Réinventer la "justice fiscale" en France : une exigence

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Il nous faut réinventer une solidarité juste en matière fiscale qui ne laisse pas de place aux profiteurs que l'on ne trouve d'ailleurs pas toujours là où on l'imagine.

Notre pays a conquis, parfois au prix du sang de certain de ses enfants, la justice fiscale. Dans le pays de la gabelle, où les puissants ne payaient pas d'impôts, si ce n'est, au fil des siècles, qu'au Roi, qui lui même vivait avec le faste de l'étiquette royale, le sentiment d'injustice cristallisa au fur et à mesure. Il se traduisit avec toute la violence que l'on connait dans la révolution française. Il se transforma en un moteur de progrès social pour les progressistes des Lumières. Dans un pays qui pratiqua tristement l'esclavagisme, l'impôt suprême était celui de sa propre liberté. N'oublions pas que la dignité humaine passe par un travail dont une part importante des fruits doit revenir à soi et à sa famille.

Il n'est pas supportable qu'un citoyen puisse donner tout ce qu'il construit à force de travail à un autre ou à la collectivité publique. La progressivité de l'impôt est un acquis fiscal. De nos jours, dans la mondialisation, par souci d'efficacité et de justice, un Etat se doit pourtant de fixer des limites. Sinon, le sentiment de spoliation fait fuir les plus riches. Plus grave encore ceux qui aspirent à le devenir un jour, feront leurs valises d'entrepreneurs au lieu de s'engager en France. Ce mouvement est malheureusement engagé.

Il ne peut y avoir un tel déni de réalité au niveau de la Présidence Française.  Nicolas Sarkozy inventa le bouclier fiscal à 50%. Ce qui signifiait qu'on ne pourrait travailler plus de la moitié de sa vie pour la collectivité. J'ai défendu ce principe. Il fut mis en place par une administration qui voulait sa fin avant même sa naissance. Elle lui donna la mort en le traduisant en chèque de remboursement plutôt qu'en anticipation déclarative. Or, aujourd'hui, il est nécessaire d'inventer et réinventer un système adapté aux temps nouveaux.

A l'autre extrémité, l'exonération de contribution de ceux qui parfois ne vivent malheureusement, en majorité, que de la solidarité publique est une caractéristique humaniste du pays. Elle est souvent juste et nécessaire. Parfois il y a des abus qui désespèrent la France qui travaille dur, qui a du mal à joindre les deux bouts et qui n'en peut plus de payer pour les autres. Il ne s'agit pas de remettre en cause la solidarité qui est l'honneur de la France. Ce serait un formidable recul fiscal.. Des cadres supérieurs qui restent au chômage des années et se versent des dividendes dans la société qu'ils ont eu par ailleurs le droit de créer, des entrepreneurs qui choisissent la liquidation judiciaire pour bénéficier de l'argent public plutôt qu'un plan social couteux qui pourtant ferait moins de dégâts économiques et sociaux. C'est au moins aussi grave que les spécialistes de la fraude aux allocations familiales.
Nous devons remettre à plat tout ce système, sortir des idées convenues. Non, la TVA n'est pas l'impôt le plus injuste. D'abord parce que les produits de première nécessité en sont très largement exonérés, avec un taux très bas, ensuite parce que la mise en place d'un taux intermédiaire réserve le taux plein aux produits de "luxe". Il faut revoir la répartition entre ces différents taux mais ne pas oublier que les riches consommant plus que les autres, ils payent donc plus que les autres.
C'est d'une forme de progressivité qu'il s'agit, loin d'un taux unique qui lui serait injuste fiscalement.
Quid d'une pénalité fiscale aux frontières sur les produits importés qui ne respectent pas des minimas sociaux et environnementaux comme je le propose depuis trois ans dans mon premier livre : "Le mieux est l'ami du bien".  La fiscalité dans les entreprises favorise, incite même, les investissements dans les machines qui peuvent être amortis fiscalement. Pas les investissements dans l'humain. Dans l'esprit et la lettre de mes nouvelles propositions avec mon Think tank "Nouveaux Horizons", il faut changer nos logiciels. Il n'y a pas de fatalité.
Aux Etats Unis on ne voit pas, comme en France, se développer dans les supermarchés des automates à la place des caissières et caissiers. Au contraire, des gens vous aident à ranger vos courses. Notre fiscalité est tellement injuste qu'elle détruit les emplois de ceux qu'elle prétend défendre. Que le départ de Gérard Depardieu serve d'électrochoc à notre pays. Je veux réinventer une "justice fiscale" avec tous ceux, entrepreneurs, syndicalistes, smicards, fortunés, qui souhaiteront participer à cette belle ambition.
Nous devons nous adapter à notre époque, vivre avec la mondialisation, sans abandonner cette belle idée de justice qui rime avec l'image de notre beau pays.
 


 

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Commentaires
a écrit le 26/12/2012 à 13:10 :
Que de précautions oratoires!

Il faut sortir de cette logique que l'impôt est un outil servant à organiser les comportements et à faire le bien. On peut leur donner les noms les plus poétiques ou compassionnels, il n'en reste pas moins que les impôts servent avant tout à financer et défendre les intérêts de l'Etat. Avec une telle fiscalité en France, on se demande pourquoi il y a tant de chômeurs, de smicards, etc??
Sous le mandat de Nicolas Sarkozy, le gouvernement a aussi rivalisé d'inventivité dans la création de nouvelles taxes.

