Cinq pistes à suivre pour doper vraiment l'innovation

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(Crédits : Reuters)
En dépit de la cacophonie ambiante, le gouvernement cherche à faire bouger les lignes, pour soutenir l'innovation et la croissance. Cinq voies à suivre pour aller plus loin. par Denis Jacquet, président EduFactory

A l'heure des grandes manœuvres sur l'innovation, de qui devrions nous nous inspirer ? Brancher la France sur le câble Réussite.

 Nous assistons depuis l'été à une avalanche d'initiatives sur la France du 22ème siècle, par un gouvernement qui, via certains de ses Ministres et députés, a souvent démontré son attachement au dogme du 18ème. Ils ont décrit notre système et nos acteurs économiques comme de dangereux créateurs de richesse qu'il fallait au plus vite empêcher de nuire, afin qu'ils cessent de prétendre faire, à la place du politique, de la croissance et de l'emploi. Coupables de réussir là où eux cumulent les échecs. Trop indépendants dans un Etat qui nous préfère dépendant. Résistants encore à l'asservissement d'un Etat sans moyen, mais qui simule une puissance intacte.

Un gouvernement qui oscille...

Certains osant même, en période de crise, s'enrichir, sans comme eux, le voler à qui que ce soit. L'entrepreneur est devenu pour le dogmatique de base, l'ennemi à abattre. Et ce gouvernement oscille entre ceux qui estiment que l'entrepreneur est un ami (Fleur Pellerin notamment, Axelle Lemaire, Laurent Grandguillaume) et ceux qui, dans l'ombre (moult conseillers), ou à la lumière (Eckert, Montebourg régulièrement, Cazeneuve, Sapin..) s'étouffent à la simple prononciation du mot entrepreneur, plus-value, bénéfices…

 Une volonté de faire bouger les lignes

Dans cette permanente cacophonie, qui fait un jour les Assises (malgré la déception sur le suivi de cette formidable initiative), et étouffe DailyMotion le lendemain, qui annonce une stabilité fiscale un jour et une taxe sur l'EBE le lendemain, subsiste néanmoins une volonté de faire bouger les lignes. L'effort conjugué des rapports Gallois et de la commission Lauvergeon est intéressant. Car malgré ses limites et ses erreurs (mais rien n'est jamais parfait) ils sont le fait d'acteurs crédibles et éclairés.

Comment aller plus loin, en cinq points

Que faudrait-il pour leur donner encore plus de chances de succès ? En cinq points :

 1/S'inspirer des pays à succès. Sur l'innovation les références sont la Corée et Israël. Le chercheur commence par chercher… son financement. Une fois qu'il entrevoit des applications civiles ou commerciales, il monte d'un étage dans son université et va voir la structure en charge de trouver des fonds pour vendre le brevet ou monter une start-up sur la base des déclinaisons business possibles. Sur cette start-up pour 500.000 euros que met le privé, l'Etat met 500.000 en abondement. Au final, au lieu des 150.000 euros en moyenne qu'obtient le français, en détroussant sa famille et en mobilisant les découverts permis par sa CB, l'entrepreneur israélien démarre avec 1 million.

 

De ce premier point 3 points s'en suivent.

 2/Rapprocher l'université, la recherche et le financement. Nos chercheurs, même fondamentaux, doivent penser avenir et financement. Le mot argent doit pouvoir être prononcé sans provoquer d'allergie cutanée permanente à ceux qui les prononcent dans cet univers qui voit le capital comme l'ennemi suprême. Ainsi, comme le disait de Gaulle, nous aurons des chercheurs qui … trouvent !

3/Rapprocher la recherche des débouchés et donc des acteurs capables de donner une vie commerciale aux découvertes. Qu'ils communiquent, échangent et que les chercheurs puissent être intéressés au succès, y compris financièrement.

4/Mettre sur la table des sommes de géants et non des miettes pour anorexique. Une start-up, dans 90% des cas, réussit sur un secteur qui n'était pas celui envisagé dans son business plan d'origine. Elle doit avoir les moyens de se « planter » et donc de rebondir.

 

Enfin 5/il faut mettre autour de la table des experts compétents. Le danger de la procédure actuelle et le recrutement de ceux qui vont être amenés à juger la qualité des projets dans le cadre du concours d'innovation. On connaît bien en France la notion d'expert. Ceux qui à l'abri du marché écrivent des livres sur des sujets qu'ils ne maîtrisent que sur le papier et ne constatent pas dans la vraie vie. Il faut donc que ceux qui savent juger un projet, les investisseurs, business angels, entrepreneurs du secteur, soient les experts à Paris, un CSI PARIS, où les éprouvettes sont manipulées par des hommes de terrain.

 

En s'ouvrant sur les expériences à succès, adaptées à notre univers, nous mélangerons les ingrédients qui garantiront la qualité d'un cocktail enfin digeste et enivrant.

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Commentaires
a écrit le 13/12/2013 à 0:05 :
Ridicule. Inutile d'en dire plus. Il suffit d'une tribune et d'un titre aujourd'hui pour se décréter expert...
C'est bien ce qui tue l'innovation, l'incompetence
a écrit le 12/12/2013 à 13:17 :
Effectivement très simpliste sur ce qu'est l'innovation et les besoins pour la faire naître et développer.
Aussi très réducteur et caricatural sur les personnes qui critiquent le capitalisme. On peut être de gauche ET pdg de start-up qui réussit et innove...
a écrit le 10/12/2013 à 22:41 :
Un peu simplistes ces recommandations...
Réponse de le 11/12/2013 à 10:13 :
Je suis bien d'accord.
C'est surtout d'une grande pauvreté d'imagination !
Et de connaissance de ce qu'est la recherche fondamentale.
a écrit le 10/12/2013 à 16:49 :
Pour doper vraiment l'innovation ...
Commandement N° 1 : Industrialiser tous les projets innovants étouffés SANS CAUSE par les structures parapubliques censées s'occuper d'innovation ...

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