Cloud : quatre tendances pour 2014

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(Crédits : DR)
Le cloud évolue. Tout utilisateur de smartphone l'utilise, sans toujours le savoir, et ce sera encore plus le cas en 2014. Une évolution parmi d'autres. Par Werner Vogels, CTO & VP Amazon Web Services

En observant l'année écoulée, nous pouvons dire que le cloud est devenu un extraordinaire moteur d'innovation pour les entreprises de toutes tailles. La plateforme Amazon Web Services (AWS), l'entité d'Amazon proposant des services de cloud computing, est aujourd'hui utilisée par des centaines de milliers d'entreprises dans le monde, révolutionnant ainsi leur façon de penser l'informatique et leur permettant de se concentrer sur la l'amélioration des produits & services qu'ils offrent à leurs clients.

Les start-ups les plus dynamiques au monde, comme Dropbox, Instagram, Spotify, Pinterest et Shazam, en passant par les plus grandes entreprises mondiales, comme Samsung, Royal Dutch Shell et Unilever, ou encore les gouvernements et les établissements d'enseignement et de recherche, tous utilisent les technologies de cloud computing pour innover et mieux servir les clients et les citoyens du monde entier.

Aux prémices du cloud

Malgré toutes les innovations étonnantes que nous avons vues au cours des sept dernières années, nous pouvons dire que nous en sommes toujours aux prémices du cloud. En 2014 et par la suite, le cloud va continuer de donner naissance des idées innovantes incroyables qui affecteront tous les domaines de nos vies. Sur l'ensemble des projets que nos clients réalisent, j'ai extrait quatre tendances qui vont éclore et prendre de l'importance en 2014.

1) Le cloud permettra à votre contenu de vous suivre partout où vous irez

Le cloud a changé la façon dont nous interagissons avec les terminaux mobiles. Auparavant, le contenu était envoyé vers le mobile, alors qu'aujourd'hui le terminal est une simple fenêtre qui permet d'afficher le contenu et les services qui demeurent stockés dans le cloud. Cela a commencé avec nos smartphones et nos tablettes, et maintenant, quel que soit le dispositif que nous utilisons, ou l'emplacement où nous nous trouvons, nous avons accès à notre contenu et à nos abonnements.

Cette approche est maintenant aussi applicable aux dispositifs non-mobiles comme par exemple les Smart TV Samsung. Les terminaux sont parfaitement conçus et construits, mais le noyau fonctionnel de ces téléviseurs est un logiciel relié à des services s'exécutant dans le cloud. Ceci va également au-delà des dispositifs traditionnels, par exemple ma voiture est connectée à mon compte Amazon Cloudplayer ce qui me permet d'écouter ma musique partout où je vais.

De plus, j'ai testé le premier tapis de course qui, lorsque je monte dessus, se configure pour me donner accès à ma musique, mes vidéos, mes abonnements à des journaux, mes livres et me donnant aussi accès à mes services de stockage de documents comme Dropbox. Ainsi, je n'ai plus besoin de déplacer mon contenu; le cloud me permet d'y accéder partout où je vais.

2) Les analyses réalisées dans le cloud amélioreront le monde non-connecté

Les chercheurs collaborent dans le cloud où des données circulent en temps réel à partir de dispositifs tels que le Mars Rover ou le séquenceur ADN Ilumina dans le stockage cloud. En 2014, nous pouvons nous attendre à une explosion de la production de données via des terminaux physiques dont les données sont stockées, analysées et partagées dans le cloud. Par exemple, nous allons voir une augmentation des données industrielles dans le cloud, les groupes industriels s'équipant de plus en plus de capteurs qui produisent des données pour plus de fiabilité et d'efficacité. Nous pouvons citer comme exemple le projet que nous réalisons avec General Electric pour l'instrumentation de leurs Turbines à Gaz ou avec Shell qui va placer des capteurs dans ses puits de pétrole, générant ainsi des pétaoctets de données.

 Aussi, dans notre vie quotidienne, nous allons voir une augmentation des dispositifs sensoriels et des terminaux connectés tels que le Thermostat Nest ou les applications de contrôle de la maison crées par les fournisseurs d'énergie comme Essent. Partout dans le monde les entreprises de transport public équipent leurs bus et leurs tramways avec des capteurs qui se nourrissent les plates-formes comme One Bus Away qui peuvent donner des informations en temps réel aux voyageurs.

Les passagers eux-mêmes peuvent aussi devenir des capteurs. Des services comme Mooveit utilisent ainsi les informations provenant de leur application sur les téléphones des passagers pour donner en temps réel des informations sur les transports, de la même manière que Waze le fait pour les voitures.

3) Le cloud permettra à chacun de devenir un média

En 2014, on peut s'attendre à une augmentation significative des organisations qui ajouteront une expérience multimédias à leurs offres. Un bon exemple serait les clubs sportifs : tous cherchent des moyens pour établir un contact avec leurs fans au-delà des deux heures de matchs le week-end. Un moyen efficace de parvenir à un engagement tout au long de la semaine est la distribution quotidienne de contenus multimédias récents ou exclusifs.

Pour les clubs, qui ont souvent des millions de fans à travers le monde, les revenus liés aux abonnements sont considérables. Le cloud permet de bénéficier des services de pré et de post-production, ainsi que des services distribution, qui sont facilement disponibles de telle sorte que n'importe qui peut devenir un 'broadcaster' mondial sur Internet sans investissement initial de capital. Un cas bien connu est celui de la LiverpoolTV alimenté par AWS, mais tous les clubs de football du monde suivent aujourd'hui leur exemple.

Un autre cas très populaire est celui des organisateurs de spectacles, des orchestres aux compagnies de théâtre, qui donnent un accès exclusif à leurs représentations grâce à des moyens de production basés sur le cloud. De cette façon, ils sont capables de toucher un public beaucoup plus large, qui n'est souvent pas en mesure d'assister à leurs spectacles. Cela permet de diversifier leurs revenus potentiels, ce qui est nécessaire à une époque où les subventions des arts sont en train de diminuer. Un bon exemple est le Berliner Philharmoniker, orchestre de renommée mondiale, qui donne accès à leurs spectacles à travers le site digitalconcerthall.com utilisant toutes les régions AWS dans le monde pour offrir aux spectateurs une expérience multimédia de grande qualité.

4) Le cloud autorise le traitement des données en instantané

Jusque-là, le Big Data a beaucoup mis l'accent sur la recherche historique et le croisement de données (les personnes qui ont pris le produit X ont également pris le produit Y, le marché a évolué dans ce sens la semaine dernière donc il est susceptible de se déplacer dans cette direction aujourd'hui…). Il a toujours existé une relation étroite entre le Big Data et le cloud computing car il n'existe plus de limite en termes de puissance de calcul et de stockage. Comme AWS ajoute continuellement des capacités de traitement en temps réel, nous constatons une augmentation des analyses de données en temps réel chez nos clients qui changent radicalement la manière dont ils créent leurs produits.

Par exemple, nous voyons des entreprises proposant des recommandations en temps réel, du type "d'autres personnes dans votre réseau lisent X". Certains précurseurs en ce domaine sont les entreprises qui travaillent sur les technologies de « second écran », comme Channel 4, qui font usage de données en temps réel pour enrichir l'information qu'ils présentent et augmenter leur audience TV. Une entreprise comme Netflix qui traite plus de 40 milliards d'événements par jour utilise l'analyse en temps réel pour alimenter son fonctionnement, son engagement avec ses clients et ses performances commerciales.

Nous observons que presque tous les secteurs profitent des avantages du cloud pour améliorer radicalement la vitesse à laquelle ils peuvent traiter leurs données. Par exemple Bankinter, en Espagne, s'appuie sur la plateforme AWS pour ses simulations de risques de crédit afin d'évaluer la santé financière de ses clients. En utilisant AWS cette banque espagnole a été en mesure de réduire son temps de traitement de données de 23 heures à 20 minutes. Cela permet de réaliser cette analyse qui prenait près d'un jour, en quasi temps réel.

