Un vrai ministre ou un "Mister Cocktails" ?

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Nicolas Sarkozy songe à créer un secrétariat d'Etat aux relations avec le Parlement européen. Vrai maillon de l'influence française ou simple "Mister Cocktails"?



 

L'ajustement ministériel attendu d'ici une semaine pourrait conduire à une première en Europe : la nomination d'un secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement européen. Le nom de l'eurodéputée Christine de Veyrac circule pour le poste.

C'est le récent vote "anti-Hadopi" à Strasbourg qui a achevé de convaincre le chef de l'Etat qu'il fallait tenir les eurodéputés au marquage. Alors qu'aucun autre gouvernement européen ne dispose d'un tel portefeuille, "la création de ce poste serait un signal fort que les autorités françaises reconnaissent le Parlement comme un lieu de pouvoir", considère le secrétaire général adjoint du Parti populaire européen, Antoine Ripoll. Même l'influente eurodéputée socialiste Pervenche Berès y voit "plutôt une bonne idée". Mais le risque est grand aussi que cette nouvelle fonction, surfant sur la vague bleue des européennes, ne se résume à un gadget de communication. "Pour vraiment peser au Parlement, il faut déposer des amendements en respectant un calendrier très précis", explique un parlementaire. "Et pour cela, il faut des services qui turbinent. Sinon, ce sera juste une Mister Cocktails qui ira de réception en réception." L'accompagnement efficace du travail législatif européen impliquerait donc que le secrétaire d'Etat puisse s'appuyer sur l'expertise du secrétariat général des affaires européennes (SGAE) ainsi que sur la représentation permanente française à Bruxelles. L'autre risque reviendrait à vouloir transposer la logique institutionnelle française au plan européen. Contrairement au secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement national, le titulaire du poste auprès de Strasbourg n'aurait pas le pouvoir de calibrer l'agenda des travaux parlementaires. De même que ne siègeant pas à la table du conseil des ministres européens, il lui serait difficile d'apporter une véritable valeur ajoutée aux parlementaires. Une telle nomination poserait également la question du partage des compétences avec le nouveau secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Pierre Lellouche.

 Y.-A.N.

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