Finance et Bourses : toujours plus et toujours plus haut !

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(Crédits : DR)
La Réserve Fédérale entame un cycle de hausse de ses taux d'intérêt ? La Banque Centrale Européenne et la Banque du Japon sont-elles sur le point - à leur tour - d'annoncer très prochainement la fin de leur création monétaire ? Qu'à cela ne tienne, car il ne sera pas dit que l'euphorie des marchés financiers et que les flambées boursières irrationnelles auront dit leur dernier mot. Les baisses de taux quantitatives (QE) sont-elles mortes ? Eh bien : longue vie aux nouvelles baisses de taux quantitatives que sont les rachats par les sociétés cotées de leurs propres titres ! Par Michel Santi, économiste*

Que les esprits chagrins et autres détracteurs des banques centrales modèrent effectivement leurs propos, car ce n'est, de loin, pas tant les mesures hétérodoxes prises par les banques centrales dès 2008 pour ressusciter nos économies qui sont à l'origine des records réguliers pulvérisés par les bourses que les manipulations boursières à grande envergure. C'est ainsi pas moins de 3.500 milliards de dollars qui ont été dépensés depuis 2010 par les entreprises américaines pour racheter en bourse leurs actions. En y rajoutant 2.000 milliards consentis à leurs actionnaires en guise de dividendes, ces 5.500 milliards de dollars sortis par les sociétés cotées américaines dépassent l'ensemble des programmes de baisses de taux quantitatives de la Fed !! La forte correction boursière subie en ce mois de février fut, à cet égard, une opportunité formidable ayant provoqué une ruée supplémentaire vers les propres rachats d'actions à des prix escomptés. Le service des rachats ("buy backs") de Goldman Sachs connut en effet sa meilleure semaine au moment même où les bourses décrochaient le plus violemment : signe que le malheur des spéculateurs fait le bonheur - et la fortune - d'entreprises saisissant l'occasion d'acheter leurs propres titres à des cours plus favorables.

À cet égard, il y a fort à parier que les réductions d'impôts substantielles décrétées par l'administration Trump n'offrent une manne supplémentaire qui sera recyclée dans ces rachats d'action en lieu et place d'autoriser des investissements de la part de ces entreprises dans l'économie productive et dans la recherche. C'est simple : les 500 sociétés figurant à l'indice S&P ont dépensé 170 milliards en rachats de leurs propres actions depuis décembre dernier, par exemple Cisco qui a annoncé encore la semaine dernière son intention d'utiliser 25 milliards (soit environ 14% de sa capitalisation boursière) sur ses 70 milliards de réserves afin d'acheter en bourse ses propres titres.

Que les investisseurs et que les spéculateurs ne cèdent donc pas à la panique, car - envers et contre l'interruption des programmes QE des banques centrales et en dépit de certaines pressions inflationnistes - les flambées boursières ont encore de beaux jours. Grâce aux manipulations de l'ingénierie financière jamais à court d'imagination.

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(*) Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur Général d'Art Trading & Finance.

Il est également l'auteur de : "Splendeurs et misères du libéralisme", "Capitalism without conscience", "L'Europe, chroniques d'un fiasco économique et politique", "Misère et opulence". Son dernier ouvrage : «Pour un capitalisme entre adultes consentants», préface de Philippe Bilger.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2018 à 13:59 :
Voilà encore une belle leçon d'économie, merci.

La bourse cette vaste escroquerie généralisée hein...

"Pour relancer l’économie: Et si on fermait la Bourse..." https://www.monde-diplomatique.fr/2010/02/LORDON/18789 (gratuit, passionnant et faisant hurler les prêtres néolibéraux, donc ne pas se priver du plaisir de lire.)

Chiche ? Ben non pas possible puisque nos politiciens lui appartiennent à la bourse, dommage vraiment.

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