• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
OpinionsTribunes

Comment les Soulèvements de la Terre fédèrent une écologie radicale et sociale

Sophie Del Fa

Publié le 28 avril 2023 à 05:56

000

Les différents appels à se rassembler des Soulèvements de la Terre, page Instagram. Instagram/Soulèvementsdelaterre

DR

Le Quotidien Numérique

02 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    OPINION. « Pourquoi l’Europe doit suspendre la facturation électronique obligatoire »

  • 2

    Stéphane Bern : « J’aimais ma mère comme on aime son bourreau »

  • 3

    Or : pourquoi le premier producteur africain veut augmenter les réserves de sa banque centrale

  • 4

    Pourquoi la République démocratique du Congo occupe une place unique sur les marchés de minerais

  • 5

    Sécurité : Verney-Carron décroche un nouveau contrat pour équiper les forces de l’ordre françaises

  • 6

    « Mythos hallucine » : les premiers testeurs du modèle secret d’Anthropic nous racontent l’envers du décor

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
OPINION. Le mouvement les Soulèvements de la Terre est devenu un collectif fédérateur majeur en France incarnant un renouveau des luttes écologistes et anticapitalistes radicales. Par Sophie Del Fa, Université catholique de Louvain (UCLouvain)

À la suite de la manifestation violemment réprimée contre les méga-bassines à Sainte-Soline le 25 mars dernier, les Soulèvements de la Terre (ci-après les SdlT), collectif écologiste co-organisateur de l'évènement dans les Deux-Sèvres, s'est retrouvé sous les projecteurs médiatiques et politiques qui lui font vivre un véritable tournant.

Le rassemblement contre l'A69 dans le Tarn le week-end du 22-23 avril a rassemblé plus de 8.000 personnes et beaucoup espèrent une mobilisation similaire dans les environs de Rouen les 5 et 6 mai.

Malgré la menace de dissolution par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin (qui n'a pour le moment pas donné suite), et les stigmatisations récurrentes de la part de ses détracteurs, le mouvement est plus que jamais fédérateur et prend une ampleur sans précédent.

Dans le contexte de la mobilisation nationale en France contre la réforme des retraites et de la multiplication des luttes écologiques en Europe et dans le monde, les SdlT incarnent un renouveau des luttes écologistes et anticapitalistes radicales. De quoi est faite cette « terre qui se soulève » ?

Une histoire en train de se faire

La formation des SdlT en 2021 par des activistes issus de la Zone-à-Défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes n'est pas anodine. En effet, la ZAD marque un tournant dans l'histoire du mouvement écologiste français. Tout d'abord, parce qu'elle a été victorieuse et parce que son existence perdure.

Newsletter

Ma Tribune

L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Illustration de la newsletter Ma Tribune

Comme plusieurs personnes en témoignent, la ZAD a été une alliance entre des jeunes militants écologistes anticapitalistes et des paysans locaux pour la défense d'un territoire et pour des formes de vie non marchandes et semi-marchandes. Ces alliances défensives et cette manière particulière de façonner le réel résonnent au sein des SdlT.

Un renouveau des luttes anticapitalistes et écologistes

Les SdlT s'inscrivent dans un renouveau des luttes anticapitalistes et écologistes qui a commencé avec Occupy (2009), Nuit debout (2016) ou encore les gilets jaunes (2019) et s'inspirant beaucoup des positionnements idéologiques Zapatistes. Ces luttes partagent trois points : ce sont des formes auto-organisées sans leaders officiels, elles recourent à l'occupation pour se réapproprier des lieux publics (places, ronds-points, territoires naturels) et elles sont anticapitalistes.

En ce sens, les SdlT incarnent un mouvement radical. Terme qu'il faut entendre ici dans son sens étymologique, c'est-à-dire qui a rapport au principe d'une chose et sa racine. La lutte des SdlT est donc radicale puisque le mouvement se rapporte aux fondements de ce qui fait l'écologie c'est-à-dire, les relations que nous entretenons avec les différentes entités (les humains et l'ensemble du vivant) qui composent le monde social. Cette radicalité se structure autour de trois éléments principaux explorés ici : les dimensions fédératrices et décentralisées, la rhétorique des alliances vivantes et une pensée fine et réflexive des stratégies de luttes.

