Crédit d'impôt pour la compétitivité : dernier rempart contre la chute des investissements

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Louis Gallois propose de procéder en un ou deux ans maximum au choc de compétitivité de 30 milliards d'euros / Reuters
Louis Gallois propose de procéder en un ou deux ans maximum au "choc de compétitivité" de 30 milliards d'euros / Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La décision du gouvernement d'accorder aux entreprises une baisse de 20 milliards de leur coût du travail a pu surprendre ceux qui ont eu une lecture politique de la situation. En revanche, elle n'étonnera pas ceux qui, depuis cet été, scrutaient avec inquiétude l'économie.

Dès août dernier, Eurostat publiait en effet les comptes des entreprises de la zone euro, et fournissait des données très intéressantes sur les profits et les investissements en Europe, et inquiétantes pour la France.

En niveau, d'abord, la France se caractérise par des profits plus faibles, et des investissements également plus faibles en moyenne depuis 10 ans. Ces niveaux doivent cependant être considérés avec prudence, car ils comparent des choses différentes (notamment l'entreprise moyenne en France ou au Royaume-Uni n'est pas la même en termes de secteur ou de taille).

 

Il est donc plus intéressant d'analyser les évolutions. Ces dernières montrent que les entreprises françaises se caractérisent par une bonne tenue des investissements par rapport à la moyenne. C'est a priori une bonne chose.


Cette évolution est-elle liée à celle des profits ? Pour le moment, non : depuis 10 ans, la France est le seul pays dans lequel les entreprises ont augmenté leurs investissements malgré la baisse des profits.

Est-ce durable ? Evidemment non: continuer à investir malgré des profits qui baissent reviendrait à "courir sur l'air", à la façon du coyote de Tex Avery : à un moment, la gravité reprendrait ses droits et une chute serait inévitable. Pour soutenir une telle croissance des investissements, il faut que les entreprises disposent des marges qui permettent de les soutenir.

Autrement dit, sauf mesures permettant aux entreprises de ne pas trop dégrader leur taux de marge, on pouvait s'attendre à un effondrement des investissements des entreprises, négatif pour la croissance à court terme et pour la productivité et la compétitivité à moyen terme.

Comment traiter ce risque alors que le budget 2013 est serré à l'extrême? Il fallait pour cela une mesure qui donne de l'air aux entreprises dès 2013, mais dont le coût sur les finances publiques ne se fasse sentir qu'en 2014 - et c'est exactement ce que permettra la mesure de crédit d'impôt...


 

par Vincent Champain, directeur, General Electric France et animateur de l'Observatoire du Long Terme de l'Institut de l'Entreprise

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Commentaires
a écrit le 09/11/2012 à 4:28 :
il est triste que dans ce pays, tout soit basé sur les statistiques, qui comme chacun sait, sont basés soit sur une addition vrai de chiffres faux soit l'inverse !!
ce ne sont pas les bénéfices qui font l'investissement, ce sont les marchés.
ce n'est d'ailleurs pas tout à fait vrai, car si j'ai gagné de l'argent je le réinvestis.
mais ce n'est pas complètement faux, car, en fonction des marchés visés, il faut faire de la top qualité et donc avoir du très bon matériel !!
Réponse de le 09/11/2012 à 8:55 :
Vous préférez des décisions basées sur des envolées lyriques, des arrangement de fonds de salle ou le concours du lobby qui crie le plus fort ? Je n'aime pas les statistiques, mais le reste est encore pire !

Sur le reste je suis en partie d'accord : ce qui fait les investissements c'est le produit Demande du marché X Capacité à faire X Equation économique comparée à celle des concurrents

Le crédit d'impot ne joue que sur la 3e variable, mais il est faux de dire qu'elle ne compte pas...
a écrit le 08/11/2012 à 23:47 :
Accorder des crédits d'impôts, cela revient à faire financer son entreprise par le contribuable. Autrement dit, pile je gagne et face tu perds. Drôle de manière de se prétendre capitaliste. S'ils ne savent pas faire de l'argent, qui est le principal objectif d'une entreprise, qu'ils se taisent et aillent ramasser des patates au smic !!!
Réponse de le 09/11/2012 à 0:27 :
C'est peut-être un peu compliqué pouv ous Patrickb de comprendre alors on reprend : Si PME trop ponctionnée par Etat, alors elle pas investrir, elle pas employer (car pas de sousous à cause concurrence internationale). Alors état pas content. Etat réfléchir et dire : moi faire crédit impôt. Cà solution compliquée mais solution quand-même. Par contre si patron intelligent lui aller faire sousous à l'étranger et se taire. TOI! aller alors ramasser patates au SMIC (pas lui!).
Réponse de le 09/11/2012 à 8:26 :
Ce crédit d'impot sera une réduction du niveau des charges sociales. Il revient donc à faire peser le financement de la protection sociale sur d'autres fiscalités que les charges sur le travail, tout en permettant d'en faire bénéficier les entreprises en 2013 avec un cout en 2014 seulement.

