Air France et le triangle d'incompatibilité de Macron

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Le Pdg d'Air France était confronté à un triangle d'incompatibilité, entre restaurer les marges de la compagnie, investir dans un nouveau plan stratégique et récompenser les efforts des années précédentes dans un compromis compatible avec les conditions d'exploitation actuelle et à venir.
Le Pdg d'Air France était confronté à un triangle d'incompatibilité, entre restaurer les marges de la compagnie, investir dans un nouveau plan stratégique et récompenser les efforts des années précédentes dans un compromis compatible avec les conditions d'exploitation actuelle et à venir. (Crédits : Christian Hartmann)
[Édito] Air France et la SNCF, deux secteurs clefs de l'économie des transports, connaissent une crise de transition profonde, sans doute, inévitable, dont il est bien difficile de prédire une issue. Par Philippe Mabille, directeur de la rédaction.

La crise qui a frappé Air France, la plus longue grève de son histoire depuis celle de 1971, ne s'est pas terminée avec le départ de son président Jean-Marc Janaillac. Il y a un malaise social profond au sein de la compagnie aérienne, qui conserve des réflexes d'entreprise publique avec une partie du personnel se comportant comme si l'État finira toujours par sauver Air France de ses turpitudes. Le parallèle avec la grève à la SNCF, même si les motifs sont différents, est flagrant.

À Air France, même si les rémunérations n'ont pas été à proprement parler gelées, comme le disent les syndicats (il y a en effet application de mesures automatiques comme l'ancienneté et les promotions individuelles), le sujet salarial est au cœur de la recherche d'un nouveau compromis social. La direction a tenté, par la voix du référendum, de trancher la question, mais s'est heurtée à l'impatience de la majorité des salariés, qui ont l'impression de fournir en permanence des efforts de productivité, sans retour suffisamment rapide. Jean-Marc Janaillac, en quittant Air France, ne s'en est pas caché : « Mon objectif était de provoquer un choc, explique-t-il. Ce n'est pas exactement celui auquel j'avais pensé. Je me suis engagé personnellement car la stratégie de croissance rentable d'Air France était la mienne. Mais si les salariés d'Air France refusaient d'attendre pour en récolter les fruits, cette stratégie n'était plus tenable. »

Le Pdg d'Air France était confronté à un triangle d'incompatibilité : restaurer les marges de la compagnie pour s'aligner sur celles, bien meilleures, de la concurrence, investir dans un nouveau plan stratégique pour remettre Air France dans le match en termes de prix et de qualité de service, et récompenser les efforts des années précédentes dans un compromis compatible avec les conditions d'exploitation actuelle et à venir.

Le gouvernement est au pied du mur

Il va sans dire que le secteur aérien a bénéficié d'un contexte propice ces dernières années : baisse du prix du pétrole et augmentation du trafic. Mais la hausse du prix du baril, qui a flambé ces dernières semaines, pourrait changer rapidement la donne. En outre, selon Janaillac, Air France souffre d'un différentiel de compétitivité avec Lufthansa, qu'il chiffre à 500 millions d'euros. L'ex-Pdg l'a dit sans détours : « Air France ne peut lutter à armes égales avec la concurrence. Mais il n'est pas possible de demander à l'État des baisses de charges, qui sont quelque part un effort supplémentaire pour les contribuables, tout en accordant dans le même temps, de fortes hausses de salaires ». Il pose donc la question de la légitimité de la présence de l'État, qui détient 14% du capital et 23% des droits de vote.

Dans la recherche d'une solution pour sauver la compagnie française d'une mort lente, à la Alitalia, voire d'une mort tout court, à la Swissair, le gouvernement est désormais au pied du mur. La réponse à la crise semble évidente : l'État doit « en même temps » profiter des Assises du transport aérien pour revoir à la baisse les charges qui pèsent en excès sur ce secteur décisif pour l'image du pays (imagine-t-on la France sans Air France ?) et franchir le Rubicon d'une sortie, définitive, du capital, dont on a vu les effets délétères. Au moment où Bercy s'apprête à privatiser Aéroports de Paris, la question ne peut plus être éludée.

