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Paiement mobile : pourquoi la France est en retard... sur le Kenya

Marie Guillemot, associée, responsable du secteur technologie, média, télécommunications de KPMG en France

Publié le 28 décembre 2011 à 09:15 - Mis à jour le 28 décembre 2011 à 09:20

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Le paiement via téléphone mobile se développe très rapidement dans certains pays en développement, à l'exemple du Kenya. En France, des freins existent. Ils peuvent être levés à condition que des partenariats se mettent en place entre opérateurs de télécommunications, banques et grande distribution.

Quatre ans, c'est le temps estimé pour que le paiement mobile s'impose massivement à l'échelle mondiale auprès du grand public. Depuis ces derniers mois, les solutions technologiques tout comme les initiatives se multiplient en France pour développer des systèmes de paiement alternatifs via le mobile, dans un contexte de défiance des consommateurs qui, au-delà de la crainte d'une fraude sur les données personnelles, s'interrogent encore sur la praticité de ce service et sa valeur ajoutée réelle. Les nouvelles alliances qui s'annoncent devraient ouvrir la voie et accélérer le développement de cette pratique jusqu'à présent embryonnaire, dans des délais plus réduits qu'attendu.

Faible bancarisation, forte pénétration du téléphone mobile considéré comme un moyen de communication incontournable... Il est clair aujourd'hui que ces deux facteurs ont permis de généraliser l'usage du paiement mobile dans des pays comme le Kenya, où les infrastructures de télécommunications sont peu développées, ou comme en Inde également, où le paiement mobile représente un véritable potentiel de développement pour ce pays qui compte trois fois plus de mobiles que de comptes bancaires. En France, les consommateurs ont des exigences particulièrement fortes en termes de sécurité, tant pour la fiabilité des paiements effectués que pour la protection des données personnelles. Les freins sont encore nombreux et leurs usages conditionnés par une mise en confiance importante. C'est précisément à ce niveau que doivent intervenir les acteurs de la finance, des télécommunications et des technologies, appelés à bien conjuguer leurs objectifs respectifs pour pouvoir proposer à leurs clients une solution de paiement sécurisée clés en main, facile d'utilisation et d'accès. Rappelons qu'entre la banque et l'utilisateur on trouve potentiellement différents maillons de la chaîne de paiement avec leurs contraintes spécifiques : les développeurs de solutions technologiques, les opérateurs de télécommunications et les distributeurs.

Les banques et groupements de cartes bancaires doivent reconsidérer leur « business model », et dans le contexte économique actuel, alléger leurs coûts de traitement ; les sociétés technologiques voudraient tirer profit de leurs innovations et de leur R&D ; les opérateurs, face à la croissance exponentielle des flux de « data » recherchent des relais de croissance leur permettant d'absorber des investissements de réseau considérables ; les distributeurs quant à eux visent une meilleure qualité de services et un passage en caisse facilité, moins coûteux. Le paiement mobile représente pour chacun un levier de croissance et de conquête des plus jeunes consommateurs, issu d'une génération numérique, connectée, mobile qui, déjà, achète et paie en ligne.

Selon les pays, la maturité des marchés et des infrastructures de paiement, le paiement mobile conduit chaque partie prenante à revoir son modèle économique : un écosystème riche et complexe est en train de se construire dans ces nouvelles solutions mobiles. Les banques, pour 82 % des personnes interrogées dans le cadre de notre dernière étude internationale, et les réseaux de cartes bancaires, pour 77 %, joueront un rôle primordial dans le développement du marché mondial du paiement mobile. En revanche, les sociétés high-tech et les distributeurs devraient exercer une influence moindre, même si, pour ces derniers, le paiement mobile constitue un enjeu de différenciation auprès de leur clientèle.

Pour que le paiement mobile prenne véritablement son essor et se développe massivement en France, il est plus que jamais impératif de consolider les standards technologiques et de mettre en place des partenariats commerciaux entre opérateurs télécoms, réseaux bancaires ou de distribution, adossés à des solutions sécurisées. Ce sont des partenariats majeurs qui ont permis à ce nouveau mode de paiement de conquérir les marchés de la zone Asie-Pacifique, Japon, Corée, Chine... et trouver un modèle économique au point de convergence des objectifs des acteurs. En parallèle des applications de paiement mobile, qui prolongent en mobilité les usages de paiement en ligne sur les sites marchands, les solutions de paiement sans contact NFC devraient également être prometteuses comme en témoignent les alliances qui ont récemment vu le jour. Sans plus attendre, banques, télécoms et distributeurs doivent concilier leurs enjeux et déployer une stratégie de paiement mobile conquérante sur le marché français !

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Marie Guillemot, associée, responsable du secteur technologie, média, télécommunications de KPMG en France

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