Un mouvement fédérateur et décentralisé

Les SdlT ne se désignent ni comme une association, ni comme un groupe constitué, mais comme un réseau anticapitaliste de luttes locales à la croisée de l'écologie et des questions sociales. En effet, bien que l'agro-industrie, l'accaparement des terres, l'artificialisation des sols et l'écologie sans transition soient visées, les SdlT considèrent que les questions écologiques et sociales ne font qu'une et sont interdépendantes. Ainsi, les luttes écologiques doivent s'arrimer à des solutions pour améliorer les conditions sociales des individus et inversement.

Les SdlT agrègent plusieurs associations : la Confédération Paysanne, Alternatiba et ATTAC et ont été rejoints par des activistes d'Extinction Rébellion et de Dernière Rénovation. À en croire le site officiel, plus de 97.000 personnes sont signataires de la tribune, chiffre dont le nombre a particulièrement augmenté suite à Sainte-Soline.

Parmi ces personnes, on trouve des figures politiques d'Europe Écologie Les Verts et de la LFI/Nupes. De plus, des personnalités connues se sont mobilisées pour s'opposer à la dissolution et soutenir le mouvement. Enfin, force est de constater l'appui inconditionnel de plusieurs intellectuels reconnus comme Naomi Klein, Alain Damasio, Andreas Malm ou Philippe Descola. Les SdlT apparaissent donc comme un réseau hyper fédérateur, ce qui fait sa force et son unicité tout en lui donnant une très grande légitimité.

À cela s'ajoute une volonté de décentralisation puisque les SdlT agissent en réseau afin de visibiliser et relayer des luttes locales portées par des collectifs citoyens. Par exemple, Bassines Non Merci groupe organisé contre les méga-bassines, la Voie est Libre contre le projet d'autoroute A69 Toulouse-Castres ou le groupe No Tav mobilisé contre le chantier ferroviaire Lyon-Turin.

Cette volonté décentralisatrice s'est concrétisée dernièrement avec l'appel réussi à la création de comités locaux partout en France (afin de prouver au gouvernement l'impossible dissolution d'un mouvement aux multiples ramures. Cet appel a d'ailleurs dépassé les frontières françaises et a été entendu en Belgique et en Suisse.

« Nous sommes le vivant qui se défend »

La deuxième dimension structurante du mouvement est la rhétorique des alliances vivantes qui se déploie à travers la structuration de la lutte en « saisons » et des slogans tels que « Nous ne défendons pas la nature, c'est la nature qui se défend », « Nous sommes le vivant qui se défend », « Nous sommes les soulèvements de la terre », ses déclinaisons sur le thème de l'eau ainsi que « Ce qui repousse partout ne peut être dissout ».

Inédite dans les mouvements sociaux bien que fortement inspirée par le mouvement zapatiste, cette rhétorique n'est pas sans lien avec une école de pensée théorique issue de plusieurs anthropologues. Des figures telles que Philippe Descola, Anna Tsing ou encore Tim Ingold ont montré comment la société capitaliste a imposé une séparation hiérarchique entre Nature et Culture, plaçant la Culture comme supérieure à la Nature qu'il faut domestiquer, maîtriser et s'approprier.

Pourtant, cette façon de concevoir le lien Nature/Culture n'est pas propre à l'ensemble des sociétés humaines et est particulièrement destructrice pour les écosystèmes vivants. Si bien que la nécessité de revoir cette séparation est cruciale. En se revendiquant comme étant la Terre qui se soulève, les SdlT, matérialisent ce geste théorique. En effet, les humains incarnent l'ensemble de ce vivant qui se défend produisant alors des alliances terrestres et vivantes qui représentent des manières inédites de se mobiliser.

Une partition de stratégies de luttes diverses

Les SdlT élaborent aussi une panoplie de pratiques militantes qui reposent sur un postulat de base : la mobilisation doit modifier une situation.

Il ne s'agit plus de s'en tenir à des manifestations classiques, c'est-à-dire la traditionnelle marche d'un point A à un point B, mais de déployer des « manifestations impactantes » (ou manif'actions). Ces dernières peuvent prendre plusieurs formes : occupations, blocages, démantèlements, jeux. Toutes ces stratégies s'inspirent du « be water » ayant eu cours lors des manifestations à Hong Kong et des gilets jaunes c'est-à-dire le fait d'être imprévisibles, rapides et toujours en mouvement.

Par ailleurs, la répression violente de la manifestation de Sainte-Soline amène le collectif à réfléchir à ces tactiques. En effet, le changement d'échelle dû à la grande participation et la militarisation générale de l'état implique une réadaptation et peut-être de nouvelles formes encore plus imperceptibles de luttes.