La question d'un meilleur partage salaires-profits au cœur du débat politique

Ce triangle d'incompatibilité qui a conduit à la crise à Air France, Emmanuel Macron est en train d'en faire, lui aussi, l'expérience à l'échelle du pays. Certes, toute la France n'est pas en grève pour réclamer des hausses de salaires, tant s'en faut. Si arbitrage il y a, c'est bien en faveur de l'emploi, chômage de masse oblige. Cinquante ans après 1968, l'heure n'est pas à de nouveaux accords de Grenelle.

Pour autant, la question d'un meilleur partage salaires-profits est au cœur du débat politique. L'étude d'Oxfam sur les dividendes versés par le CAC 40, selon laquelle les plus grands groupes français ont distribué 67,5% de leurs bénéfices à leurs actionnaires, consacrant seulement 27,5% aux investissements et un petit 5% aux salariés sous forme d'intéressement et de participation, est certes très critiquable sur le fond comme la forme. Elle mélange des choux et des carottes, ne prend pas en compte les salaires dans le partage primaire de la valeur ajoutée et oublie que l'Insee vient de montrer qu'en France, la part des salaires et des dividendes dans la valeur ajoutée est restée stable. En outre, le CAC 40 n'est pas la France, ces groupes réalisant souvent plus de la moitié de leurs profits à l'étranger. Pour autant, il y a bien une impatience croissante des salariés qui ont le sentiment de ne pas être récompensés des efforts consentis.

Air France n'était qu'une avant-garde

Emmanuel Macron a essayé d'y répondre, par le transfert des charges sociales vers la CSG, qui se traduit par un transfert des revenus du capital et de celui des retraités vers les actifs. Mais ce pis-aller, qui ne produira pleinement ses effets qu'en octobre, laisse sceptique. Surtout, il pourrait être largement compensé par la hausse du prix des carburants et voir son impact sur la feuille de paie annulé par l'application, au 1er janvier prochain, de la retenue à la source. De sorte qu'on peut le prédire : Air France n'a été qu'une avant-garde. 2019 pourrait bien être à la fois l'année du retour de l'inflation et celle d'une montée des revendications salariales et d'un partage plus favorable aux salariés des fruits de la croissance.

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Commentaires
a écrit le 07/06/2018 à 16:34 :
Ces deux entités (entre autres) ont été inspirées à l'époque par le modèle soviétique socialiste et de ce fait n'ont aucunes raisons de perdurer indéfiniment à la charge double du contribuable.
a écrit le 25/05/2018 à 10:03 :
Vous savez pourquoi je ne commenterais plus sous vos articles, ce comportement subjectif est abjecte et ne vous honore pas.

Comment avons nous fait pour tomber si bas ?

Démocratie ? Non oligarchie... -_-
a écrit le 20/05/2018 à 19:09 :
"La question du partage salaires-profits" ? Quels profits ? Air France n'est qu'une machine à faire des pertes.
a écrit le 20/05/2018 à 10:19 :
Dans le partage des profits, il est très clair que la priorité absolue doit être donnée à l'investissement productif, seul à même d'assurer la viabilité à terme de l'entreprise. Si on rogne sur les dividendes, ça ne doit en aucun cas être au profit des salaires.
a écrit le 19/05/2018 à 13:07 :
Janaillac part mais les employés restent. C’est le problème de ces parachutages d’Enarques, aucun n’est vraiment concerné. Ils prennent leur poste comme leurs ordres du système. Toute la stratégie d’entreprise s’en ressent, et les employés ne sont plus dupes. Oui Macron est au pied du mur, en lâchant AF l’état lache beaucoup. Les taxes ne tomberont plus dans son escarcelle parce que le groupe paiera en Hollande pour économiser 1 milliard d’impôt direct. L’état paiera aussi pour les chômeurs car le sureffectif est encore important dans les métiers non opérationnels. L’état ne nommera plus les administrateurs ni les Directeurs. Macron doit prendre une décision lourde. Pas celle de la mort d’AF, mais celle de son envol !...
Réponse de le 21/05/2018 à 2:22 :
@Pragmatisme - Si Janaillac n'avait pas été concerné, il aurait accordé les augmentations exigées par les syndicats et aujourd'hui serait toujours assis dans son fauteuil de PDG en attendant la fin de son mandat l’année prochaine. Mais vous avez peut-être raison, un pilote aux commandes d'AF doit être la solution !! MDR !!
a écrit le 19/05/2018 à 12:40 :
Parmi les innombrables compagnies aériennes, une seule fait en permanence simagrées et comédies... ah, une Française quelle surprise !
Réponse de le 19/05/2018 à 17:17 :
Euh il me semble que la championne européenne des grèves est lufthansa.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/les-pilotes-de-lufthansa-champions-d-europe-de-la-greve-503187.html

