Risque de change : l'épée de Damoclès des entreprises internationales

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Sébastien Oum, Président-fondateur d'Ambriva, services et solutions de change.
Sébastien Oum, Président-fondateur d'Ambriva, services et solutions de change. (Crédits : Reuters)
Les entreprises qui réalisent des opérations internationales sont exposées la plupart du temps à un risque spécifique aux actions mais aussi au risque de variation de taux de change. Par Sébastien OUM, Président-fondateur d'Ambriva, services et solutions de change.

Un orfèvre partage un festin avec Denys, tyran de Syracuse, et ses courtisans. Au-dessus de sa tête, à peine retenue par un crin de cheval, une épée se balance. Inconscient du danger, l'orfèvre profite avec légèreté des festivités, il ne prendra conscience du mécanisme fatal qui le surplombe qu'à la fin du repas.
Cette histoire, c'est le mythe de Damoclès, mais c'est aussi le quotidien des entreprises ouvertes à l'international. En effet, une entreprise engagée dans des transactions en devises étrangères, est exposée à un risque dont ses dirigeants n'ont pas pleinement conscience : le risque de change.

Le principe du risque d'échange

Lors de l'émission ou de la réception d'un paiement en devises étrangères, une opération de conversion est nécessaire : l'opération de change. Or, tout comme les actions d'entreprise cotées en bourse, les monnaies ont leur propre marché : le marché des changes. Le taux de change retenu pour une opération de conversion dépend donc du "prix" (i.e. de la cotation) proposé sur le marché des changes.

Ce marché des changes étant soumis à la loi de l'offre et de la demande, ses variations peuvent être particulièrement soudaines et extrêmement fortes. Dans certains cas, la cotation obtenue sera meilleure qu'anticipée et favorable à l'entreprise, dans d'autres cas en revanche, elle sera nettement défavorable.

Le risque de change, c'est l'éventualité qu'une variation des taux de change affecte négativement l'entreprise.

Les risques pour les entreprises qui s'exposent à l'international

D'ailleurs, pour être tout à fait précis, il n'existe pas un mais plusieurs risques de change que nous allons passer en revue. D'après les données d'une étude Deloitte, 56% des entreprises manquent de visibilité sur leur exposition aux risques de change...

  • Le risque de change transactionnel concerne l'entreprise si elle vend ou achète, dans une devise étrangère. Dans ce cas, le taux de change retenu lors de l'opération de change (cours effectif) peut être différent du cours comptabilisé lors de l'émission ou de la réception de la facture (cours comptable).
  • Le risque de change consolidation Groupe concerne l'entreprise si elle regroupe les bilans de filiales étrangères en un bilan national consolidé. Cette fois-ci ce sont les revenus réalisés par les filiales qui peuvent être affectés par les mouvements du marché des changes lors de leur rapatriement vers la maison-mère.
  • Enfin, le risque de change économique concerne l'entreprise si les variations du marché des changes affectent le pouvoir d'achat des clients (secteur touristique par exemple), ou si elles ont un impact sur sa compétitivité vis-à-vis de ses concurrents.

Les "politiques de change" rétablissent l'équilibre commercial

De bonnes pratiques permettent de se prémunir de ces trois risques de change, le plus souvent en ayant recours à des produits financiers capables de vous protéger des variations du marché des changes sans tomber dans la spéculation. Appelées politiques de change, ces bonnes pratiques permettent aux entreprises d'éviter simplement des risques méconnus bien que potentiellement mortels.

Par conséquent, il ne faut pas attendre la fin du banquet pour découvrir avec effroi l'épée de Damoclès, mais plutôt prendre les devants et améliorer dès maintenant sa gestion des risques de change.

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Par Sébastien Oum, Président-fondateur d'Ambriva, services et solutions de change

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Commentaires
a écrit le 22/07/2018 à 16:21 :
Le "risque" de change, voyez vous ça!!! Elle fait partie de la concurrence, ce n'est pas un risque, c'est une donnée a prendre en compte! Si elle veut se l'assurer c'est que vous avez affaire a un mammouth!
Réponse de le 24/09/2018 à 12:26 :
Nous vous remercions pour votre commentaire. Toute entreprise est confrontée à de multiples risques. Internationale ou non, comme vous le savez sûrement, la constitution du prix d'un produit vendu à un Client doit prendre de multiples paramètres. Que ce soit le coût de production, le coût marketing, le coût du commercial, le coût d'affacturage... ces coûts doivent être maîtrisés afin d'être meilleur que la concurrence tout en gardant de vue la pérénnité de sa rentabilité financière. Les risques de change quand ils deviennent réalité peuvent devenir des coûts déstabilisant l'entreprise. Prenons un exemple : Quand le prix d'un bien fini importé des USA vers la France devient plus cher que le prix initialement budgeté, votre prix de revient se réduit mécaniquement d'autant. Pour cet importateur, le risque de change doit être maitrisé comme les autres. Bien évidemment, les entreprises ne sont pas toutes exposées de la même façon à la variation des taux change. Pour ce cas précis avec l'aide de son conseil ou trésorier devise, des flexitermes ou contrats à terme auraient joué leur rôle d'assurance. Cordialement, AMBRIVA | Services et solutions de change

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