Penser "écolo" malgré la crise

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Non, la transition énergétique ne permettra sans doute pas de créer des emplois. Et il est rare que la défense de l'environnement puisse être associée à un gain de croissance. Ce qui ne doit pas nous empêcher de prendre en compte cette problématique. Par Nicolas Treich, directeur de recherche à l'INRA, à Toulouse School of Economics

 Dans quelle mesure est-il évident, comme le présentent les politiques,  d'associer environnement et croissance économique ?

Nicolas Treich. Le lien entre l'environnement et la croissance (ou crise) économique a été largement étudié. L'un des axes de recherche concerne la dénommée « courbe environnementale de Kuznets », qui a identifié une relation en U inversé entre la pollution et le revenu par habitant. La qualité environnementale a tendance à se détériorer aux premiers stades du développement et à s'améliorer au cours de stades plus avancés. Un élément clé permettant d'expliquer cette relation est que l'environnement semble être un bien comme un autre, c'est-à-dire que les personnes aux revenus élevés exigent un environnement de meilleure qualité. À cet égard, la crise actuelle n'est peut-être pas un bon présage pour l'environnement, puisque les revenus ne sont pas en moyenne très élevés.

 Quel est le rôle des responsables politiques en la matière ?

Les responsables politiques suggèrent souvent que les efforts déployés pour protéger l'environnement doivent être considérés comme une chance pour le développement économique, tout particulièrement au niveau de l'emploi. Par exemple, les membres du gouvernement actuel ont déclaré cet été que la transition écologique devrait créer un million d'emplois d'ici 2025.

Pas beaucoup d'emplois nets créés par la transition écologique...voire un bilan négatif

Malheureusement, je n'ai pas vu une seule analyse économique pertinente pouvant appuyer une telle déclaration. Je pense en fait que cette transition écologique ne créera pas beaucoup d'emplois « nets », ce qui signifie que de nombreux emplois « verts » seront peut-être créés, mais probablement au détriment d'emplois « polluants », et le chiffre net pourrait très bien être globalement négatif.

Le gouvernement précédent avait fait une déclaration semblable en 2007 en affirmant que le Grenelle de l'environnement allait créer plus de 500 000 emplois d'ici 2020. Étant donné la tendance globale de l'emploi (ou plutôt du chômage) en France, on peut se demander si ces affirmations sont raisonnables. Mais, que je sois bien clair, cela ne signifie pas que nous ne devrions pas investir dans la protection de l'environnement. Un environnement de meilleure qualité est un énorme bienfait pour la population.

Mais ce bienfait a cependant un prix en termes de développement économique. Les opportunités gagnantes-gagnantes (meilleur environnement et augmentation de la croissance) comme celles que présentent souvent nos responsables politiques semblent intéressantes... mais elles sont malheureusement rares dans le monde réel.

 Le départ de deux ministres de l'Écologie en un an a-t-il menacé l'image du gouvernement français ?

Cela suggère que l'environnement est un sujet politique très délicat. Plusieurs secteurs de l'économie, comme le secteur de l'énergie par exemple, dépendent fortement et directement des décisions gouvernementales (par le biais des subventions, par exemple, ou l'introduction d'une nouvelle loi environnementale). Il est donc naturel de s'attendre à un lobbying industriel intensif et, de même, à de fortes pressions exercées sur les hommes et femmes politiques au pouvoir.

Le départ de la seconde ministre de l'Écologie est apparemment lié à une diminution du budget de son ministère. Cela suggère peut-être que, dans une période économique difficile, il pourrait y avoir d'autres priorités pour le gouvernement que celle de l'environnement. En des temps aussi difficiles, nous n'avons pas forcément les moyens de supporter le coût des politiques environnementales, comme suggéré ci-dessus. Pour moi, la question est de comparer ce coût aux avantages générés par les politiques environnementales. Cette comparaison peut aider à sélectionner des politiques efficaces et peut être une protection contre le lobbying politique et la démagogie.

Malheureusement, ces comparaisons des coûts et des avantages des politiques environnementales mises en œuvre ne sont souvent pas produites et ne sont pas rendues publiques. À Toulouse School of Economics (TSE), grâce au soutien de l'INRA et du ministère de l'Écologie, nous avons créé un groupe composé d'Henrik Andersson, de Jim Hammitt et de moi-même, ainsi que d'une poignée de postdocs et d'étudiants en thèse spécialisés dans le calcul des effets bénéfiques pour la santé des politiques environnementales.

 Le gouvernement peut-il à lui seul contrôler les problèmes environnementaux du monde ?

En effet, la protection de l'environnement est traditionnellement vue comme une stratégie descendante : les entreprises polluent et le gouvernement réglemente. Ceci est le point de vue classique des manuels d'économie : lorsqu'une défaillance du marché se produit, comme une externalité environnementale, le rôle du gouvernement et de concevoir les instruments adéquats (impôts, subventions, permis, normes, règles de responsabilité, etc.) pour répondre à cette défaillance. Cependant, cette stratégie descendante a été de plus en plus critiquée pour deux raisons. La première est liée à la difficulté à résoudre le problème du fait de l'asymétrie de l'information : le gouvernement ne peut pas surveiller le niveau de pollution généré par les entreprises.

La nature mondiale des problèmes environnementaux

La seconde est liée à l'économie politique. Il est possible que les gouvernements ne souhaitent tout simplement pas mettre en place de politiques efficaces à cause du lobbying. Un autre motif analogue est la nature mondiale de nombreux problèmes environnementaux qui empêchent les gouvernements locaux de répondre de manière unilatérale au problème environnemental.

Du fait de ces raisons, une nouvelle approche descendante a gagné en popularité au cours des dernières années, le mouvement dit pour la « responsabilité sociale des entreprises » (RSE). L'idée est que les entreprises fassent des efforts de leur plein gré pour diminuer la pollution, de manière à ce que les citoyens et les consommateurs à qui ces initiatives plaisent achètent leurs produits et évitent de boycotter l'entreprise, par exemple.

Cette nouvelle approche est prometteuse, comme l'indiquent certaines recherches réalisées à TSE sous la direction de la chaire « Finance durable et Investissement responsable » (FDIR). Néanmoins, et il est possible que certains de mes collègues comme Stefan Ambec or Sébastien Pouget ne soient pas d'accord avec moi, je pense que la RSE est un concept fragile. Il s'appuie sur la faible et inconsistante générosité des citoyens et sur la capacité à produire des informations pertinentes et accessibles à propos des entreprises qui font réellement un effort en faveur de l'environnement. Jusque-là, nous avons vu pas mal d'écoblanchiment.

 Une participation interdisciplinaire peut-elle permettre de renforcer les contrôles et de toucher la société ?

Le dernier sujet à propos de la RSE illustre la variété et la difficulté des recherches sur les problèmes environnementaux. Lorsque l'on se penche sur la générosité des particuliers, on souhaite naturellement s'appuyer sur les recherches faites dans le domaine de la psychologie et de la sociologie. De manière similaire, lorsque l'on souhaite mieux comprendre le lobbying environnemental, il peut être utile de consulter des politologues. Afin d'illustrer l'interdisciplinarité de ces questions, le département d'économie de l'environnement à TSE a déployé un effort de recherche commun avec l'IAST (Institute of Advanced Study in Toulouse) au cours des deux dernières années. Nous avons organisé des conférences (« Behavioral environmental economics », 2012, « Biology and economics », 2013 et la conférence de l'EAERE, 2013) qui ont bien représenté la recherche interdisciplinaire sur les questions environnementales.

 

 Nicolas Treich est directeur de recherche à l'INRA, à la Toulouse School of Economics. Il était cette année le directeur scientifique de la conférence de l'Association européenne des économistes en environnement (EAERE) et il est membre de la chaire « Finance durable et Investissement responsable » (FDIR).

Pour aller plus loin

« Asset prices and corporate behavior with socially responsible investors » TSE working paper.

Plus d'informations sur le site de Toulouse School of Economics

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Commentaires
a écrit le 10/02/2014 à 16:53 :
Ainsi donc la défense de l'environnement ne rime ni avec emploi ni avec croissance??? Un simple exemple (mais on peut en trouver d'autres) Allez un peu au rayon bricolo voir les peintures qui se vendent???? Ceux qui ne s'y mettent pas ne survivront pas, car malgré toutes les critiques des sceptiques, la demande sera la plus forte!!
a écrit le 09/02/2014 à 17:06 :
Mathématiquement, toute intrépide supplémentaire doit se payer quelque part..on ne voit pas comment les considérations environnementales échapperaient à cette règle. Par ailleurs, il faut continuer à s'interroger sur la pertinence des positions quasi religieuses des écolos contre le nucléaire, contre les OGM, et contre l'exploitation des gaz de schistes: ces positons vont-elles dans le sens d'un meilleur environnement, et surtout sans qu'aucun penseur du dimanche ne parle de décroissance, ou de mieux-consommer..?
Réponse de le 09/02/2014 à 22:54 :
Il est logique qu'il y ait une attitude que vous shématisez comme "quasi religieuse" dès lors que la seule alternative des lobbies en face est le tout nucléaire, le tout ogm et le tout gaz de schiste. Les plus extrêmes et les moins ouverts ne sont pas ceux que vous pensez. Regardez la réalité de l'expansion de ces 3 thèmes dans le monde. Heureusement qu'il y a des détracteurs qui ne sont d'ailleurs pas tous écologistes loin s'en faut mais tout simplement réalistes.
a écrit le 09/02/2014 à 1:25 :
Pour moi, l''écologie relève de l'éthique et c'est une instance supérieure à la politique ! Mais tant que celle-ci sera aux mains des écolos (surtout à la française ou à la mode GreenPeace), on en aura tout à craindre !
Réponse de le 10/02/2014 à 16:46 :
Les politiques (écolos ou non) ne font que répondre aux impatients et gérer des pseudos urgences en fonction de celui qui crie le plus fort!! Ceux qui font les idées nouvelles sur la défense de l'environnement comme vous le dites si bien sont supérieurs à la politique et continuent leur chemin malgré les sceptiques! Et pendant que certains remettent en cause la validité de l'écologie, d'autres comme l'Inde et la Chine la font et nous dépassent déjà. Le réveil va être douloureux!!
a écrit le 07/02/2014 à 0:21 :
On aimerait bien avoir les références ou liens des études selon lesquelles "la transition énergétique ne permettra sans doute pas de créer des emplois" et qu'il serait "rare que la défense de l'environnement puisse être associée à un gain de croissance". Plusieurs études indépendantes, objectives et très complètes démontrent au contraire que les énergies renouvelables créent plus d'emplois qu'elles n'en détruisent (çà a été analysé entre autres au Danemark, Etats-Unis, Allemagne etc avec des données réelles sur de nombreuses années). De plus mieux vaut détruire des emplois dans des mines de charbon de plus en plus dangereuses ou dans des énergies à l'origine de problèmes géopolitiques constants et importants, voire de guerres et en créer dans les énergies renouvelables qui n'ont pas ces défauts majeurs et très coûteux en tous plans. Et depuis le rapport Stern parmi les premiers, il y a eu de nombreuses études pour démontrer que ne pas s'occuper d'environnement est un facteur très négatif pour la croissance (la Chine parmi d'autres est bien placée pour s'en être aperçue et a été obligée de prendre des mesures, la qualité et l'approvisionnement en eau en est un des nombreux exemples dans le monde). Quant aux politiques à mettre en oeuvre, elles doivent nécessairement partir de recommandations mondiales, puis européennes, puis nationales et régionales. La politique européenne en matière d'énergies renouvelables et d'environnement, si elle n'a pas toujours été parfaite ni surtout toujours été intelligemment appliquée par chaque pays et régions, a permis de faire malgré tout de sérieux progrès en Europe et nombres de régions et réalisations ont fait l'objet de visites et ont servi de modèles à d'autres dans le monde. Les entreprises à elles seules n'auraient jamais pu obtenir de tels résultats et sans de tels soutiens par ces politiques qui nécessitent forcément une vision globale. Enfin associer crise et moindre attention à l'environnement nécessiterait une analyse un peu plus détaillée, la sobriété tout comme des produits plus efficaces et moins polluants ne signifie pas spécialement plus cher, au contraire.
a écrit le 06/02/2014 à 23:21 :
Création d'emplois dans l'écologie ? Je ne pense pas qu'il y ait de règles. Je pense que ça dépend de la taille des projets. De nombreux petits projets sont préférables à un seul gros projet. (Même problématique que pour les entreprises. La création d'emplois est surtout liée au tissu de PME). Par exemple, on peut penser que le développement de multiples petits projets éoliens ou solaires est de nature à créer plus d'emplois que la création d'une grosse centrale nucléaire pour la même puissance électrique. Inversement, remplacer de nombreuses automobiles par quelques trams ou un service de vélib nuit inévitablement à l'économie...
a écrit le 06/02/2014 à 19:49 :
A leur actuelle l"écologie" ne veux plus rien dire avec leur façon de tout détourner le sens des termes, que ce soit "bio" "écologique"... Tous ces terme ne veulent plus dire grand chose. Si on veux améliorer la "nature" et du même coup nos vies, il faut réduire le nombre "d'humains" mondialement car on dérègle tous ce qui nous entoure pour être toujours plus nombreux par contre je ne dit pas qu'il faut faire la guerre juste inciter à avoir moins de gamin. La seconde chose a faire c'est vivre un max localement en allant chercher sa viande et ces légumes chez l'agriculteur du coin... La troisième réduire nos consommations énergétique et là aussi l'état pourrais imposer que comme il y a quelques années les appareil soit tous équiper de leur alimentation que l'on puisse mettre hors tension avec un simple bouton plutôt qu'une veille permanente comme ça se fait tous le temps (entre la TV, l'ordinateur [que beaucoup laisse branché pour rien], le chargeur du portable [que beaucoup laisse branché pour rien aussi], ou encore microonde four... on a de bonne économie a faire.) La dernière serait que l'état arrête enfin de nous obliger à tenter de faire des économie en nous faisant acheter des ampoules à économies d’énergies qui coutent beaucoup plus cher que les vieille au filament et qui contiennent plein de produits chimique, qui consomme beaucoup plus dans des pièces où on les allument très peut de temps et qui cassent bien plus vite que avant (ce cas est un exemple flagrant de l'absurdité de tenter de faire des économies car un tube néon consomme le plus a l'allumage et en mettre un dans les toilette coute plus cher.)
Réponse de le 07/02/2014 à 0:37 :
Il y a parmi d'autres une étude suisse récente de l'EPFL (voir sur Enerzine février ou janvier) qui est très sérieux et qui démontre que sur des centaines de lampes basse conso au mercure du marché, toutes marques confondues, il y a en fait très peu de mercure et polluants dans les lampes basse conso, l'impact est négligeable et les lampes à incandescence étaient souvent plus polluantes. Les Led sont très bien placées également et durent très longtemps sans conso supérieure à l'allumage, j'ai longuement testé. De plus leur impact en baisse de consommation et donc de pollution est très élevé. Donc bilan très favorable, surtout si on recycle correctement. Pour les ordinateurs vous avez des sites comme PC Vert qui montent des ordinateurs très fiables qui consomment moins de 30 watts/heure, écran compris contre 400 watts/h pour certains ordinateurs encore dans le commerce. Pour les frigos Bosch ou Siemens en font avec congélateur 4 étoiles qui ne consomment que 90 W/h et pour les aspirateurs Rowenta, Bosch, Electrolux en font qui consomment moins de 800 watts/h dans les tests et sans sac. Bref on progresse !
a écrit le 06/02/2014 à 18:02 :
J'espère que son chèque des lobbys a été important.
a écrit le 06/02/2014 à 16:22 :
L'écologie est par nature une pression forte à la décroissance et elle pèse sur l'emploi. J'ai moi même tenté l'aventure du lavage sans eau : avec 800 l de produits on lavait plus de 5000 voitures alors que cela aurait utilisé 2500 litres de shampooing classique . Ecolo peut etre ,mais en terme economique et de quantité de travail , vous divisez quasiment par autant la rentabilité du business et les heures travaillées. J'ai mangé la grenouille et arrêté le massacre.
Réponse de le 06/02/2014 à 17:50 :
C'est ce qui s'appelle un fausse bonne idée voir une arnaque!!! cela ne signifie pas pour autant que toute démarche raisonnée se solde par un échec!!! En déduire que l’Écologie pèse sur l'emploi est juste une aberration!!! Ainsi on ne devrait notre salut
Réponse de le 07/02/2014 à 0:44 :
@ Soyons Clair : Quand on propose des fours solaire en Afrique etc au lieu d'utiliser les arbres locaux utiles à d'autres choses, on crée de la croissance. Quant on dépollue les rivières en Chine ou ailleurs pour l'approvisionnement local, on crée de la croissance. On peut citer de multiples exemple pour prouver qu'environnement et écologie peuvent parfaitement rimer avec croissance.
Réponse de le 07/02/2014 à 8:35 :
Quand on vend un four solaire , on le vend qu une fois ! Ceci n empeche pas que ce soit utile mais generateur de croissance , NON!
Réponse de le 09/02/2014 à 22:47 :
Mais si car vous faîtes une économie dénergie et les ressources et l'argent gagnés s'investissent ailleurs. Analysez ces simples exemples concrètement et il y en a plein d'autres.
a écrit le 06/02/2014 à 16:21 :
Etre écolo dans un système économique libéral , il faut avoir la paye de ministre pour y croire.
Réponse de le 06/02/2014 à 19:33 :
Est-on absolument obligé de considérer que "penser écolo" est moral et pragmatique ?
Est-ce qu'on a le droit de refuser la pensée écolo et tout ce qui va avec ?
En clair, peut-on dire que l'écologie est une farce sinistre anti-science, anti-humaniste et anti-démocratique ou est-ce qu'on se risque de se faire taxer de vilain capitalo-pollueur-inconscient ?

Une autre manière de poser la question est de se dire "et si l'article s'était intitulé "penser socialo/UMP/FN malgré la crise..." ?
Quelles seraient les réactions ?
Réponse de le 06/02/2014 à 23:35 :
Vous avez raison penser écolo est un droit , mais quand on se dit écolo on doit se poser la question du système économique dans lequel l écologie que j espère pourrait se développer. Partant de là le système économique libéral de notre gvt ne peut y répondre, aux écolos d en tirer les conclusions.
Réponse de le 09/02/2014 à 22:57 :
@ Le Paysan : Le gouvernement prend beaucoup de mesures favorables à l'environnement mais le contexte économique n'est pas des plus faciles. C'est donc un compromis. L'important est d'avancer dans le bon sens même si ce n'est pas aussi rapide que souhaité.

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