Qui va très bien ...merci pour elle. Comme quoi....
Réponse de le 19/05/2018 à 20:36 :
oui dans ce contexte

Portée par la solidité de l'économie allemande et de très bons chiffres de réservation pour l'été 2017 (en particulier vers l'Amérique du Nord), Lufthansa annonce le 17 juillet 2017 un relèvement de son objectif de bénéfice pour l'année 2017
Réponse de le 19/05/2018 à 21:41 :
(" euh " ) donc vous hésitez ! chiffres ? ET aussi Chiffre d'Affaires Bénéfices ?
Réponse de le 20/05/2018 à 8:23 :
J'ai un collègue qui a déjà eu un retard d'une journée sur un vol intercontinental de British Airways à cause de grèves, certes il y a quelques temps en 2011. Comme quoi les grèves sont plus courantes que l'on croit dans les compagnies aériennes quelque soit leur nationalité.
Il va falloir donc moins taper sur Air France à ce niveau-là.
Réponse de le 20/05/2018 à 9:25 :
CLIENT REGULIER BRITISH AIRWAYS. Depuis CE jour de 2011, combien de grèves ? combien de temps ? chaque année ? C.A et bénéfices ?
a écrit le 19/05/2018 à 10:06 :
Il n’y a pas de fatalité à voir des groupes comme AF échouer lorsque l’Etat y détient une participation. Voyez Renault, Orange, PSA, ou d’autres. Mais il y a souvent pour ne pas dire toujours un problème de gouvernance ! Nos énarques nommés par leurs copains du gouvernement (Janaillac/Hollande promo Voltaire) viennent pour y pantoufler et ça, ça ne marche plus ! Mettez un Carlos Goshn ou un Carlos Tavarez à la tête d’AF et vous verrez comment doit-être gérée une entreprise !!
Réponse de le 19/05/2018 à 15:49 :
Je voyage Air France pour la dernière fois.car je n ai plus le chois mes billets dates de mars. Nouméa Paris aller et retour 10 000 EUR Buiness Class pour deux .,et quand je vois cette grève,je me dis que cette compagnie ne mérite pas le sacrifice financier. L agence de voyage m avait recommandé les compagnies du Golfe avec qui elle avait de bon retour ,mais en bon Franchouillard j ai choisi AF. Je souhaite que la nouvelle génération de pilote plus jeune sauvera AF.La caste actuel doit laisser la place a la nouvelle génération .Il en va du devenir AF
a écrit le 19/05/2018 à 10:04 :
Fait bien que tout le monde s’habitue à ce que les salaires vont baisser: soit on accepte de rentrer dans l’Europe et de baisser nos salaires pour s’aligner sur les pays comme la Roumanie et la Grèce etc, soit on refuse carrément l’Europe. Macron ne va pas refuser l’article 106 du TFUE.
Réponse de le 20/05/2018 à 10:27 :
En aucun cas une sortie de l'UE ne permettrait une amélioration du niveau de vie, bien au contraire. La seule solution pour ne pas sombrer économiquement serait de provoquer une dépréciation massive de la monnaie nationale (autrement dit de payer les gens avec une monnaie sans valeur) autrement dit de renchérir très fortement les produits qu'on importe... sans pour autant pouvoir obtenir une relocalisation. Donc certes ça permettrait de renforcer un peu nos parts de marché, mais au prix d'une perte considérable de pouvoir d'achat. Bref, ce serait encore pire qu'un peu d'érosion des salaires. En attendant je constate que les français se ruent sur les voitures Dacia (même la police et la gendarmerie roulent maintenant en Duster) donc le niveau des salaires en Roumanie n'a pas l'air de les gêner quand ils achètent une voiture...
a écrit le 18/05/2018 à 22:25 :
Nous devrions laisser Air France aller droit dans le mur jusqu'au dépôt de bilan. Il est scandaleux que des pilotes payés 200k par an réclament 6% d'augmentation. Ces augmentations devraient aller aux salariés aux plus bas salaires. La grève menace la pérennité et l'image du groupe. Un dépôt de bilan permettrait de remettre à plat les salaires, realigner les salaires de pilotes surpayés avec la concurrence internationale. Les syndicats ont trop de pouvoir de nuisance et malheureusement toute restructuration avant la faillite sera impossible.
Réponse de le 19/05/2018 à 12:01 :
Bon , qu’il soit scandaleux qu’il y ait des disparités salariales est un point de vue qui a été largement partagé au siècle dernier en particulier en URSS . Je vous laisse la responsabilité de vos propos.
Pour ce qui est des pilotes surpayés , c’est votre pont de vue.
Il est fort douteux que les salaires soient autre chose que le produit d’un marché , celui du travail... les offres d’emploi disponibles en lignes font état de conditions salariales souvent bien supérieures en Asie qu’en Europe sans compter les États Unis .
