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Italie: la réélection de Sergio Mattarella rassure l'Europe

Emmanuel Dupuy et Edoardo Secchi

Publié le 02 février 2022 à 10:18 - Mis à jour le 02 février 2022 à 10:50

Sergio Mattarella

Le président italien Sergio Mattarella s'exprime après avoir été réélu pour un second mandat, le 29 janvier.

Reuters

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Photo d'illustration de l'article
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OPINION. La réélection du Président de la République en Italie joue un rôle crucial dans la poursuite du travail déjà réalisé par Sergio Mattarella, mais aussi par Mario Draghi. Cette continuité permettra d'assurer la stabilité nécessaire au pays pour sortir de la pandémie et relancer l'économie. Par Emmanuel Dupuy, président de l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) et Edoardo Secchi, Président fondateur d'Italy-France Group et fondateur du Club Italie-France.

Les plus avisés le savaient déjà. Comment disaient les romains « Tertium non datur », autrement dit, il n'existe pas de troisième solution. Il fallait soutenir le président sortant et garder Mario Draghi à la présidence du conseil pour éviter le naufrage politique et économique. Sauf qu'au lieu de travailler en concertation afin de soutenir de nouveau la réélection du président sortant, la coalition de centre-droit et le mouvement 5 étoiles se sont livrés à un règlement de comptes interne pour prendre le leadership et essayer d'affaiblir l'influence de Mario Draghi.

Nous avons assisté à une véritable farce électorale qui a donné une image triste mais réaliste du niveau politique actuel et d'un système de partitocratie où le manque de leaders capables de gouverner déstabilise le pays tout entier tant sur sa capacité à sortir de la crise que sur sa diplomatie internationale.

Résultat : Après six jours, huit votes nuls et de candidatures improbables et irrecevables, ils sont tous revenus demander à Sergio Mattarella de rester.

Échec de la coalition de centre-droite

La Ligue de Matteo Salvini est allée droit au mur. Totalement désynchronisé et dépourvu de stratégie, depuis que son parti est au gouvernement, Matteo Salvini a toujours mené un double jeu : un soutien pro gouvernement Draghi d'une part et un soutien aux manifestations contre le gouvernement et contre le pass sanitaire d'autre part. En outre, cette élection a représenté un énième échec de sa politique, sans vision ni stratégie. Obsédé par la recherche d'un consensus à tout prix, il s'est obstiné à proposer des candidats de droite pour lesquels personne parmi les grands électeurs n'aurait voté, puis il a même essayé de déstabiliser Draghi alors que son allié au sein du parti Giancarlo Giorgetti était prêt à le soutenir. À la fin, le voilà sur le char de vainqueurs, ravi de donner continuité et stabilité à la même équipe qu'il a essayé de faire échouer.

Forza Italia, le parti de Berlusconi, est également au terminus. Il n'a pas digéré que sa candidature à la présidence ait été bloquée par la Ligue et une partie de ses alliés du même parti. Cette défaite représente par ailleurs sa chute définitive et celle de son parti « ad personam »

La seule gagnante de la coalition de centre-droite a été incontestablement Giorgia Meloni. Elle, qui a été utilisée à plusieurs reprises par Forza Italia, puis par son ex-allié Matteo Salvini, a pris sa revanche en donnant une leçon de cohérence à ce dernier : la Ligue, qui a tout fait pour saboter la réélection de Sergio Mattarella et la continuité de Mario Draghi, a voté par la suite en sa faveur.

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Le Mouvement 5 étoiles est réduit en catimini. Il a perdu presque 60% de son électorat, et il essaye d'exister à travers la coalition du gouvernement. Le parti populiste par excellence, contre le système, contre la finance, contre la mondialisation, contre tout, se retrouve dans le système en trahissant son électorat. Les deux leaders du mouvement M5S, Luigi Di Maio et Antonio Conte se sont livrés à une guerre sans merci pour reprendre la tête du mouvement.

Une réélection saluée par la France

La réélection de Sergio Mattarella a été saluée par Emmanuel Macron. Les deux Présidents ont une grande estime l'un pour l'autre. Rappelons que Sergio Mattarella a joué un rôle fondamental dans la réconciliation entre Paris et Rome après la polémique avec le M5S, alors au pouvoir. Puis, les deux Présidents ont œuvré ensemble à l'élaboration du traité du Quirinal, signé le 26 novembre dernier. Par la suite, la présence de Mario Draghi à la tête du gouvernement italien a représenté le meilleur allié pour la France qui aujourd'hui assure la présidence de l'Union européenne.

Les deux pays ont montré leur convergence sur les dossiers stratégiques comme la réforme du pacte de stabilité et le plan défense européenne. Malgré quelques avancées méritoires à travers les traités de Maastricht, en 1992 et d'Amsterdam, en 1997, et une « Stratégie européenne de sécurité », restée sans réel lendemain depuis 2003, cela reste des chantiers prioritaires. Comme 77% des Européens, les Français et les Italiens restent profondément convaincus de la nécessité d'œuvrer à davantage de responsabilité décisionnelle, de cohérence budgétaire, d'efficacité opérationnelle et de rapidité de déploiement des moyens militaires considérables dont disposent les États européens.

Emmanuel Dupuy et Edoardo Secchi

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