Référendum écossais : un verrou vient de sauter en Europe

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(Crédits : reuters.com)
Le non à l'indépendance l'a certes emporté en Ecosse. Mais le droit à l'autodétermination est enfin reconnu en Europe. Par Péire Costa, membre de la direction fédérale du parti occitan

Vu de France, c'est bien connu, les Anglais ne font rien comme les autres! En accordant le droit aux Ecossais à se prononcer par référendum sur leur avenir, les Anglais n'ont pas manqué l'occasion de se faire remarquer dans une Europe où la tendance générale des Etats est à la recentralisation et au recul de la démocratie territoriale. Comment ne pas relever l'asymétrie de la France et de la Grande-Bretagne en la matière ? Si Paris s'est lancé de façon autoritaire dans une réforme de la carte des régions qui ne tient compte ni de l'avis des populations concernées ni de celui des élus , Londres a accepté, la tenue d'un référendum pour l'indépendance d'un de ses territoires.


La victoire de la Démocratie: un droit à l'autodétermination reconnu en Europe

L'indépendance de l'Ecosse représentait un espoir pour tous les régionalistes. Mais avec la victoire du non (55,3%), comme l'a dit David Cameron, la question de l'union de l'Ecosse et de l'Angleterre semble être réglée pour au moins une génération. Une fois l'émotion du résultat passée, il faut se réjouir de l'initiative écossaise. Car le référendum écossais est une victoire pour la démocratie. D'abord parce qu'il prouve qu'avec plus de 80% de participation, les citoyens savent se mobiliser sur des sujets majeurs. Ensuite parce que la campagne s'est déroulée de façon tout à fait paisible, sans tension ni violence entre les deux camps et ce malgré les enjeux. Enfin parce que le droit à l'autodétermination vient de facto d'être reconnu en Europe.

Un résultat qui cache de grandes disparités

Le résultat du référendum est tout sauf homogène. De fortes disparités géographiques, culturelles et religieuses, sociales et économiques clivent le vote. Les régions du Sud-Est (Midlands et Lowlands) mais aussi les îles Shetland, ont massivement voté contre l'indépendance à plus ou moins 65% tandis que les régions du Nord-Ouest (Higlands et Iles Occidentales) ont davantage voté pour (47%).

Cette réalité géographique reflète les différences culturelles entre régions d'expression gaéliques (Nord-Est) et celles d'expression anglaise situées à la frontière avec l'Angleterre. Quant aux îles Shetland, de cultures scandinaves se sentent beaucoup plus près des pays nordiques que de l'Ecosse. Un autre marqueur, celui-ci économique et social explique le choix du vote. La région de Glasgow qui souffre d'un taux de chômage près de deux fois supérieur à celui de l'Ecosse, est une des seules à avoir voté majoritairement pour le oui à l'indépendance. Avec près de 54%, les habitants de Glasgow ont ainsi sanctionné la politique ultralibérale menée par Londres à leur dépens.

Un vote plein d'espérances

L'autre clivage repose dans l'opposition entre jeunes et moins jeunes. Les électeurs de moins de 24 ans ont voté majoritairement pour l'indépendance (51%). Cette classe d'âge qui est née ou a grandi après la Dévolution (1999) a pu bénéficier des bienfaits de l'autonomie de l'Ecosse. L'avenir de l'Ecosse est entre ses mains. C'est elle qui construira l'Ecosse de demain. Une Ecosse indépendante, dans une Europe des Régions et des Peuples Solidaires.

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