Il faut en finir avec le choix implicite du chômage

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(Crédits : DR)
L'examen des perspectives d'embauche à moyen terme montre que les perspectives d'emplois traditionnelles ne répondent plus aux besoins. Or le code du travail freine les innovations dans ce domaine. Par Christian Person, PDG du groupe Umalis

Jean Pisani-Ferry, commissaire général de France Stratégie, a remis récemment à François Rebsamen, Ministre du Travail, le rapport final Les métiers en 2022, réalisé en partenariat avec la Dares.

Il démontre que les métiers de l'informatique ne sont plus en tension et devraient bénéficier de nombreuses créations d'emplois, portées par le développement des nouvelles technologies et les efforts en matière de R&D.

 Perspectives favorables dans l'informatique

Le nombre d'emplois dans le domaine de l'informatique devrait progresser au cours des dix prochaines années, à un rythme bien supérieur à celui de l'ensemble des métiers (+ 1,8 %). Ainsi, rappelle le rapport, les techniciens et surtout les ingénieurs de l'informatique devraient continuer à bénéficier de perspectives d'emploi favorables (respectivement + 1,1 % et + 2,3 % de créations nettes par an), compte tenu des besoins toujours croissants en fonctions d'expertise. Quant à lui, l'emploi des employés et opérateurs de l'informatique devrait rester stable.

Il est particulièrement enthousiasmant de constater que ce sont 191.000 postes qui seraient ainsi à pourvoir à l'horizon 2022. Les nouvelles formes d'emploi comme le portage salarial sur le marché de l'emploi informatique qui se portent bien devraient donc continuer à se développer.

Les formes d'emplois traditionnelles ne répondent plus aux besoins

Pourtant, dans ce contexte économique exigeant, les formes d'emploi traditionnelles ne suffisent plus à répondre aux besoins des acteurs économiques. C'est d'ailleurs en partie le signe, il faut le reconnaitre, que certaines entreprises peinent à recruter les compétences les plus pointues, toujours plus disputées entre les acteurs du marché qui rivalisent d'imagination pour se les arracher.

Cette tendance au développement des nouvelles formes d'emploi dans l'informatique s'explique aussi par une distorsion encore trop grande entre l'offre des formations et les besoins des entreprises.

La recherche d'ingénieurs très spécialisés

Les profils les plus recherchés aujourd'hui par les entreprises sont essentiellement des ingénieurs bac + 5, mais surtout des ingénieurs très spécialisés.

Trois secteurs en plein essor avec une très forte demande : le secteur de la mobilité, la cybersécurité et enfin, la data. Le succès du portage salarial dans l'emploi informatique va bien au-delà de la performance économique, il reflète l'évolution de notre société et de son organisation. Malgré ce qu'entendent quotidiennement les Français sur la crise, qu'ils soient rassurés, il y a du travail, il suffit que l'administration ne s'oppose pas à son organisation.

 Un code du travail inadapté

Je regrette que le droit du travail n'intéresse que peu les Français parce que je suis convaincu qu'il est au cœur des maux de notre société. Pourquoi ? Parce que le droit du travail n'arrive pas pour le moment à répondre aux exigences de flexibilité afin de lutter contre le chômage. Voilà ce contre quoi je m'insurge en tant qu'entrepreneur engagé.

Ainsi, dans un récent arrêt du 4 février 2015, la Cour de Cassation est allé jusqu'à considérer que l'entreprise de portage salarial avait obligation de fournir du travail au salarié porté sous peine de lui devoir les salaires non-perçus suite à son licenciement ce qui est apparu aux yeux de tous les commentateurs du marché de l'emploi au mieux comme une incongruité, au pire comme une flagrante incohérence.

On le voit avec cet exemple, alors que le code du travail autorise la pluriactivité et que les discours politiques ne cessent d'inciter les Français à entreprendre, rien n'est aujourd'hui vraiment mis en œuvre en pratique pour simplifier la vie du Français qui a plusieurs vies, ingénieur en informatique la journée, professeur l'après midi, coach le soir.

Soutenir le démarrage d'une activité indépendante

Nous envisageons aujourd'hui de fournir du travail à temps plein par une application mobile à de nombreux français en leur offrant de nombreuses missions. Nous savons aujourd'hui en portage salarial remédier à une période de chômage et soutenir un démarrage d'activité indépendante mieux qu'aucune autre nouvelle forme d'emploi. L'administration nous en empêche. Le contrat de travail n'est pas assez simple. Le droit du travail n'est pas assez souple. Les jurisprudences sont insécurisantes.

Pour paraphraser Multatuli qui disait « Qui n'est jamais tombé n'a pas une juste idée de l'effort à faire pour se tenir debout », je dirais Qui n'a jamais affronté le Code du travail n'a pas une juste idée de l'effort à faire pour entreprendre. Remettons l'imagination au coeur du code du travail. Il en est de l'intérêt des Français.