Les syndicats sont un contre pouvoir dans un ensemble non démocratique qu’est l’entreprise.
Pourquoi , au sujet d’un article traitant des conditions dans lesquelles évoluent les entreprises de transport aérien et en particulier des dispositifs fiscaux s’y rattachant , nous infligez vous ces commentaires de yakafokon sans rapport avec l’article....?
Réponse de le 20/05/2018 à 10:56 :
Même Emirates ne paie pas ses pilotes à ce niveau. Historiquement les pilotes ont toujours mis énormément de pression sur le ménagement pour imposer leurs conditions. Le marché du travail du pilote en France a toujours été biaisé car il n'y avait pas pas de réelle concurrence. Ça change avec l'arrivée de easyJet, Ryanair, les compagnies du golf. Aux États-Unis les compagnies aériennes ont eu des problèmes similaires à Air France il y a une dizaine d'années. Les pilotes ont accepté des baisses de salaire et certains pilotes sont redevenus co-pilotes pour sauver leur compagnie et l'emploi. Je doute que la même chose se passe en France : les salariés n'hésitent pas à faire une grève qui coûte des centaines de millions d'euros. C'est mettre en perile la société et menacer leur propre emploi, autrement dit se tirer une balle dans le pieds.
Réponse de le 20/05/2018 à 15:10 :
Mon commentaire était désobligeant. Vous avez raison alexc26. Toutes mes excuses.
a écrit le 18/05/2018 à 19:00 :
A.D.P doit etre scindé en Deux co-propriétaires bien distincts : Aéroport 100% Public, et galeries de baux commerciaux cédés au plus offrant privé en ce domaine : Unibail-Rodemco.....etc.....CETTE Double Caisse arnaque tout le monde : clients, compagnies, état.
Enfin, que Mr Macron se fache, et tranche le cas Air Grèves : cession des 14% faisant de l'état le 1er actionnaire, ce qui incite chaque année à la grève.
a écrit le 18/05/2018 à 14:19 :
TOUTES les compagnies, et pas seulement !! Air Grève, supporte les ADP, lesquelles les répercutent au client. Le gouvernement va brader, comme les juteuses autoroutes ( Chirac-Villepin) à Vinci, ADP, Sans !!! conditions : LA DOUBLE CAISSE des loyers commerciaux : Boutiques, 1ère priorité d'ADP au détriment de l'aéroport : INCONFORT, A AINSI DE FABULEUX JOURS.
a écrit le 18/05/2018 à 13:54 :
La situation (commerciale) d'Air France n'est pas celle qui est largement commentée dans La Tribune. Les indicateurs en sont la preuve. Le problème de cette société (filiale de) c'est qu'elle n'arrive pas à transformer ses résultats en bénéfices. Une restructuration (cf Blanc) s'impose, si elle veut survivre. Le fait de s'exclamer lorsque, accidentellement, elle est dans le noir, est symptomatique. Qui se préoccupe de la dette ? Certes pas les pilotes (et en tous cas pas Evain...), ni les autres. La proposition de Janaillac était déjà une folie; car Air France va vivre un 2018 négatif.... et pour les exercice suivants, on n'y pense même pas. Que la sortie de l'Etat du capital de cette société soit souhaitable, sûrement; qu'il trouve des investisseurs pour lui acheter ses actions, c'est beaucoup moins certain. Rappel, pas de dividendes depuis 10 ans. L'assainissement des finances de cette société va prendre longtemps; très longtemps. Et pour les personnels (pas les pilotes, qui s'en tapent, persuadés qu'ils trouveront un job aussitôt), que vaut il mieux: recevoir une bonne augmentation, et "advienne que pourra"; ou bien garder un emploi pour les années/décennies qui viennent ?
Réponse de le 19/05/2018 à 20:59 :
Un repreneur des 14% est facile à trouver : ces 14% ne valent pas cher à présent. La marque, et les créneaux horaires intéressent. Le repreneur un dur, Matera sans nul doute pilotes et pnc.
a écrit le 18/05/2018 à 13:28 :
Imagine-t-on la France sans Air France ? se demande l'auteur. La réponse est oui. Comment vivent les Suisses et les Italiens ? Plus mal qu'avec une compagnie aérienne nationale ? Non. Air France n'apporte rien à la France et encore moins aux Français.
Réponse de le 18/05/2018 à 13:53 :
Absolument d'accord. ET l'état Le 1er actionnaire d' Air Grève 14%, doit céder ses actions à IAG ou autres..., et ALORS fini ces grèves annuelles depuis 26ans.
Réponse de le 18/05/2018 à 18:57 :
"Non. Air France n'apporte rien à la France et encore moins aux Français."

