L'Europe a besoin d'une France engagée, réformée et optimiste

 |   |  680  mots
(Crédits : DR)
L'Europe joue sa survie, et la France doit l'aider à se réconcilier avec les peuples. Par Karien van Gennip, ING Bank France

Paix, prospérité, solidarité. Le triptyque de notre projet européen est aujourd'hui battu en brèche par les crises que nous traversons. Où est la paix face à la menace terroriste ? Où est la prospérité quand le chômage touche un jeune sur cinq dans les pays de l'Union ? Où est la solidarité quand les Etats divergent sur l'accueil des migrants et que nos voisins anglais font le choix de partir ?

 L'Europe joue sa survie

L'Europe ne vit pas aujourd'hui une énième crise, mais elle joue sa survie. La question est simple : la refondation ou la disparition. Le premier symptôme de cette crise profonde est le décrochage historique des peuples à l'égard du projet européen. Il n'est pas le fruit des seuls mouvements populistes qui, au fond, ont toujours eu une dent contre l'Europe. Non, le mal est aujourd'hui profond et traverse toutes les couches de nos sociétés. Et disons-le, même les plus convaincus des pro-européens ne peuvent plus se satisfaire de l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui.

 Alors que faisons-nous ? Paradoxalement, après le choc du Brexit, le Royaume Uni connaît aujourd'hui un regain de vigueur. Parce qu'au pied du mur, le pays doit analyser froidement ses forces et ses faiblesses et s'engager avec volontarisme sur la voix des réformes. Devons-nous attendre d'abandonner le vaisseau européen pour vivre cet ultime sursaut pour nos pays ? Je ne le crois pas.

 Réconcilier l'Europe et ses peuples

En tant que membre du gouvernement néerlandais, et malgré tous nos efforts, j'avais déjà vécu en 2005 la victoire du « non » à la constitution européenne dans mon pays quelques jours seulement après le « non » français. C'était il y a 11 ans maintenant. Ma conviction est que nous n'avons pas collectivement tiré les conclusions de ces votes. Nous n'avons pas, suite à ce choc, poser les bases d'une réconciliation entre l'Europe et ses peuples. Nous n'avons pas pris conscience assez vite que c'est l'avenir de nos jeunes que nous compromettions. Maintenant, il nous faut agir vite.

 D'abord nous devons nous rappeler sans cesse le socle de nos valeurs communes. Elles nous paraissent si évidentes que nous ne les remarquons plus. Mais pour celui qui voyage, l'Europe reste aujourd'hui un espace unique de liberté, de respect de la diversité et de recherche d'égalité. Nous défendons collectivement l'idée que l'éducation, la santé, la protection sociale sont des droits que nous devons offrir sans compter au plus grand monde.

Nous avons le sens de la solidarité.

Dès que nous sortons de l'Europe, nous voyons aussi que face aux défis qui sont devant nous

- la compétition économique mondiale, la transition énergétique, la sécurité, la stabilité géopolitique ou la crise migratoire - chaque État n'apporte aucune réponse individuelle efficace. Nous ne pouvons compter qu'ensemble. Et c'est justement sur ces problématiques fondamentales que l'Europe peut démontrer sa capacité à avancer, à apporter des solutions à ses citoyens.

 Un rôle à jouer pour la France

La France a un rôle à jouer dans ce renouveau européen. Face à une Allemagne solide et puissante, l'Europe a également besoin d'une France tout aussi solide et puissante, qui croit en elle et qui va de l'avant. En tant qu'étrangère vivant en France, et en tant qu'européenne convaincue, j'ai envie de dire aux Français que l'Europe a plus que jamais besoin de la

France, d'une France lucide, unie et optimiste, d'une France résolument engagée et réformée.

Les Français seront les premiers acteurs de cet élan. Il leur appartient de s'informer, de discuter, de critiquer et de s'emparer de l'Europe pour la faire vivre. Dans les écoles, les familles, les entreprises, les médias... c'est de cette émulation que les idées et les engagements naitront. La refondation de l'Europe sera faite par tous ses citoyens, tous autant qu'ils sont, d'où qu'ils viennent. Nous partageons une histoire et des valeurs.

Relançons l'Europe en osant le débat et construisons l'avenir ensemble.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/12/2016 à 10:07 :
"En tant que membre du gouvernement néerlandais, et malgré tous nos efforts, j'avais déjà vécu en 2005 la victoire du « non » à la constitution européenne dans mon pays quelques jours seulement après le « non » français. C'était il y a 11 ans maintenant. Ma conviction est que nous n'avons pas collectivement tiré les conclusions de ces votes. Nous n'avons pas, suite à ce choc, poser les bases d'une réconciliation entre l'Europe et ses peuples. Nous n'avons pas pris conscience assez vite que c'est l'avenir de nos jeunes que nous compromettions."

Le bilan est particulièrement juste mais hélas madame, malgré toute votre bonne volonté et malgré de belles vérités que vous affirmez, l'europe n'a pas du tout su prendre la mesure de ces votes, l'europe a même fait l'inverse elle a imposé aux peuples européens ce qu'ils ne voulaient pas.

Une cassure ça se répare, pas une amputation.
a écrit le 30/11/2016 à 20:39 :
Si cette dame n'a rien de plus à proposer ...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :