Gilets Jaunes : la France de Macron en apesanteur
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Emmanuel Macron, Salon de l'agriculture, SIA2019
Reuters
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Emmanuel Macron, Salon de l'agriculture, SIA2019
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14 heures de présence, contre 12 l'an dernier : Emmanuel Macron a réussi sa visite du Salon de l'agriculture, qui ferme ses portes ce samedi 2 mars. Le chef de l'État, qui a lancé sa campagne pour les élections européennes tout en s'affichant en « patriote de l'agriculture », surfe sur sa remontada dans les sondages et poursuit inlassablement le tour de France qui lui permettra de rencontrer des maires dans chacune des 13 régions avant la fin officielle du Grand débat, le 15 mars.
Après avoir reçu le 26 février des élus du Grand Est, Emmanuel Macron sera ce vendredi à Bordeaux, la métropole de la Nouvelle Aquitaine que quitte, avec regrets, Alain Juppé. Il reste encore cinq régions au programme : Pays-de-la-Loire, Bretagne, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse et Hauts-de-France, où le président avait achevé son « itinérance mémorielle » en novembre juste avant le déclenchement de la crise des Gilets Jaunes.
Quoi qu'on en pense, le président a donc « mouillé la chemise », au sens propre comme au figuré, pour renouer le dialogue avec le pays. Mais, même si elle s'est émoussée, la mobilisation des "Gilets jaunes" demeure. Comme dans le vide intersidéral, le pays flotte, telle la bulle de whisky du capitaine Haddock dans Objectif Lune. L'économie n'est pas à l'arrêt, fort heureusement, mais l'environnement des affaires est suspendu aux décisions que prendra Emmanuel Macron après le 15 mars.
Le président laisse venir tous les ballons d'essais, y compris les plus farfelus, voire les suscite, comme cette idée de Jacqueline Gourault de faire payer l'impôt à tous les Français, aussitôt démentie par Matignon, ou celle de taxer les plus-values sur la résidence principale. Comme si, entre Trump et ses menaces sur le commerce, le Brexit avec des Britanniques incapables de dire ce qu'ils veulent vraiment, et les aléas de la croissance, le brouillard n'était pas déjà assez épais.
Cette attente interminable soumet les entreprises et les entrepreneurs à un climat très défavorable aux affaires. Les inconnues sont nombreuses. La baisse de l'impôt sur les sociétés sera-t-elle confirmée ? Le CICE et les allègements de charges seront-ils impactés ? Déjà, on devine qui seront les principales victimes : les cadres supérieurs, dont les allocations chômage seront rognées, et les impôts probablement augmentés, comme si un scalp était lâché à la lutte contre les privilèges par un gouvernement qui n'échappe pas à la démagogie ambiante.
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