Autrement dit, quand vous calculerez le cout d'un nouvel embauché, vous pourrez retrancher des charges sociales le crédit d'impot qui vous sera accordé au titre de ce salarié. Vous trouvez vraiment que les charges sociales ne doivent pas etre réduites ???
a écrit le 08/11/2012 à 22:24 :
Merci pour cette explication très claire. Et même si je n'ai pas voté pour lui, bravo au gouvernement d'avoir eu le courage de faire cela - il y aurait eu tant de raisons de ne rien faire...
a écrit le 08/11/2012 à 20:55 :
Dans quels secteurs a-t-on investi?
a écrit le 08/11/2012 à 19:01 :
Si ces mesures vont dans le bon sens, la mise en pratique et les prévisions budgétaires des entreprises semblent compliquées.
Peut être aurait-il été judicieux de conserver la TVA anti délocalisation de Nicolas Sarkozy? En effet depuis le mois dernier les coûts salariaux des entreprises auraient baissés et probablement l'emploi amélioré. Le gouvernement actuel aurait pu en tirer un profit politique et ajouter sa marque sociale en diminuant la TVA à 5,5% de 0,5% comme dans le projet actuel. Il aurait pu également créer une TVA majorée à 22 ou 23% par exemple pour les produits dits" hauts en gamme" comme les voitures dont la puissance est supérieure à 9 ou 11 cv, les parfums et autres champagnes millésimés, hifi etc. enfin produits chers, importés pour certains et achetés par les "riches"qu'il conviendrait de conserver en France.
Réponse de le 08/11/2012 à 22:30 :
Probablement le gouvernement voulait "cliver" (faire sans reconnaître que la TVA sociale n'est pas si mauvaise). Plus l'effet comptable : le crédit d'impôt agit en 2013 mais ne coûte qu'en 2014. La TVA antidélocalisation se paye cash. Mais parions que d'ici quelques années une mesure de "simplification" viendra transformer ce crédit d'impôt en exonération...
a écrit le 08/11/2012 à 18:48 :
pas de benefices, pas d'investissements... les francais ne veulent pas comprendre? c'est pas grave, il y a d'autres pays qui savent recevoir les gens...
a écrit le 08/11/2012 à 18:09 :
A travers sa marionette, Hollande veut financer les entreprises pour que ces dernières soient plus présentables ... pour se vendre. Un financement des private equity. Une concentration encore accélérée. Il s'agit ici d'aller au plus vite pour occuper les fonds étrangers disponibles. Ensuite, bien entendu, il n'y en aura plus.
a écrit le 08/11/2012 à 17:13 :
La critique étant facile si je puis me permettre : Le 2éme graphe est difficile à lire entre l'UK et la France. Par ailleurs dans une telle étude, où se trouve LE poids lourd Allemand étrangement absent alors que souvent cité comme étalon ou référentiel de l'industrie en Europe?
Réponse de le 08/11/2012 à 23:03 :
L'Allemagne ne fournit pas les données aux normes Eurostat. En effet, c'est dommage.
a écrit le 08/11/2012 à 16:48 :
Article fort intéressant mais néammoins mal écrit. Il s'agit d'un article, pas d'un cours. Abus des deux-points, fin sur des points de suspension. C'est dommage. Mais il aura le mérite d'être clair.
Réponse de le 08/11/2012 à 23:05 :
Tout est améliorable. Ce que je voulais surtout partager, ce sont ces données, plutôt parlantes. Sur la façon de l'écrire, tous les goûts sont dans la nature, mais sentez-vous libre de reprendre les informations en les citant et d'écrire un papier plus à votre goût, je le lirais avec plaisir!
Réponse de le 09/11/2012 à 10:32 :
bravo Vincent

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