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Commentaires
a écrit le 17/05/2015 à 20:58 :
Ridicule que la société 2iportage.com vienne faire de la publicité à travers les commentaires !
a écrit le 14/05/2015 à 18:51 :
Bonjour,

Que l'on soit attaché aux acquis sociaux ou plus libéral concernant le droit du travail, force est de constater que le CDI ne représente plus aujourd'hui la majorité des embauches. Aussi quelle sécurité offre aujourd'hui un CDI par rapport à des activités fragiles ?
Pour ma part, suite à un licenciement je me suis tourné assez rapidement vers le portage salarial qui m'a permis de pouvoir travailler en période de chômage et de rester ainsi proche de mon métier, du monde du travail et d'une posture professionnelle.

Cette solution est encore mal connue je trouve, je vous propose un article pour découvrir de façon simple, mais complète le fonctionnement du portage salarial, vos droits et vos avantages : http://www.2iportage.com/2iportage-definition-du-portage-salarial

Je gère aujourd'hui mon activité en toute indépendance, tout en restant salarié. C'était l'objectif de mon projet professionnel.
Cordialement,
Bernard
a écrit le 13/05/2015 à 21:48 :
Je partage entièrement l'avis de l'auteur de cette tribune, il faut arrêter de se voiler la face
a écrit le 13/05/2015 à 17:38 :
Le mot "crise" me fait sourire. Sur la Côte Azur vous savez c'est du passé.
Le secteur immobilier par exemple se porte à merveille ici.
Idem pour les ventes de voitures récentes...
On voit aussi se créer de nouveaux hôtels...
a écrit le 13/05/2015 à 17:36 :
quel serait le salaire idéal qui vous conviendrait pour votre emploi ?
lorsque l'on verse un salaire à un employé, c'est en réaliste le double de la somme que l'employeur va avoir à payer.
a écrit le 13/05/2015 à 17:34 :
diminuer le temps de travail et de partager le temps qu’il reste entre tous.
Vous ne seriez pas adhérent à la CGT pour venir écrire cela ?
Le flop des 35 heures ne vous a pas suffit on dirait.
Soi-disant en travaillant moins, on allait créer des emplois prétendait ce syndicat.
Nous avons tous vu le résultat.
a écrit le 13/05/2015 à 16:18 :
Bravo, très bonne tribune de ce PDG engagé. Enfin un patron qui dit la vérité, cela fait du bien à lire, d'autant que c'est très bien rédigé. Je suis heureux de voir cet entrepreneur nous représenter. Il est présent partout ces derniers temps dans les médias, c'est un vrai souffle d'air frais pour nous entrepreneurs confrontés aux temps difficiles. Enfin un discours connecté à ma réalité !
a écrit le 13/05/2015 à 15:23 :
La flexibilité permet de lutter contre le chômage ? La bonne blague. Non, la seule façon de lutter contre le chômage, c’est de diminuer le temps de travail et de partager le temps qu’il reste entre tous. Nous produisons déjà trop, et bien trop de choses inutiles qui ne font que contribuer à la destruction de l’environnement.
Produisons moins de daubes, faisons des efforts sur les besoins réellement importants (à tout hasard, l’agriculture, qui aujourd’hui est quantitative mais détruit les sols et notre santé, alors qu’elle devrait être qualitative, avec de petites exploitations en polyculture, au minimum en bio).

Bref, notre auteur est à côté de la plaque, tout à sa verve néo-libérale, où le salarié ne doit que servir les intérêts des possédants qui se nomment eux-même les « entrepreneurs » .
a écrit le 13/05/2015 à 15:19 :
Notre auteur est un sacré comique. C’est sûr qu’avec plus de 10% de chômage (officiel !), il y a du travail pour tous.
En quoi le code du travail est-il un problème dans ce qu’il évoque ? Il dit seulement que les entreprises peinent à trouver les bons profils. Pas étonnant, quand on sait qu’elles proposent des salaires minables. Les personnes compétentes sont partis ailleurs depuis bien longtemps. Le patronat français étant l’un des plus archaïque, aucun salarié n’ayant le choix ne veut se faire exploiter par lui.

Mais, au final, tout son blabla sans queue ni tête ne sert qu’à déplorer que le cadre législatif, en France, ne lui permet pas assez bien de vendre son application exploitant la misère des travailleurs obligés de se vendre à plusieurs maîtres pour avoir de quoi subsister. Et entre deux « missions » ? Et bien, celui-ci n’a qu’à aller à la soupe populaire payée avec les impôts honnis.

Le véritable choix du chômage est fait par le système capitaliste lui-même. Nous produisons de plus en plus avec de moins en moins de personnes. Alors forcément…

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