« La question n’est pas Macron ou non » (par Pierre Arditi)
Pierre Arditi
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Pierre Arditi, acteur français. comédien
© LTD / SYSPEO/SIPA
Pierre Arditi
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Pierre Arditi, acteur français. comédien
© LTD / SYSPEO/SIPA
Depuis l'annonce de la dissolution, nous avons l'impression de vivre un cauchemar au ralenti. Celui d'une France blessée et divisée, en route vers son suicide. Celui d'une classe politique indécente, inconséquente, avide de sauver ses intérêts, « l'anatomie d'une chute » vers le chaos. Un moment de bascule historique, celui de la fin d'une ère de démocratie et de liberté, comme nous l'avions lu, jadis, dans les livres, comme nous l'avaient raconté nos parents ou nos grands-parents. Comme si nous vivions, comme au siècle dernier, le délitement inexorable de nos fondamentaux. Cette situation est l'addition que nous payons aujourd'hui de décennies de colère populaire et de la détestation souvent injuste de la classe politique. Le choix du président de la République de dissoudre l'Assemblée nationale, certes constitutionnel, est à mon sens une erreur. Il nous place de manière précipitée face à des perspectives effrayantes.
À lire également
D'un côté le Rassemblement national, parti d'extrême droite, pour lequel votent des citoyens exaspérés, voire désespérés, prêts à essayer des recettes illusoires dont nous connaissons tous l'inanité. Un gouvernement dirigé par le RN ne changerait pas leurs vies. Comme en Italie, il compenserait ses incompétences économiques et sociales par des attaques contre les minorités, contre la culture, contre les plus faibles de la société. Il trahirait les engagements de la France en Europe et dans le monde. Laisser le RN prendre Matignon, c'est accepter au nom d'une pseudo-souveraineté d'abandonner notre indépendance. De l'autre côté, le Nouveau Front populaire s'est formé avec des cœurs sincères, remplis d'espérance. Ces cœurs sincères sont ma famille, j'ai passé ma vie à les soutenir, à voter comme eux et avec eux. Cette fois-ci, je ne le peux pas. Si certains d'entre eux sont des sociaux-démocrates sincères, je le sais, cette alliance contre-nature est désespérante. Ce Front populaire n'est pas celui des congés payés de Léon Blum, dont ils se réclament, mais celui des ambiguïtés.
Pierre Arditi
OPINION. « Trente ans d'allègements, et si c'était la courbe le problème ? »
OPINION. « Le bio-manufacturing, prochain tournant stratégique : la France peut-elle se permettre d’attendre »
« Recyclage et réemploi : des enjeux de souveraineté industrielle et écologique »
OPINION. « Asie centrale : la nouvelle frontière économique que la France ne peut plus ignorer »