La finance islamique, victime collatérale du terrorisme

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(Crédits : Soe Zeya Tun)
Une étude souligne les biais cognitifs chez les investisseurs américains qui se détournent des produits de la finance islamique en période d’attentats. Par Imane El Ouadghiri, Pôle Léonard de Vinci – UGEI et Jonathan Peillex, Pôle Léonard de Vinci – UGEI

Les principes qui régissent la finance dite « islamique » autorisent l'acquisition de titres de propriété lorsque les sociétés qui les ont émis respectent un certain nombre de critères fondés sur la charia : faible endettement et ne pas évoluer dans un secteur jugé illicite comme l'alcool, les casinos, l'industrie porcine, la pornographie ou encore le tabac. Il n'existe donc, a priori, aucun lien, qu'il soit direct ou indirect entre la finance islamique et le terrorisme.

Pourtant, les attentats commis au « nom de l'islam » au cours des deux dernières décennies ont conduit une partie de la sphère médiatique américaine à réaliser des associations abusives entre islam et terrorisme (Sultan, 2016), mais également entre terrorisme et finance islamique (Ali et Syed, 2010).

Récemment, à la suite des attaques de San Bernardino en 2015 et d'Orlando en 2016, le président américain Donald Trump signa le « Muslim ban ». Dans son premier discoursdevant le Congrès, en 2017, il fit une analogie politisée et très certainement maladroite entre islam et terrorisme en déclarant : « notre obligation est de servir, protéger et défendre les citoyens des États-Unis. Nous prenons également des mesures pour protéger notre nation du terrorisme islamique radical ». Ce type d'association pourrait conduire une partie des citoyens américains à soupçonner tout ce qui est en lien avec l'islam, y compris la finance dite « islamique ».

La finance islamique souffre du terrorisme

Dans le cadre de notre travail de recherche publié dans le Journal of Comparative Economics, nous avons cherché à mesurer l'impact de la persistance d'amalgames sur l'évolution de la finance islamique. Nous avons ainsi estimé les effets de l'attention du public et des médias américains pour le terrorisme « islamiste » sur les rentabilités hebdomadaires d'indices « islamiques » et conventionnels de 2004 à 2017.

Il en ressort que l'attention des investisseurs américains au terrorisme « islamiste » affectent négativement les rentabilités des indices boursiers islamiques commercialisés par le Dow Jones et le FTSE. Ainsi, lorsque l'attention des investisseurs à ce phénomène est élevée, ces derniers sont conduits à sanctionner les titres financiers conformes à la charia en s'en séparant. En revanche, elle n'exerce aucun lien significatif sur celles des indices conventionnels. Par ailleurs, nous observons que les attentats qui ont attiré le plus l'attention du public et des médias exercent un effet encore plus négatif sur les produits financiers islamiques que ceux qui ont engendré le plus de victimes.

Biais cognitifs

Ces résultats supportent alors l'idée que les investisseurs américains associent mentalement deux phénomènes qualifiés, très certainement à tort, d'islamique ou d'islamiste : la finance « islamique » et le terrorisme « islamiste ». Les chercheurs en finance comportementale avaient déjà mis en avant l'importance de la psychologie des investisseurs en démontrant l'existence d'un « effet soleil », un « effet lundi »« Super Bowl »« Coupe du monde », ou encore « fête religieuse » sur leurs décisions financières. Il ressort de ce nouveau travail de recherche que les investisseurs souffrent également de biais cognitifs et émotionnels lorsque leur attention pour le terrorisme « islamiste » s'intensifie.

Ainsi, les fournisseurs de produits financiers islamiques auraient intérêt à poursuivre leurs efforts pour mieux expliquer les raisons d'être de leurs produits afin de mettre un point final aux clichés totalement injustifiés qui pèsent sur cette déclinaison de finance responsable.

The Conversation ________

 Par Imane El Ouadghiri, Professeur de finance, Pôle Léonard de Vinci - UGEI et  Jonathan PeillexProfesseur de finance, Pôle Léonard de Vinci - UGEI

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

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Commentaires
a écrit le 15/12/2018 à 11:39 :
Cette étude est une théorie.

Argument 1( de poids)

L’attitude cognitive vient des bribes de la mémorisation antérieure du corps.
Donc ça contredit la thèse de cette étude à la «  base »

Argument 2

Les touristes et les dirigeants de l’Arabie toute confondue ont des attitudes qui contredisent «  les soit disant principes de la finance islamique »

Finance islamique ( un leurre à mon sens)

La «  balle » est dans le «  camp de l’auteur » de cet article...

Merci pour votre réponse d’avance, car il ne suffit pas d’écrire une opinion , il faut aussi défendre votre position et le justifier.
a écrit le 13/12/2018 à 11:04 :
Le terme était ridicule, finance islamiste n'avait aucune raison d'exister comme terme du moins, sinon il faut une finance catholique, une protestante, une bouddhiste et une juive, à savoir tout simplement grotesque.

A partir du moment où on ajoute ce terme religieux on ne peut que lui associer la plupart des phénomènes de cette religion, c'est logique, vous n'arriverez pas à dévier les doutes en le martelant aux investisseurs qui sont moins enclins en plus à assimiler la propagande de leurs médias de masse que nous autres citoyens.

Faut changer le terme bon sang ! Même "finance du désert" ou du "soleil" serait aussi pas terrible certes mais passerait bien mieux dans l'esprit des gens.

Un lien religieux est obscurantiste par définition demander aux autres de changer leur regard c'est leur demander d'épouser une partie des règles imposées par cette religion. Tout simplement aliénant.
a écrit le 13/12/2018 à 10:29 :
Si même le Président US ne peut pas dire "Nous prenons également des mesures pour protéger notre nation du terrorisme islamique radical ».

et que ces enseignants indiquent que ce type d'association pourrait conduire une partie des citoyens américains à soupçonner tout ce qui est en lien avec l'islam, y compris la finance dite « islamique »."

Alors curieuse logique : Ces enseignants sous entendent qui ne faut pas critiquer le terrorisme islamique radical car il y a de la finance islamique et qu il y a Islam dans les 2.

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