PS: Les caisses automatiques sont partout aux États-Unis (mais le client y est roi: il y a donc des petits emplois de service qui effectivement n'existent pas en France)
a écrit le 24/12/2012 à 19:06 :
On en finira jamais avec une droite qui se croit obligé de faire comme la gauche... La gauche fait de la gauche et c'est son role mais la droite de grace qu'elle face enfin de la droite... Aurons-nous un jour une Mme Teatcher ???
Réponse de le 25/12/2012 à 9:38 :
Job a raison. On pourrait dire aussi: A vouloir rattraper l'oiseau en permanence, il se sauve. Ouvrons la cage et donnons-lui de quoi manger à l'intérieur et il reviendra de lui-meme.
a écrit le 23/12/2012 à 16:34 :
et "réinventer la justice qui s'appliquerait aux "actionnaires" de l'UMP"... il en pense quoi Monsieur Lefebvre ? ;))
Réponse de le 24/12/2012 à 16:26 :
ah oui je voudrais bien savoir
de plus que pense t'il de ce tres mauvais ministre de enrico qui comprend depardieu
macias dont la france a tout donner devrait repartir dans sont pays ( l'algérie pour les aider ce serais mieux que de dire de tel connerie
a écrit le 23/12/2012 à 9:54 :
Ok , il fallait le faire
a écrit le 22/12/2012 à 17:32 :
"La fiscalité dans les entreprises favorise, incite même, les investissements dans les machines qui peuvent être amortis fiscalement. Pas les investissements dans l'humain." Ohhhh, la belle tarte à la crème politico-économique, fruit d'une logique populiste absurde mais fort ancienne, qui fait mine d'ignorer que les investissements créent les emplois tandis que l'Etat et les politiciens s'acharnent à les détruire. Dans la vraie vie, à l'opposé des fantasmes et des discours idéologiques, la fiscalité française est tellement "favorable" aux machines que la France a installé 8 fois moins de robots que l'Allemagne depuis 10 ans (à population égale), tandis que sur la même période, le chômage français est devenu le double de l'allemand. Et hop, un guignol d'or bien mérité pour cette production de vaines absurdités !
a écrit le 22/12/2012 à 17:16 :
Charmante profession de foi qui montre clairement, même aux plus naïfs des électeurs, que la pensée politique du socialisme de droite n'a rien à envier, question dogmatisme minable, à celle du socialisme de gauche. A quand une véritable opposition en France ? A quand la pluralité politique ? A quand le retour de la démocratie ?
a écrit le 22/12/2012 à 15:42 :
J'ai lu quelque part qu'après cinq ans de législature, un député pouvait prétendre à une retraite sans avoir à cotiser 42 ans, C'est pas vrai n'est-ce pas ? Et que la veuve d'un sénateur recevait à 100 % la pension de réversion de son mari, c'est du baratin n'est-ce pas ?
Réponse de le 23/12/2012 à 2:07 :
C'est pire q'au temps de Louis14
Vive les privileges!
a écrit le 22/12/2012 à 15:27 :
"...où les puissants ne payaient point d'impôts" Est-ce vrai que certains perçoivent encore des indemnités non-imposables ? Je n'arrive pas à le croire. Et qui sont-ils ? Nos gouvernants nous invitent à juste titre à plus de solidarité. Ils montrent depuis longtemps l'exemple avec le refus des cumuls de mandat. Est-ce vrai que certains bénéficient de régimes spéciaux de retraite particulièrement avantageux et d'autres pas ? Je n'arrive pas à le croire. Qui pourrait m'apporter quelques explications ?
a écrit le 22/12/2012 à 9:00 :
Je suis bien d accord avec vous. L Etat doit se limiter dans ce qu il preleve sur ses concitoyens. Au dela de 50pc de prelevements sur les revenus globaux, capital et travail, cela devient spoliateur. Quand avec les nouvelles regles de clacul du plafonnement, un gerard depardieu en vient a payer 85pc de ses revenus en impots, notamment a cause de l ISF, cela veut dire que 10 mois sur 12 on se leve le matin pour travailler pour l Etat. Et encore, c est hors prise en compte de la TVA. C est paraitement inacceptable, et bien evidemment cela ne peut que forcer certains a partir.
a écrit le 21/12/2012 à 21:02 :
Et la justice au niveau des retraites, qu'en pensez-vous ? 82 % du dernier salaire pour les fonctionnaires et assimilés, 54 % pour les employés du privé, 25 % pour les indépendants ! A JERSEY, tout le monde perçoit l'équivalent de 1000 euros, quelque soit votre salaire lorsque vous étiez en activité !
Réponse de le 27/12/2012 à 11:47 :
Le niveau de retraite des fonctionnaires n'est que 75% du salaire de base.Aucune prime n'est prises en compte. Pour les salariés du privé les complémentaires rééquilibres la retraite de la CNAV. Au final les fonctionnaires touchent comme les privés. Pour les indépendants ils se choisissent les sommes de cotisation aux quelles ils veulent adhérer.
a écrit le 21/12/2012 à 20:47 :
Le raisonnement global est cohérent sauf quand il affirme "C'est d'une forme de progressivité qu'il s'agit, loin d'un taux unique qui lui serait injuste fiscalement" en parlant de la TVA. ss phrase précédente démontre,et c'est la réalité le contraire : la TVA est un impôt régressif car il représente un % plus élevé du revenus les plus faibles.
Réponse de le 22/12/2012 à 13:53 :
Sauf que le fait qu'il y ai des taux plus faibles pour les produits moins luxueux et de premiÚres nécessité, réduit le poids de cet impôt indirect sur les plus pauvres...c'est donc bien une" forme" de progressivité...
Réponse de le 22/12/2012 à 23:43 :
Votre message est illisible et votre votre argumentation est fausse : toutes les études confortent le fait que la TVA est on impôt régressif.
La réalité est toujours cruelle contre les dogmes

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