Le doux poison de l'énergie, en apparence abondante et bon marché
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Selfee electricité levée de fonds
DR
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La consommation d'énergie primaire n'a eu de cesse d'augmenter depuis la première révolution industrielle. Et ce en dépit de la hausse des prix de l'énergie et de toutes les innovations en matière d'efficacité énergétique ! La consommation énergétique mondiale suit même une pente croissante spectaculaire depuis les années 1950, avec certes quelques épisodes ponctuels de repli, chocs pétroliers et crise sanitaire mondiale en tête.
À titre d'illustration : en 1960, la consommation mondiale d'énergie s'établissait à 41 814 TWh quand, en 2021, nous avons consommé l'équivalent de 176 431 TWh. Bref, en l'espace de 60 ans, nos besoins en énergie ont été multiplié par plus de 4. C'est vertigineux ! Et d'autant plus inquiétant que les énergies fossiles restent très largement dominantes avec, en 2021, le charbon, le pétrole et le gaz naturel pesant collectivement 77% de la consommation. Ce ratio était rigoureusement identique en 2000, preuve de notre dépendance aux énergies fossiles.
Bien évidemment, certains pays tels les États-Unis ou la Chine, en raison de l'importance de leur population ou de la densité de leur tissu industriel, sont de gros consommateurs en énergie. Mais, il reste délicat de désigner des responsables à cette augmentation, tant la fragmentation mondiale des chaînes de valeur a pour effet de délocaliser la production, et les besoins énergétiques associés, à l'autre bout du monde. Il est plus facile de faire refluer sa consommation énergétique (et de verdir son mix énergétique) quand on fait fabriquer l'essentiel de ses biens de consommation loin de ses frontières. Mais la responsabilité du donneur d'ordre, quoi qu'on en pense, demeure !
Inutile de s'attarder sur l'aspect écologique de ce problème : on connaît l'impact désastreux de ces énergies sur le climat et l'environnement. Il faut aussi comprendre que ces énergies sont en quantité limitée. Même si de nouveaux gisements sont découverts, ou que nous nous autorisons de nouvelles techniques extractives, le coût de production de ces énergies est inévitablement amené à augmenter. Ce qui, à demande constante, entrainera une hausse structurelle des prix. Or, nous constatons en ce moment-même combien une inflation énergétique (découlant du conflit russo-ukrainien) déstabilise nos économies, et impacte le pouvoir d'achat des plus précaires.