Effectivement, juste des milliers d'emplois directs et indirects....
Réponse de le 19/05/2018 à 18:26 :
Emplois qui ne dépendent pas du 1er actionnaire, l'état à 14%, qui doit s'en débarrasser de suite par effet de surprise de préférence, pour rendre la monnaie de leur pièce aux pilotes et pnc.
a écrit le 18/05/2018 à 12:28 :
Donc si on lit bien cet article : le gouvernement admet qu’il se comporte en prédateur sur le transport aérien , il demande aux employés des compagnies (pas uniquement Air France ...) de combler le différentiel de compétitivité généré , par une baisse de leur salaires...
L’article mentionne une prétendue propension des employés d’air france à penser que leur entreprise serait protégée par on ne sait qu’elle olympe gouvernementale .
Les employés d’air france sont tous conscients , et depuis longtemps, qu’ils ne doivent compter que sur eux mêmes , mais souhaiteraient que l’etat cesse son comportement prédateur pour que le secteur aérien puisse fonctionner dans un marché équilibré et non faussé.

Le fonctionnement intellectuel des différents gouvernements qui se sont succédés les a conduits à penser que taxer le voyageur aérien ( taxe Chirac, redevance sûreté etc etc ..) ,considéré comme solvable ,était une méthode acceptable pour soulager les finances exsangues de l’état.
C’etait sans compter avec l’obligation pour ces compagnies de proposer des tarifs concurrentiels à l’euro près....
Ces taxes ont donc finalement été payées par les salariés des compagnies et par les actionnaires de celles ci qui n’ont que peu ou pas de retour sur investissement .
L'aérien français va donc disparaître étranglé par de petits fonctionnaires de Bercy .
Évidemment plutôt que d’assumer sa responsabilité on préférera incriminer les employés et les syndicats ,avec l’aide d’une presse complaisante qui façonne les esprits , en racontant la petite histoire si facile des employés gâtés et fainéants responsables du gâchis.....

