L'art comme nouveau précepte de l'immobilier commercial et professionnel

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Emilie Vialle, fondatrice de Snapkey.
Emilie Vialle, fondatrice de Snapkey. (Crédits : DR)
OPINION. La crise sanitaire n’a pas épargné l’immobilier commercial et d’entreprise en France. Placée sous le signe de la résilience, l’heure de la réinvention du secteur a sonné, dessinant au passage de nouveaux paradigmes. Par Emilie Vialle, co-fondatrice de Snapkey.(*)

À mesure que l'usage des espaces change, l'immobilier doit s'adapter vite et bien. Alors que le télétravail se démocratise de plus en plus, la surface de bureau par employé risque de s'amoindrir. En parallèle, l'explosion du e-commerce révèle le besoin de mutualiser les baux commerciaux et de maximiser la zone de chalandise.

La solution : diminuer le coût de production du service par l'industrialisation des méthodes. Or, sur un marché où le réseau personnel et l'humain sont primordiaux, où tout exige du temps et de la main-d'œuvre, le digital constituerait un formidable levier d'optimisation des frais de commercialisation.

Mettre en relation l'offre et la demande, combler l'opacité des tarifs et des processus, gagner en visibilité sur les biens immobiliers et leur potentiel,... sont autant de vertus qu'apporterait le numérique. A cette transformation, le secteur est aujourd'hui prêt, décidé à ne plus faire figure de parent pauvre du digital. La pandémie a fait évoluer les mentalités et c'est une bonne nouvelle.

Pas de révolution immobilière sans révolution digitale

La crise a mis en lumière les limites du marché de l'immobilier, un marché qui, particulièrement en région, mérite de profiter de la digitalisation pour lutter contre la désertification commerciale et industrielle. Cette prise de conscience exige de chercher des solutions viables car il existe aujourd'hui un véritable enjeu quant à la pérennité des transactions immobilières.

Côté propriétaires, la priorité est aujourd'hui à la connaissance du marché et la reprise du pouvoir sur la transaction. Leur problématique : trouver le bon preneur, celui qui leur assurera une stabilité économique à long terme. Pour les preneurs et acquéreurs, un bien ne se résume plus à des mètres carrés. Il faut envisager l'occupation sous différents angles : l'état, la consommation d'énergie, le niveau de charges, ou encore l'évolution du quartier, de la ville, du tissu d'entreprises, des commerces à proximité...

Pour répondre à ces enjeux, il s'agit donc d'apporter plus de souplesse pour les acquéreurs et plus d'assurance pour les propriétaires. Pour évoluer, l'industrie du brokerage (courtage, Ndlr) en immobilier professionnel doit favoriser l'autonomisation du propriétaire et de l'acquéreur, et se concentrer sur les tâches à forte valeur ajoutée, comme le service, le conseil et la négociation. Effectuer des transactions plus pertinentes nécessite plus que jamais un accompagnement optimal.

S'inspirer du secteur culturel et du marché de l'art

De quel modèle de résilience numérique l'immobilier professionnel peut-il s'inspirer ? On pourrait s'en étonner mais, en la matière, c'est bel et bien le domaine de l'Art qui tire son épingle du jeu. Comme l'immobilier, il s'affirme comme une valeur refuge et a su s'adapter à la conjoncture actuelle en misant sur la digitalisation et les opportunités qui en découlent.

Durant le confinement, les musées fermés ont déployé des efforts remarquables pour maintenir le lien avec les publics en leur offrant des outils numériques pertinents : podcasts, expositions virtuelles, appropriation créative par le public,... Encore aujourd'hui, les institutions artistiques se démènent pour maintenir et amplifier le phénomène d'engouement, favoriser la médiation hors des murs, aller chercher les publics et encourager la démocratisation des arts via des actions ludiques et créatives.

A la clé : une augmentation spectaculaire de la fréquentation en ligne ainsi qu'une dynamique de co-création faisant du numérique une véritable interface qui donne du pouvoir aux utilisateurs. Alors comment faire en sorte que l'innovation numérique soit intrinsèquement au service de l'utilisateur, et toujours complémentaire d'une médiation humaine adaptée à chaque projet ? C'est précisément l'ambition que doit se fixer la révolution digitale de l'immobilier professionnel.

Le digital doit permettre de valoriser un bien comme on valorise une œuvre, de relayer du contenu de qualité et d'offrir une meilleure accessibilité sur l'ensemble du territoire. Utilisé judicieusement, avec un rapport humain constant, il constitue un formidable atout stratégique pour l'avenir du secteur.

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(*) Snapkey se présente comme "une place de marché immobilière, nouvelle génération, qui révolutionne l'expérience de location et de commercialisation en immobilier professionnel - bureaux, locaux commerciaux, entrepôts, locaux d'activités et terrains".

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Commentaires
a écrit le 16/06/2020 à 20:22 :
Est ce que la virtualité commerciale est un nouveau moyen de discriminer et contrôler ?

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