La France devient-elle une nouvelle "start-up nation" ?

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Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi. / DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, la France devient-elle une nouvelle "start-up nation" ?

La France serait-elle en train de devenir une "Start-up nation" ? Cette petite musique se fait de plus en plus entendre, comme un contrefeu encore bien fragile face à la déferlante des discours alarmistes sur notre déconfiture industrielle.

Les signaux faibles sont toujours difficiles à étayer. Une start-up, c'est beaucoup de potentiel mais très peu de chiffre d'affaire et d'emploi au démarrage. On ne détecte pas ce type de fourmillement avec nos indicateurs usuels.

A l'appui de cette thèse qu'y a-t-il ?

D'abord, il faut bien le dire, une entreprise de communication, visant à mobiliser les acteurs, à les fédérer, à leur donner plus de visibilité. Pas seulement au nom de la méthode Coué, mais aussi parce que ce type d'économie fonctionne sur le mode collaboratif. C'est son essence. Elle se conçoit en éco-système.

Avec la data pour gisement et une multitude d'applications que leurs concepteurs développent en interaction avec les autres. L'innovation ne disqualifie pas les autres. Elle crée au contraire des opportunités sur un mode cumulatif. C'est bien le sens qu'il faut donner au label French tech. Qui est plus qu'un logo promotionnel. Favoriser l'agglomération en renforçant la dimension communautaire de ce tissu. Chasser en meute à l'étranger.

Créer de la réputation, pour favoriser la levée de fond

C'est précisément le but atteint par la récente démonstration de force réussie des start-up françaises au Consumer Electronics show de Las Vegas.

C'est bien le sens qu'il faut donner aussi aux déclarations fracassantes du directeur de la BPI, Nicolas Dufourq lorsqu'il affirme que la France devient une véritable start-up nation. Il véhicule ainsi bien plus qu'un discours promotionnel. Le patron de la BPI n'est pas le seul à percevoir de multiples signaux au plan micro.

D'abord la nouvelle appétence des jeunes sorties d'école pour tenter l'aventure start up  et se frotter au mythe Steve Jobs. Ensuite, le fait que dès que l'on s'accorde sur une définition ouverte de l'innovation, pas seulement technologique, les financeurs perçoivent une véritable effervescence de projets. Le classement Deloitte que je cite souvent est là pour l'étayer. La France, premier pays d'Europe des start-up à forte croissance. Le cabinet Deloitte atteste d'un vivier particulièrement actif.

1/5 des 500 première pépites Européennes sont françaises

Au classement des 500 premières pépites Européennes, il dénombre près de 90 start-up françaises depuis 3 ans, loin devant le Royaume-Uni et très loin devant l'Allemagne. Mais l'on cherche avec peine d'autres signaux. Les statistiques de l'INSEE des créations ne nous disent rien sur cette catégorie des jeunes pousses à fort potentiel.  Elle identifie bien le secteur de l'information et de la communication.... Mais aucune tendance ne se dessine attestant d'un changement de régime.

C'est peut-être du côté capital investissement que l'on décèle finalement le plus de choses. Je ne parle pas des données agrégées d'investissement qui portent les stigmates de la crise. Surtout du fait de la chute du capital transmission, et des gros LBO. Mais lorsque l'on ressert l'analyse sur le financement de l'amorçage et du développement, alors oui. Il se passe sûrement quelque chose...

Il est prématuré de parler de tendance. Mais on n'en est pas loin. On ne pourra parler de start up nation néanmoins que lorsque ces pépites auront véritablement démontré leur capacité à grandir et à s'engager dans des stratégies mondiales.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 19/03/2015 à 1:10 :
Il y a erreur de perception. Une "jeune pousse" n'est pas une "start-up".
Trop peu de "start-up" françaises incarnent véritablement la définition. Innover pour innover, ça donne naissance à des prémisses (minitel vs internet, dailymotion vs youtube), ou de pâles copies (viadeo vs linkedin, blablacar vs uber).
Le système scolaire est en grande partie responsable ; punissant l'erreur, et ainsi l'expérimentation et la créativité en dehors des arts plastiques.
Les investisseurs le sont aussi ; trop vieux, trop frileux, trop gourmands, ils demandent trop de garantie et les entrepreneurs finissent par s'auto-convaincrent qu'ils ont déjà gagné alors qu'ils ne savant même pas encore en réalité s'il y a un champs de bataille.
Une start-up ne se construit pas autour d'une solution, mais autour du problème qui lui a donné naissance, avec la ferme intention de prouver son existence et de le résoudre.
a écrit le 20/02/2015 à 11:19 :
Fier de la France. Ça change du refrain "tous des chômeurs" ! :)
a écrit le 18/02/2015 à 19:51 :
La création de nombreuses startup est le signe d'un véritable dynamisme et d'une réelle capacité des 'jeunes' français à se lancer et à utiliser leur matière grise. On ne peut que s'en féliciter.
Mais le problème du financement et de la fiscalité des société reste entier : lorsqu'elles vont lancer leurs tours de table pour trouver des capitaux, ce sont avant tout les anglo-saxons et les chinois qui vont se ruer sur elles et investir des dizaines de million sans hésiter, quand les banques et sociétés françaises en seront encore à leur demander des garanties, 1 place au board, de renoncer à leurs parts majoritaires, et trembleront à l'idée de prendre des risques.
Et même si nous réussissons par miracle à les 'garder', c'est la fiscalité et le potentiel des marchés US et Chinois qui les pousseront à partir...
L'avenir de la France grâce au potentiel de ses startup est donc loin d'être assuré.
Etre un laboratoire d'innovation c'est déjà bien. Maisallonsnous réussir à convertir tout ça en sociétés françaises performantes et rentables, créatrices d'emplois et de valeur chez nous...
a écrit le 18/02/2015 à 19:38 :
Avec l'effondrement scolaire en cours et la chute du niveau en maths et en sciences (voir le dernier PISA, entre autre) j'en doute lourdement...
Réponse de le 20/02/2015 à 11:20 :
En face : beaucoup plus d'autodidactes, de jeunes entrepreneurs.

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