Un sursaut de lucidité et d’efficacité ne ferait pas de mal...
Réponse de le 18/05/2018 à 13:13 :
Oh! là, là ... Mais j'ai les larmes aux yeux en lisant ce post !
Vite ! une cagnotte pour les pauvres salariés d'Air France !
Réponse de le 18/05/2018 à 14:06 :
Oui l'Etat a été un mauvais actionnaire et à trop taxé le secteur aérien français. Sauf que certaines compagnie françaises arrivent malgré tout à gagner de l'argent.
Et que les pilotes sont tout aussi cupides que l'Etat en demandant des hausses de salaires dont l'entreprise n'a pas les moyens.
Réponse de le 18/05/2018 à 20:51 :
Exact . Les compagnies parviennent néanmoins à gagner de l'argent . C'est le cas d'air France depuis peu .... Mais en gagnent elles suffisamment pour investir et fournir à leur clients un service en amélioration..? On peut en douter s urtout si on compare avec des compagnies similaires en europe.
D'autre part les salariés, dans leur ensemble, demandent un rattrapage de l'inflation sur les grilles de salaires consécutif au blocage de celles ci depuis 2011. S'agit il de cupidité .... J'en doute. Ils ont refusé majoritairement le plan proposé , les pilotes ne représentent que 7 pc des salariés .
6 pc d'augmentation représente 240 millions d'euros ce que l'entreprise n'est pas , pour le moment , en mesure de donner.
a écrit le 18/05/2018 à 12:03 :
Il me semble qu'il est temps pour la compagnie aérienne d'organiser avec le gouvernement, des Assises pour la survie de la compagnie. Seraient présent le gouvernement et le conseil d'administration d'AirFrance, mais également les dirigeants des autres compagnies française du groupe : AirFrance / Transavia / Joon / Hop.
Serait présent un représentant de KLM.
Enfin, les syndicats des différentes compagnies seraient également conviés, à condition qu'ils apportent, chacun, la liste des efforts qu'ils demandent aux autres (état, direction et/ou autres métiers des compagnies, voire autres compagnies), mais également et surtout, la liste des efforts qu'ils sont prêts à faire si les efforts des autres parties sont suffisamment conséquents. Chacun sera mis devant ses responsabilités !
Avant cette réunion, une étude devra être réalisée par un cabinet indépendant et communiquée aux différentes parties comme au grand publique, sur l'état comparatif de la situation des compagnies du groupe, avec leurs concurrents européens !
Ensuite, on pourra trouver un PDG qui ait une feuille de route claire. Sans un tel électrochoc, le groupe aérien va vers un avenir proche de celui d'Alitalia, et n'est pas prêt d'attirer un dirigeant compétent !
a écrit le 18/05/2018 à 11:53 :
A la question du rédacteur de cet article je cite "imagine t on la France sans Air France" je réponds comme beaucoup de gens évidemment oui.

Le transport aérien n'est pas un service public (par essence non concurrentiel et en général en situation de monopole) mais un service commercial.
AF doit devenir une société privée comme toutes ses concurrentes et si elle est reconnue en termes de qualité de service et de prix elle perdurera sinon elle disparaitra et cela ne posera aucun problème .
A ce jour AF se caractérise par une fiabilité et un rapport qualité prix médiocres , si elle veut continuer d'exister il lui faut se mettre au niveau de ses concurrents .

Tout ce qui est dit et écrit sur la situation interne d'AF est du bla bla sans intérêt.

pour ma part j'ai beaucoup voyagé sur AF pour raisons professionnels , contraint à ce choix par mon employeur( à mon grand regret) , mais dès que j'ai cessé de travaillé, une fois mes miles consommés je n'ai plus jamais voyagé avec AF .

