La globalisation m'a tuER !

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Crises financières à répétition, érosion des protections sociales, baisse de la productivité, ... La globalisation n'a pas tenu ses promesses!. Par Michel Santi, économiste

La globalisation n'a pas tenu ses promesses! Elle qui devait utiliser les marchés à bon escient pour le plus grand bien d'une économie censée devenir plus efficiente et plus productive. Elle dont on attendait qu'elle convertisse notre société en une légion d'actionnaires. Elle dont les secrétions permettraient la propriété immobilière pour tous. Elle dont les fruits éloigneraient le spectre du totalitarisme. Elle présida en fait à l'accumulation frénétique des endettements publics et privés, résultats de la dérégulation à outrance entreprise depuis la fin des années 70.

Les crises financières à répétition qui montèrent en puissance et en gravité depuis les années 80 sont en effet la résultante de la globalisation, à qui l'on doit l'affaissement des recettes publiques, l'érosion des protections sociales, la montée en puissance des coût de santé, la baisse de la productivité, la réduction ininterrompue des salaires (qui n'avaient pourtant cessé de grimper jusqu'à Bretton Woods), l'explosion du chômage, la flambée des inégalités et bien-sûr l'avènement de l'austérité. En résumé, la prospérité censée découler de la globalisation fut très vite remplacée par une intensification progressive de l'insécurité sociale, matérielle, économique et- accessoirement- par la crise financière la plus grave depuis 1929. Cette idéologie du « laissez-faire » - préalable non négociable à la globalisation- conduisit donc à une véritable dislocation du tissu social et à une quête logique de protection de la part de nos populations occidentale sinistrées et lésées par l'instauration d'un authentique Far West économique.

Aujourd'hui, il devient crucial de restaurer l'autorité de l'Etat, de mettre en place une régulation digne de ce nom et de rétablir le contrôle des capitaux afin de mater cette globalisation qui bat nos démocraties en brèche, et qui livre nos sociétés en pâture aux instincts animaux les plus répréhensibles et (sciemment) les moins contrôlables. Sans être passéiste ni nostalgique, comment ne pas simplement constater que les trois décennies ayant précédé l'avènement de la globalisation - époque marquée par la gestion stricte des flux de capitaux transfrontaliers- fut aussi une ère de plein emploi, de société égalitaire, de forte productivité, de consommation florissante, d'endettements publics inexistants et de dirigeants politiques responsables ? Car un fait s'impose, à savoir que l'expansion de la croissance économique connut un ralentissement marqué dès 1975, alors qu'elle fut florissante entre 1950-1975.

Que ce retour du contrôle des capitaux ne soit pas qualifié de réflexe communiste, ni taxé de volonté Etatiste, car Keynes lui-même - peu suspect de ces deux travers - en était un fervent défenseur.

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Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur Général d'Art Trading & Finance.

Il est également l'auteur de : "Splendeurs et misères du libéralisme", "Capitalism without conscience", "L'Europe, chroniques d'un fiasco économique et politique" et de "Misère et opulence", préface rédigée par Romaric Godin.

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Commentaires
a écrit le 16/05/2017 à 11:04 :
M. Santi.
A votre place je changerai la tonalité de vos papiers, sous peine de subir le même sort que Romaric Godin, récemment viré de la Tribune. Les propriétaires de votre journal n'ont semble-t-il pas encore passé le message : maintenant c'est En Marche et au Garde-à-Vous
a écrit le 16/05/2017 à 10:47 :
M. Santi.
A votre place je changerai la tonalité de vos papiers, sous peine de subir le même sort que Romaric Godin, récemment viré de la Tribune. Les propriétaires de votre journal n'ont semble-t-il pas encore passé le message : maintenant c'est En Marche et au Garde-à-Vous
a écrit le 16/05/2017 à 9:11 :
Je ne pensais pas que dans la finance on pouvait trouver des gens aussi éclairés que vous c'est quand même franchement surprenant avouez-le autant de progressisme alors qu'en même temps on se tape des golden corbeaux sur les forums au niveau proche de zéro, suintant la peur donc la subjectivité et les convictions qui vont avec à des kilomètres. Je peux enfin vous faire une critique sans aller chercher midi à quatorze heure, vous donnez du coup de la légitimité à une discipline qui ne la mérite pas ou bien qui a été tellement anéantie sémantiquement que dorénavant seuls des perroquets y évoluent.

En effet question contrôle de capitaux, avec une finance de l'ombre qui en était pour 2015 à 92000 milliards de dollars selon l'article récent de la tribune "La "finance de l'ombre" a encore enflé au niveau mondial"http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/la-finance-de-l-ombre-a-encore-enfle-au-niveau-mondial-709694.html, et en plus en perpétuelle augmentation il est évident que nous en sommes vraiment très loin.

Maintenant hélas à une époque nous arrivions à distinguer les différents circuits d'argents douteux maintenant avec la globalisation financière circuits légaux et illégaux ne font qu'un. Cet article qui date de 1996 nous avertissait de ce qui allait advenir:" Comment les mafias gangrènent l’économie mondiale" https://www.monde-diplomatique.fr/1996/12/CHOSSUDOVSKY/5945

Or maintenant que mafia, finance et pouvoir politique ne font plus qu'un les possibilités de contrer ce fléau sont plus que tenues nous laissant surtout un arrière goût de désespoir quand nous regardons nos enfants et la planète en ruine que nous leur confions sans en plus leur laisser le moindre outil pour changer cet état économique mortifère.

C'est l'empire des faibles et donc la possibilité d'une fin de l'humanité à terme, espérons que les robots sauront évoluer seuls à un moment eux, et donc nous surpasser afin qu'il reste quelque chose de nous mais sachant que ces robots appartiennent à ces mêmes gens qui possèdent et détruisent la planète j'ai un sérieux doute.
a écrit le 16/05/2017 à 8:19 :
Il faudrait que nos économistes arrivent à comprendre que le chomage est en fait du temps de travail rendu disponible par les gains de productivité liés à l'usage de l'énergie.
a écrit le 15/05/2017 à 20:56 :
Comment peut-on se dire économiste après tant et tant d'échecs.
Même les journalistes ne font pas pire !

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