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L'assurance bashing n'est pas une solution

Jean-Philippe Dogneton

Publié le 08 décembre 2023 à 07:59

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OPINION. Changement climatique, catastrophes naturelles, troubles à l'ordre public, et même punaises de lit, ces derniers temps, l'assurance est prise à partie sans d'ailleurs que des éléments précis lui soient en réalité opposés. En l'occurrence, la répétition ne vaut pas pédagogie et traduit en réalité toute la difficulté de la société actuelle à affronter le réel et la tentation d'en reporter les responsabilités. Par Jean-Philippe Dogneton, Directeur général de la Macif

Inutile de revenir sur le fait que, depuis des siècles, sans assurance, les sociétés et l'activité́ seraient dans l'incapacité́ de prendre et d'assumer les risques indispensables au développement, à l'innovation, à la croissance et aujourd'hui à la transition écologique.

Progressivement, et sous l'influence souvent de l'Économie sociale et solidaire et des mutuelles, l'assurance a su développer des moyens de protection et de soutien à destination des personnes les plus fragiles, victimes, entre autres, des accidents de la vie sous toutes les formes. Alors, dans une période où toutes les forces sont mobilisées pour répondre aux urgences, que les assureurs sont sur le terrain et qu'une mutuelle comme la Macif est  engagée chaque jour au service de ses sociétaires, il est important de rappeler nos raisons d'agir.

Il est désormais évident que l'évolution du climat va bouleverser nos équilibres et créer de nouvelles fragilités dans la société.

Les assureurs qui ont fait le constat, ont alerté de longue date et parfois à leur détriment en poussant les autorités à réguler par exemple les constructions en tenant compte des expositions.

Ils ont été́ force de propositions, peut être insuffisamment mais ont toujours pris parti en faveur du régime d'indemnisation des catastrophes naturelles pour garantir la meilleure solidarité́ et la plus grande mutualisation possible sur certains périls, dont les inondations.

Schéma unique en Europe et dans le monde, le régime catastrophe naturelle est un instrument protecteur pour nos concitoyens dans la mesure où il permet l'indemnisation là où les autres pays et leurs assureurs n'interviennent plus, ou très partiellement. Encore faut-il le dire et l'affirmer et surtout veiller aux grands équilibres dans le temps. Il est hélas trop souvent de bon ton de s'en prendre au modèle, n'obéissons pas à cette tentation et revenons aux véritables enjeux.

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Parce qu'extrêmement concurrentiel et peu concentré, le modèle assurantiel français est le plus redistributif d'Europe. En clair, les primes moyennes d'assurance dans l'hexagone sont les plus basses d'Europe pour les garanties les plus couvrantes. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder le ratio sinistre à primes qui est plus élevé́ chez les assureurs en France que chez nos partenaires pendant que, dans le même temps, la cotisation moyenne mensuelle est la plus faible.

Derrière ces chiffres, ce sont des réalités bien concrètes qui traduisent une intervention tangible pour nos concitoyens. Ce sont 10,5 milliards d'euros qui ont été pris en charge par les assureurs en 2022 à l'occasion des événements climatiques et catastrophes naturelles et 1,3 milliard d'euros pour les seules tempêtes 2023.

Revenons à la nécessaire pédagogie de la valeur du risque

L'une des vocations première de l'assureur est de participer à la régulation économique et favoriser ainsi les bonnes pratiques et une maitrise des coûts au profit du pouvoir d'achat. C'est un exercice pour lequel l'assureur est rompu par sa connaissance du terrain et sa capacité́ de négociation. L'assureur a en outre une capacité́ éprouvée pour constituer ou aider à constituer de nouvelles filières comme dans la pièce de réemploi.

Encore faut-il qu'il ait cette capacité́ d'action décisive.

Or, qu'il s'agisse de pièces détachées automobiles sur lesquelles s'exerce un monopole infondé́ des constructeurs (+9% en 2022), de la standardisation des offres  en santé ou de la liberté́ de choix du réparateur sans contrepartie, l'assureur est placé dans l'incapacité́ d'exercer ce rôle fondamental à l'économie.

Revenons aux fondamentaux en libérant une capacité́ d'action en faveur des consommateurs

Dans la précipitation, l'assurance devient le fourre-tout d'une carence d'idées ou des mauvaises idées. Sans considération des engagements, il est suggéré́ tantôt d'intégrer les punaises de lit en inclusion du contrat habitation ou plus souvent d'intervenir dans des situations sans lien avec l'assurance. Revenons à une réelle culture de l'aléa.

L'économie de l'assurance est en surchauffe. Les catastrophes s'enchaînent pour des coûts exorbitants et les assureurs répondent présents. Et pourtant, ils n'ont plus le bénéfice du partage de sort avec les réassureurs car ces derniers ont décidé́ de bouleverser les grands équilibres, mettant un coin sévère sur l'avenir de l'industrie de l'assurance.

La réassurance n'est pas étrangère aux conditions d'assurabilité générale et à la protection de nos concitoyens.

Revenons à une répartition des risques et des engagements plus équilibrée

L'engagement d'un assureur comme la Macif est permanent, en proximité des victimes et des sociétaires avec des mécanismes de solidarité actifs car, à n'en pas douter, l'assurance c'est la vie.

Alors, si beaucoup reste à faire, si les assureurs eux-mêmes doivent être source de propositions, si leur engagement doit être toujours plus exemplaire, ils constituent assurément une réponse aux enjeux actuels et de demain et en aucune manière un problème.

Jean-Philippe Dogneton

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