Entrepôts et surfaces commerciales : urgent d’attendre ou d’agir ?
Jérôme Le Grelle

Jérôme Le Grelle, directeur exécutif Retail de CBRE France
DR
Jérôme Le Grelle

Jérôme Le Grelle, directeur exécutif Retail de CBRE France
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Le Premier ministre vient d'annoncer qu'il donnera suite au moratoire voulu par la Convention citoyenne pour le climat sur la création de nouvelles surfaces commerciales en vue de mettre un coup d'arrêt à l'artificialisation des sols. Il a ordonné aux préfets d'utiliser dès à présent toutes les possibilités de recours à leur disposition contre les projets générant de tels impacts. Le Conseil National des Centres Commerciaux s'est immédiatement exprimé contre ces décisions, qu'il juge infondées et contraires à l'intérêt général.
Rappelons qu'une proposition de loi a déjà été déposée par un groupe parlementaire qui réclame un moratoire sur la création de nouveaux entrepôts logistiques. Il doit permettre de légiférer dans le sens d'une soumission des acteurs du e-commerce aux lois qui s'appliquent déjà au commerce.
Commençons par le moratoire sur la création de plateformes d'e-commerce.
Quant au moratoire sur la création de surfaces commerciales, sa motivation interpelle. S'il s'agit simplement de lutter contre l'artificialisation des sols, en quoi les surfaces commerciales doivent-elles faire l'objet d'un arrêt plus brutal que d'autres fonctions urbaines, bien plus consommatrices de sols ? Et pourquoi geler tous les projets quand les préfets ont déjà le pouvoir d'agir au cas par cas ?
On est donc fondé à voir dans ce projet de moratoire d'autres objectifs, d'ailleurs tout aussi vains.
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Faut-il rappeler à quel point la réglementation de l'urbanisme commercial est inopérante ? Le bilan de la loi Royer et de ses avatars successifs est pourtant facile à tirer. Une enquête journalistique récente est même venue montrer que les projets commerciaux de périphérie ont continué à se multiplier dans les agglomérations soutenues - comble du double langage - au titre du plan Action Cœur de Ville !
Ce sont souvent des conflits d'intérêt au sein des intercommunalités qui en sont la cause. Face à cela, nous parierions volontiers que les élus se battront demain pour attirer des entrepôts d'e-commerce sur leur territoire comme ils se sont battus hier pour faire venir des hypermarchés.
Si on sait ce qu'il ne faut pas faire, on sait aussi ce qu'il faut faire. Ces dernières années, L'État lui-même impulsé des démarches constructives telles qu'Action Cœur de Ville, malgré ses failles, ou "Repenser la périphérie commerciale". Une énergie considérable a été investie en études et réflexion collective, les solutions permettant de redynamiser le commerce et de restaurer des équilibres sont connues.
Elles passent par des projets d'investissement, de transformation, de digitalisation, de réaffectation des surfaces commerciales vers d'autres activités, de changement de format, de circuits courts. Des projets qui pour la plupart misent sur la proximité et la mixité des fonctions, sur l'insertion urbaine.
Tous les acteurs y sont prêts : enseignes, foncières, investisseurs, collectivités. Qu'est-ce qu'on attend ? Combien de temps encore permettra-t-on aux voix corporatistes et démagogues de polluer le débat et de paralyser l'action ?
Aux antipodes d'un plan coercitif, c'est un plan de refondation du commerce qu'il faut engager, dont les objectifs seraient les suivants :
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