 

 

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Commentaires
a écrit le 19/12/2013 à 2:08 :
Le plus comique avec les barbouzes du web 2.0 c'est qu'ils nous ont imaginé suffisamment crédules comme des moutons pour nous vendre leur sornettes virtuelles. Longue vie aux comiques qui se prennent les pieds dans le tapis. On peut également dire que si il est normal, que la NSA ou autre services de renseignement publique inspecte le trou du cul du monde qui ne sent pas toujours la rose, ça parait nettement moins indispensable et légal que les barbouzes freelance du web2.0 fasse du pognon avec des renseignements personnels et confidentiels. Vive la liberté des abrutis.
a écrit le 16/12/2013 à 12:54 :
C'est bien beau le stockage exterieur ,mais c'est stocké ou ! Si ça fini stocké aux USA ou dans d'autres endroits ou la NSA et d'autres services americains ont ou auront accès, ça servira à quoi !A ce qu'ils aient la totalité de l'information publique ,discrete ou secrete au seul benefice de leurs interets ! Ils ont deja utilisés et continuent d'utiliser leurs grandes oreilles au benefice de leur économie et de leurs entreprises faisant croire angeliquement à tout le monde que c'est contre le terrorisme !Quelle entreprise dans un marché concurrentiel veut stocker à l'exterieur des informations sensibles pour elle !Aucune garantie ne d'inviolabilité ne peut etre donné quand on connait les moyens de pression la puissance d'introspection et d'analyse des USA .Ils n'attendent que ça ,on va finir par s'endormir dessus ,le reveil serra douloureux pour notre économie nos entreprises et nos emplois derriere.
a écrit le 15/12/2013 à 22:05 :
étonnant de pas voir le "bring your own cloud" comme une tendance à venir
a écrit le 15/12/2013 à 0:21 :
Cloud ? Non merci.
a écrit le 15/12/2013 à 0:01 :
Merci le vp aws..
a écrit le 14/12/2013 à 21:01 :
La mienne est à la régression et à la paranoïa ! rire ! C'est intuitif et salvateur.
a écrit le 14/12/2013 à 19:21 :
Big brother ... A fuir... Un bon vieux disque dur portable est suffisant...
a écrit le 13/12/2013 à 20:43 :
Amazon, qui a remporté le contrat pour gérer le cloud de la CIA... le dernier endroit ou y mettre des infos et espérer qu'elles restent confidentielles.
a écrit le 13/12/2013 à 18:50 :
Qui peut encore oser mettre ses données aux USA?....
a écrit le 13/12/2013 à 17:26 :
1) Le cloud permettra qu'on vous suive partout.
2) Les analyses réalisées dans le cloud amélioreront le monde des barbouzes
3) Le cloud permettra à chacun de devenir une marionette
4) Le cloud autorise le traitement des données en instantané pour mieux vous arnaquer
a écrit le 13/12/2013 à 17:06 :
Quand on met un service en ligne, seul l'égoïsme dispose et l'altruisme propose! L'intermédiaire manipule!
a écrit le 13/12/2013 à 16:32 :
Etonnant de ne pas lire parmi les 4 tendances à venir concernant le Cloud, celle que constitue son accès libre aux amoureux de la surveillance et de la collecte débridée des données personnelles.
On pourrait ainsi reprendre les points:
1) Le cloud permettra (grâce) à [votre] (son) contenu de vous suivre partout où vous irez
2) Les analyses réalisées dans le cloud amélioreront le monde non-connecté (ainsi que la connaissance intime de tous vos faits et gestes privés)
3) Le cloud permettra à chacun de devenir un média (et de monétiser encore plus ce qui pourtant vous appartient en propre)
4) Le cloud autorise le traitement des données en instantané (ce qui risque fort par effet pervers de promouvoir une auto-censure de masse)

De manière plus générale, on peut remarquer que parmi les dernières grandes réussites d'internet, majoritaires sont celles qui finalement ont bâtit un business model sur une création de valeur à partir non pas de création pure, mais par l'accumulation (parfois illégale) souvent par une obligation implicite et toujours en utilisant un argument frauduleux: la gratuité. On ne peut pas prétendre que le service qu'on vous rend est gratuit à partir du moment où en échange obligatoire de ce service sont collectées des données destinées à être vendues.

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