Qu'autant de clients restent fidèles à AF est pour moi incompréhensible.
Réponse de le 18/05/2018 à 12:35 :
AF a une des meilleures recette unitaire d’europe .
C’est donc que le rapport qualité prix n’est pas si mauvais sauf à croire que tout les consommateurs sont idiots.
Il est dommage de constater que la faible profitabilité de cette compagnie en raison de l’environnement français ,finit par retomber sur les investissements et donc au final sur le confort des passagers.
a écrit le 18/05/2018 à 11:44 :
l'étude d'OXFAM est un non-sens absolu !! Comment se prétendre économiste, en comparant la rétribution des actionnaires avec celles des salariés... mais en excluant de la rétribution des salariés... les salaires !!!?
Pourquoi ne pas compter le taux de fiscalisation en France en excluant les impôts, tant qu'on y est !!
L'étude d'OXFAM, où plutôt le rapport, parce qu'on ne peut pas lui accorder le titre d'étude tellement c'est mal fait, n'est qu'un document à charge, totalement orienté, et d'une absurdité extrême...
a écrit le 18/05/2018 à 9:47 :
Mais au delà de tout ces arguments qu'on connait tous, il y a la question du client!
Les clients habituels ne font plus confiance en cette compagnie pour voyager. La première victime de ces conflits direction-syndicats est le client, qui ira voir ailleurs.
Franchement, prendriez-vous le risque de réserver des billets AF pour cet été sachant que vous aurez une probabilité non négligeable de ne pas partir???
a écrit le 18/05/2018 à 9:31 :
Cette obsession de confier au privé la gestion de tout devient dangereuse.
Les arguments employés ne se vérifient pas dans le temps, sinon, si tout allait de soi, avec des résultats positifs évidents, pourquoi déployer autant d'efforts de persuasion à chaque nouvelle opération ?!
Il ne s'agit pas seulement de crier "liberté" ! "liberté" !...
Qu'il s'agisse du public ou du privé, ce qui fait le plus défaut, ce sont les règles intelligentes de fonctionnement, dans le respect des grands principes socio-économiques de base.
La grande liberté de circulation, en France et en Europe, par exemple, n'est appréciable que dans la mesure du respect des codes de la route. Sinon, vous vous imaginez le bordel ! Idem pour l'économie.
a écrit le 18/05/2018 à 8:37 :
Q. : Citez un domaine où la France est performante ? Vous avez 3 heures !
Qu'il s'agisse de la santé, des maisons de retraite, du SAMU, de la justice, des prisons, de l'agro-alimentaire, des pesticides, de l'éducation, des universités, des centres-villes et de villages, des transports en commun, du Parlement, de la laïcité, de l'immigration, du partage des fruits du travail, de l'environnement terre et mer, des déchets, de la pêche, de la banque, de la sidérurgie, de la situation financière de l'état et des collectivités locales, de l'état des routes, des péages, des détournements divers, de la fiscalité....il n'est question que de dysfonctionnements et d'incapacité globale de nos élus de tous bords à imposer une organisation viable et une discipline rigoureuse ! Un seul domaine flamboie depuis "la crise" dont on nous rebat les oreilles depuis 10 ans : les indices boursiers ! Ce qui ne peut que nous rappeler la formule bien connue du Général de Gaulle en la matière :"la politique de la France ne se fait pas à la corbeille !". Et bien, si !
Quant à l'Union Européenne et à l'euro, même chienlit !
Imagine-t-on la France, à l'époque du franc, s'accommoder du fait que le Cantal et la Meuse soient des paradis fiscaux, que les salaires de base soient 5 fois plus faibles à Figeac qu'en Ile-de-France, que la Banque de France prête aux banques installées en France à 0 % pour qu'elles re prêtent à l'Etat et aux divers emprunteurs à des taux pouvant dépasser les 10 % ! ...etc. Inconcevable ! Et bien l'U.E l'a fait ! Et ne parlons pas de la diplomatie, de l'armée, de l'immigration, de la sécurité ...!
Cette situation créée de toutes pièces en U.E, par entêtement ultra-libéral, est devenu d'autant plus dangereuse qu'elle inspire et fournit des arguments de plus en plus évidents aux extrémistes.
Mais les grands profiteurs du système patiemment mis en place depuis 30 ans s'accommoderont toujours d'une dictature, d'où qu'elle émane !
Et nos dirigeants qui ne survivent que grâce à la division savamment organisée entre les citoyens-contribuables-salariés du privé-fonctionnaires-artisans-commerçants-professions libérales-retraités.
Réveillons-nous braves gens ! Nous sommes tous dans le même bateau.
Réponse de le 18/05/2018 à 21:08 :
@Jacpol
Il faut voyager un peu, cela vous fera relativiser...
a écrit le 18/05/2018 à 7:47 :
La seule solution consiste à appliquer la note n°6 du CAE qui consiste à répartir les charges sociales sur le travail et sur la consommation d'énergie des ménages et des entreprises. Mais qui est capable de le comprendre? Demandez un avis à notre prix Nobel d'économie.
Réponse de le 18/05/2018 à 18:45 :
CAE6 Qui est capable de le comprendre à part moi : prix Nobel d'économie-fiscale. Comprenez-vous Le Planter de Baton ?
a écrit le 18/05/2018 à 6:53 :
C’est marrant l’article oublie de parler du Rapport Le Roux. Oublie de preciser que Air France et les compagnies francaises sont quasi les seules a supporter le cout de la Surete aeroportuaire qui dans les autres pays est supportee par l’Etat... Il parle du cout que supporterait le contribuable si les baisses des taxes etaient effectuees. Mais il oublie aussi que la derniere recapitalisation de la compagnie nationale en 1995 avait coute 3 milliards de memoire... et que depuis les sommes payees par Air France via les taxes et redevances ADP / Etat sont estimees a plus de 130 milliards... donc il me semble que c’est plutot un bon investissement pour l’Etat et le contribuable comme vous dites. Votre article ne semble pas tres objectif encore une fois.
Réponse de le 18/05/2018 à 7:36 :
Vous êtes sur le site de "La Tribune"... .l'objectivité ce n'est pas forcément ce qui caractérise ce médias qui est avant tout un média d'opinion....😂😎 ceci étant je siis entièrement d'accord avec vos propos...😎

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