Ouzbékistan : réformes au "far East", rebond en vue après la Covid-19

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Si l'Ouzbékistan possède d'importantes ressources naturelles et matérielles, le pays n'oublie pas que le développement économique d'une nation ne peut se dissocier du développement de son capital humain. C'est la raison pour laquelle un important travail a été lancé pour transformer les systèmes d'éducation et de soins (Galina Karimovna Saidova, vice-conseiller en charge de l’économie auprès de la présidence de la république d’Ouzbékistan)
"Si l'Ouzbékistan possède d'importantes ressources naturelles et matérielles, le pays n'oublie pas que le développement économique d'une nation ne peut se dissocier du développement de son capital humain. C'est la raison pour laquelle un important travail a été lancé pour transformer les systèmes d'éducation et de soins" (Galina Karimovna Saidova, vice-conseiller en charge de l’économie auprès de la présidence de la république d’Ouzbékistan) (Crédits : DR)
Par Galina KarimovnaSaidova, vice-conseiller en charge de l’économie auprès de la présidence de la république d’Ouzbékistan

Depuis 2017, les réformes introduites par le président Chavkat Mirzioïev ont placé l'Ouzbékistan sur une trajectoire de croissance inédite. Conscient que le précédent modèle économique hérité de l'ère soviétique menait à la stagnation économique, le pays prenait les moyens de mener les réformes pour une croissance durable. A ce titre, la réforme monétaire marque un tournant.

Tandis que le précédent modèle avait donné naissance à un système de double, voire de triple, taux de change du Sum Uzbek par rapport au dollar américain, encourageant ainsi marché noir et économie informelle, la suppression des restrictions à l'accès aux devises aux conditions du marché, ainsi que la possibilité d'obtenir des prêts bancaires en devises étrangères ont considérablement amélioré les conditions de concurrence entre les entreprises et ouvert le pays aux investissements étrangers. Le climat des affaires a aussi été encouragé par de nombreuses évolutions fiscales dont une forte réduction d'impôts des grandes entreprises, leur permettant d'améliorer leur stabilité financière et de libérer des ressources pour des investissements privés à grande échelle.

Modernisation de l'industrie

Outre la pérennisation d'un cadre économique sain, le soutien à la modernisation intensive des principaux secteurs industriels du pays est l'un des piliers des réformes en cours. Les projets d'investissement dans les industries gazières et chimiques, la métallurgie et l'industrie électrique sont donc encouragés : pour la seule année 2020, de nouvelles capacités ont été mises en service pour la production de 730 MW d'électricité, le développement de sources d'énergie renouvelables étant mené parallèlement. Face au COVID-19, une augmentation cumulée de 17% des prestations sociales et une hausse de 10% du salaire minimum depuis février ont contribué à préserver la consommation malgré une baisse de 19% des transferts de fonds.

Associé au secteur industriel, l'agriculture n'est pas en reste : un pan important des nouvelles réformes se concentre sur la valorisation des matières premières agricoles en Ouzbékistan. Le coton a servi de test : outre la culture, l'Ouzbékistan est désormais en mesure d'assurer sa transformation en fibres, en fils, en tissus puis en produits finis. Si la prise en charge du cycle de production complet a favorisé l'émergence de pôles de compétitivité industriels et agricoles, c'est également le secteur tertiaire qui en profite : on a pu observer le développement de nombreux liens organisationnels, juridiques et financiers entre les maillons des chaînes de production. C'est l'ensemble des matières agricoles qui reproduit désormais ce schéma d'organisation.

Lutte contre la corruption et l'économie informelle

Cependant, si les bénéfices de ces réformes étaient déjà tangibles avec une croissance de 5,6% en 2019, l'Ouzbékistan est conscient des défis que demeurent la lutte contre la corruption et la réduction de l'économie informelle. Une Agence de lutte contre la corruption a été créée. Elle se consacre à la prévention, à la mise en place de la législation anti-corruption, en améliorant la transparence et en simplifiant les procédures.

Par ailleurs, l'introduction en juillet 2020 d'un nouveau statut de travailleur indépendant a constitué un pas important dans la lutte contre le travail non déclaré. Avec ce statut, les travailleurs ne paient pas d'impôt sur leur revenu mais uniquement une taxe sociale prise en compte dans le calcul de leur salaire : plus de 100.000 personnes se sont inscrites comme travailleurs indépendants dans les deux semaines suivant cette réforme. Ce nouveau statut a permis de légaliser le travail de centaines de milliers de personnes tout en contribuant à l'émergence d'emplois flexibles.

Transformation des systèmes éducatifs et de soins

Enfin, si l'Ouzbékistan possède d'importantes ressources naturelles et matérielles, le pays n'oublie pas que le développement économique d'une nation ne peut se dissocier du développement de son capital humain. C'est la raison pour laquelle un important travail a été lancé pour transformer les systèmes d'éducation et de soins. Lucide, le pays a également compris que le respect de la population, de sa mentalité et de ses capacités, fait appel à sa participation active - élément sans lequel aucune réforme ne peut réussir.Si la pandémie aura pratiquement stoppé net la croissance en 2020, cette transformation continue d'attirer les investisseurs européens, et notamment français, et nous nous en réjouissons.

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Commentaires
a écrit le 09/12/2020 à 7:04 :
Mme Saidova, êtes responsable d'une situation aussi déprimante dans le pays. Vous étiez personnellement à la tête des intérêts de lobbying et avez essayé de maintenir un système qui apporte des super profits à des fonctionnaires comme vous.
Seulement par votre volonté, tout ce que nous voyons maintenant en Ouzbékistan. Pourquoi écrivez-vous des mots grandiloquents, essayez-vous d'analyser? Mieux vaut nous dire comment vous faites pression sur vos intérêts dans l'arène étatique!?
a écrit le 30/11/2020 à 9:48 :
"cette transformation continue d'attirer les investisseurs européens, et notamment français, et nous nous en réjouissons. "

LOL !

"Le revenu mensuel moyen par habitant en Ouzbékistan s'élève à 150 $, soit 1 800 $ par habitant et par an."

Les faits sont têtus !

C'est ça qui interesse l'UE et c'est tout. Le dumping fiscal et le dumping social sont ses deux mamelles mais vous avez raison, continuez de nous raconter, de vous raconter de belles histoires improbables à l'ère d'internet, pas de souci personne ne voit rien...
a écrit le 28/11/2020 à 9:40 :
On peut à peu près affirmer que de bonnes réformes, celles qui sont épanouissantes seront celles qui élèveront les citoyens et non enrichiront la classe dirigeante vu que les millions de réformes dans le monde faites jusqu'à présent ont surtout été faite en faveur des paradis fiscaux des mégas riches et non de la classe productrice or si vous n'aiguisez pas votre scie vous ne couperez plus rien, vous serez toujours obligé de vous fatiguer toujours plus pour toujours moins de résultats, conséquence dramatique du néolibéralisme actuel imposé un peu partout dans le monde. Les oligarchies qui arriveront à ce sortir de cette spirale du déclin, de cette drogue du toujours plus de fric toujours plus vite, seront largement récompensées à long terme.

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