûrs du monde. Ne mettons pas les choses au pire : admettons, avec certains économistes de marché, que les dégagements actuels sur l'euro sont plus liés à des rééquilibrages de portefeuilles trop chargés en actifs de la zone, qu'à une "fuite organisée" devant le risque français, espagnol et italien...

Reste que sans une annonce forte sur les moyens que les gouvernements européens sont décidés à mettre en oeuvre dans les prochains jours pour rassurer sur le risque souverain, les taux sur les émissions des Etats continueront de monter, rendant de plus en plus hypothétique le redressement des finances publiques et de plus en plus certain le risque de récession en Europe l'année prochaine. Faut-il faire donner le FMI, en lieu et place ou pour le compte de la BCE ? L'idée est dans l'air. Elle n'est pas forcément simple à mettre en place, elle donne l'image d'une Europe incapable de trouver des solutions à ses problèmes. Mais si c'est l'occasion de frapper fort, de mobiliser suffisamment de ressources pour convaincre les marchés, cette fois, nous y sommes, alors va pour le FMI...

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