« La retraite par l’épargne » (par Marc Fiorentino)
Marc Fiorentino

La chronique de Marc Fiorentino.
DR
Marc Fiorentino

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La réforme de la retraite va être un des chantiers majeurs du nouveau gouvernement. Elle ne sera pas abrogée, heureusement, mais elle sera « améliorée ». Une amélioration qui risque de coûter quelques milliards alors que notre système prend l'eau.
À l'heure où de nombreux pays repoussent l'âge de la retraite (même la Chine communiste...), nous continuons à tergiverser. Et pourtant... Le sujet des retraites n'est pas un sujet politique, mais un sujet d'arithmétique pour enfants. Avec l'effondrement du nombre de naissances et l'allongement spectaculaire de la durée de vie à la retraite, il n'y a plus assez d'actifs pour financer la retraite des « inactifs ». L'âge de la retraite avait été fixé à 65 ans en 1945 au sortir de la Seconde Guerre mondiale, quand l'espérance de vie était de 60 ans pour les hommes et de 65 ans pour les femmes (chiffres de 1946). Il ne peut pas être de 64 ans quand l'espérance de vie est de plus de 80 ans. C'est simple, non ?
Tellement simple que les ménages français doutent de la pérennité du système actuel des retraites par répartition. Et qu'ils ont créé leur propre alternative.
C'est d'ailleurs ce qui explique en partie le fait que nous ayons un des taux d'épargne les plus élevés au monde.
Si les Français épargnent près de 18 % de leurs revenus, c'est qu'ils ont peur de ne pas recevoir suffisamment d'argent à la retraite pour maintenir leur niveau de vie. Nous ne sommes pas dans le système anglo-saxon de retraite par capitalisation, considéré comme un repoussoir ; nous sommes dans un système de « retraite par l'épargne ». Encore une fois, le bon sens paysan des ménages français est à l'œuvre. De peur que les retraites futures ressemblent plus à des « indemnités retraite » avec des taux de remplacement (le pourcentage de votre revenu que vous toucherez à la retraite) qui ne pourront que baisser, les Français constituent une épargne complémentaire qui deviendra au fil du temps une épargne principale. Ils ont pris leur avenir et leur retraite entre leurs mains.
La bonne nouvelle, car il y a une bonne nouvelle, est qu'il existe heureusement de nombreuses façons avantageuses de se constituer une épargne retraite. Le premier placement retraite, qui ne dit pas son nom, des ménages français est évidemment la résidence principale : « un toit pour ma retraite ». Une épargne forcée avec les remboursements des crédits immobiliers pendant une grande partie de la vie active. Et la passion des Français pour l'immobilier est telle que cette forme d'épargne retraite restera prédominante.
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L'autre placement retraite est cette formidable exception française qu'est l'assurance-vie, le placement préféré des Français, avec sa fiscalité avantageuse et sa flexibilité toujours améliorée. Et depuis cinq ans quasi jour pour jour, nous avons la chance d'avoir le plan d'épargne retraite sous sa forme actuelle. Un vrai succès. Plébiscité par plus de 10 millions de Français. Les ménages français n'ont pas attendu que l'État règle le problème des retraites. Ils ont préféré prendre les devants et s'emparer du sujet. Ils ont bien fait. C'est l'épargne qui assurera l'avenir de nos retraites.
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