Une ingéniosité nouvelle

Étant donné ces trois dimensions structurantes, les SdlT font preuve d'une ingéniosité qui induit un empouvoirement des luttes écologistes (cela étant d'ailleurs reconnu dans une note récente des renseignements français).

À la fois fédérateurs et décentralisés, donnant une place centrale aux territoires naturels et développant des stratégies de luttes diverses, les SdlT essaiment une multitude de soulèvements terrestres dont il deviendra difficile de suivre toutes les occurrences.

Du fait de ce devenir multiple, furtif et diffusé dans plusieurs lieux, les SdlT ont sûrement trouvé une nouvelle voie pour s'organiser contre « l'ordre républicain » tel que le nomme le philosophe du politique Jacques Rancière qui souligne la dépolitisation des enjeux de partage des ressources, la militarisation du maintien de l'ordre et le recours au passage en force législatif avec le 49.3.

Le mouvement offre ainsi un chemin porteur pour se réapproprier les territoires menacés de destruction et aussi pour inclure dans la lutte un ensemble composite de classes sociales (allant des classes populaires aux classes bourgeoises). Se faisant, il essaime une écologie radicale et sociale dont les futurs échos pourraient prendre une ampleur insoupçonnée.

Par Sophie Del Fa, Professeur information et communication, Université catholique de Louvain (UCLouvain)

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Sophie Del Fa

Sur le même sujet

Mehdi Houas

OPINION. « Une boussole pour le numérique dans un monde incertain »

Face aux ruptures technologiques et géopolitiques, l'Europe cherche sa voie numérique. Mehdi Houas propose une boussole stratégique : compétitivité, résilience et responsabilité.

Idées & Débats
Matthias Voelkel

OPINION. « La réglementation des cryptoactifs favorisera leur adoption »

La réglementation est un pilier fondamental de la confiance et de la sécurité dans les marchés de capitaux. Avec MiCAR (Markets in Crypto-Assets Regulation), l'Union européenne a introduit le premier cadre réglementaire global au monde pour les cryptoactifs.

Idées & Débats
Daniel Bensaid

OPINION. « Mercosur : le risque oublié d’une nouvelle vague de délocalisations »

Le débat français sur l’accord UE-Mercosur est aujourd’hui presque entièrement centré sur l’agriculture : concurrence sur le bœuf, la volaille, le sucre, l’éthanol, normes sanitaires, traçabilité, déforestation. Ces inquiétudes sont légitimes. Mais elles masquent peut-être un risque plus profond : celui d’une recomposition productive au détriment de l'Europe et particulièrement de la France.

Idées & Débats
Véronique Chabourine

OPINION. « L’après-Starmer : la prévisibilité à l’épreuve »

Le départ de Keir Starmer dépasse le seul cas britannique. Il met en lumière un enjeu plus large : la capacité d’un État à préserver une trajectoire stratégique suffisamment prévisible pour ses partenaires.

Idées & Débats
Étienne Borocco

OPINION. Marché de l’électricité : « La "démarchandisation" rétablit surtout un monopole »

Un tarif public pour l'électricité, la solution miracle ? Le "coût complet" est une construction complexe qui ne supprime pas les arbitrages ni les risques, mais les déplace vers l'État et le consommateur.

Idées & Débats
Alexis Chevalier

OPINION. « Pourquoi l’Europe doit suspendre la facturation électronique obligatoire »

Ce n’est pas la facture électronique qui est dangereuse. C’est son obligation généralisée, son intermédiation forcée et la remontée systématique de données économiques sensibles. Sous couvert de modernisation et de lutte contre la fraude à la TVA, la France et l’Europe installent une infrastructure de contrôle fiscal permanent dont les coûts, les risques cyber et les atteintes aux libertés économiques sont largement sous-estimés.

Idées & Débats
Charles Hadji

OPINION. « Saurons-nous échapper à la "notocratie" ? »

Bienvenue en "notocratie" , une société où le pouvoir repose sur la note. Ici, l'homme est réduit à son score.

Idées & Débats
Marine Collins Ragnet

OPINION. « La France découvre le coût de la souveraineté numérique, un prix que le Sud paie depuis longtemps »

L'intelligence artificielle n'a rien d'immatériel. Elle dévore eau, énergie et terres, exploitant même des vies humaines pour son fonctionnement. La France, nouvel eldorado des data centers, doit apprendre du Sud les vrais coûts de cette révolution.

Idées & Débats