C'est quoi "être riche" : revenus et patrimoines

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, c'est quoi "être riche" ?

A partir de quand est-on riche ? Combien y a-t-il de "riches" en France ? En fait, personne ne le sait, car il n'existe pas de définition officielle ni objective de qui peut être considéré comme "riche". Pour sérier cette question, il faut avoir une double approche : en termes de flux c'est-à-dire de revenus, et en termes de stocks c'est à dire de patrimoine (immobilier, financier ou professionnel).

3.000 euros "nets nets" par mois, vous êtes dans les 10% les plus riches

Côté revenus, pour être le plus ancré dans la réalité de ce que l'on peut dépenser et épargner, il faut prendre l'ensemble des revenus d'activité nets des cotisations sociales, retirer les impôts directs (impôt sur le revenu et impôts locaux), et intégrer les prestations sociales (pensions de retraites, indemnités chômage, APL, etc.). On mesure alors le "revenu disponible". Pour une personne vivant seul, le revenu disponible médian, c'est-à-dire celui qui sépare la population en deux, la première moitié gagnants moins, la seconde plus, est de 18.450 euros, soit 1538 euros mensuels. Pour une famille avec deux enfants, le montant est de 47.110 euros, soit un peu moins de 4.000 euros par mois.

A partir de ces données, on peut adopter une méthode purement conventionnelle pour définir le seuil de richesse. On peut par exemple renverser la convention qui délimite la pauvreté. Est considéré comme pauvre, celui dont le revenu est inférieur de moitié au revenu médian. Par symétrie, on pourrait qualifier de riche la personne qui dispose du double du revenu médian, soit pour une personne seule un revenu de 36.900 euros (un peu plus de 3000 euros nets par mois), ou pour un ménage avec deux enfants 94.200 euros annuels (7852 mensuels). Avec cette définition-là, un peu moins de 10% de la population est riche.

Mais cette définition est trop large : 10% de la population, ce sont plus de 6 millions de personnes et il n'y a pas 6 millions de riches en France. Surtout, au sommet de l'échelle la dispersion est énorme. Pour un célibataire, vivre avec 3.000 euros par mois nets d'impôts vous donne certes de l'aisance, mais vous vivez sur un standard qui demeure en rapport avec le reste de la population.

100.000 euros nets annuels, le seuil de la richesse

Les riches, eux, vivent dans un monde où les moyennes n'ont plus de sens. La distribution des salaires dans le privé en donne un bref aperçu : l'écart des rémunérations n'est pas proportionnel et plus on grimpe dans l'échelle des salaires, plus les écarts sont importants. En valeurs absolues, il y a plus de différence à l'intérieur des 10% qui gagnent le plus qu'entre le 1er et le 9e décile. C'est bien pourquoi il faut concentrer l'analyse sur les 1% les mieux lotis.

Dans le privé, cela équivaut à un salaire annuel net supérieur à 100.000 euros. Mais le salaire avant impôts, sans que soit pris en compte des revenus de la propriété, donne une vision trop partielle des choses. Bercy, dans ses données statistiques, identifie de son côté la tranche haute comme les revenus annuels fiscaux de référence supérieurs à 100.000 euros. C'est l'étalon à partir duquel on peut faire commencer la richesse pour un individu. 749.763 foyers fiscaux sont alors concernés.

Pour un foyer fiscal type, le seuil de la richesse ressort à 170.000 euros. C'est précisément le seuil à partir duquel la courbe de distribution commence à prendre son envolée exponentielle, qui défie les lois de gravité pour le commun des mortels. Selon nos estimations, cela concerne 565.000 personnes, soit l'équivalent de 0,9% de la population française.

Pour figurer dans les "1%", disposer d'un patrimoine de 2,5 millions d'euros

En dehors des revenus courants, il faut aussi observer le patrimoine. Pour faire partie du club très fermé des 1% des ménages détenant les plus hauts patrimoines, il faut au minimum disposer d'un capital net (c'est-à-dire une fois déduit l'endettement) de 2,5 millions d'euros.

Ces points de repère valent ce qu'ils valent. Mais au-delà de 170.000 euros de revenus et de 2,5 millions d'euros de patrimoine, on approche ce que l'on pourrait qualifier de situation atypique. Cela concerne un peu plus 500.000 personnes, moins de 1% de la population. L'équivalent d'une ville comme Lyon.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 19/10/2017 à 15:06 :
Pour moi, être riche en France, ce serait de faire partie soit des 2830 ménages qui vont se partager en 2018 : 1,3 milliard d'€ au titre de la PFU, ou encore des 3 400 ménages qui se partageront 2 milliards d'€ au titre de l'ISF. Ou plutôt l'un des ménages qui cumulera le bénéfice de ces deux mesures (source = Marianne).
N'être pas riche ce serait d'être taxé de 5€d'APL, d'être qualifié de "fainéant", d'être encore davantage exploité par le fisc ( j'approche du pic de Laffer, celui où on réfléchit si on doit bosser plus pour être taxe plus, ou lâcher prise). Et vous ?
Réponse de le 14/11/2017 à 12:41 :
on est riche quand on a pas assez d'une vie pour dépenser tout son argent!
Réponse de le 17/10/2018 à 13:33 :
un contribuable qui paie déjà un million d'euros d'impôt qui le voit diminuer de 100 000 ne se voit pas offrir 100 000 Euros, c'est juste que c'est pas retirer de sa poche à ne pas confondre avec un cadeau. Les pauvres ont bien plus de cadeau que les riches dans ce pays. Et cet histoire d'APL c'est ridicule, l'état n'a pas vocation à payer le loyer des gens!!

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