Le Brexit fatigue !

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Tandis que la droite souhaite quitter l'Europe accusée de trop réglementer, la gauche appelle de ses voeux le Brexit en traitant l'Union d'âme damnée de la dérégulation... Par Michel Santi*, économiste

Passée en l'espace de quelque semaines de la stature de dame de fer charismatique à celle d'un Premier Ministre canard boiteux, Theresa May peut à peine encore prétendre diriger un gouvernement britannique dont la plupart des membres s'affrontent et se déchirent désormais ouvertement pour lui succéder.

Quant au parti d'en face, le 'Labour', il est dirigé par un leader ne cachant pas son admiration pour Chavez. La différence, aujourd'hui treize mois après le vote, entre conservateurs et travaillistes ?

Tandis que la droite souhaite quitter l'Europe accusée de trop réglementer, la gauche appelle de ses voeux le Brexit en traitant l'Union d'âme damnée de la dérégulation... Pendant que la presse - toujours extrémiste- de ce pays pourfend les opposants au Brexit, systématiquement accusés de traîtrise.

Brexit, l'Alpha et l'Oméga pour la Grande-Bretagne

Bref, la politique britannique est devenu désagréable, voire nauséabonde : reflet d'une nation en pleine crise de nerfs. Pourtant, hors du pays, nul ne se préoccupe plus des négociations ayant lieu à Bruxelles entre le négociateur en chef européen Michel Barnier et le ministre britannique en charge du Brexit, David Davis. La quasi-totalité de la presse européenne a en effet choisi d'ignorer le Brexit, préférant quand -elle en parle- déplorer la confusion politique pitoyable régnant en Grande-Bretagne, ou le grossier manque de préparation de l'équipe en charge de préparer la sortie de ce pays de l'Union.

Nullement une stratégie de négociation de sa part vis-à-vis de la Grande-Bretagne pour laquelle le Brexit constitue désormais l'Alpha et l'Oméga, l'Europe a en fait bien d'autres chats à fouetter. Pendant que Londres s'attelle enfin aux négociations, que le pays et que ses politiciens tentent et croient faire monter les enchères pour mieux se faire valoir et se distinguer à l'intérieur, l'Europe est bel et bien passée à autre chose.

«We want our money back»

Qu'elle semble lointaine cette époque où Margaret Thatcher assénait son fameux «We want our money back» qui envoyait des ondes de choc à travers l'Europe. Ironie suprême, c'est la France qui exige aujourd'hui 100 milliards d'euros à la Grande-Bretagne en guise de facture pour le Brexit !

Avec une locataire de Downing Street devenue inaudible, le vide du pouvoir britannique achève d'installer fébrilité - voire panique - dans un pays à l'atmosphère empoisonnée qui ne pourra plus se préoccuper que de brexiter plusieurs années durant. Qu'il est loin ce temps où, préalablement au référendum, Michael Gove - un des fervents partisans du Brexit - assurait que «nous aurons toutes les cartes en mains le jour où nous quitterons l'Europe».

Selon un rapport tout récemment établi par l'association 'UK in a Changing Europe', un mauvais accord ou -autre possibilité- aucun accord du tout seraient une catastrophe pour un pays qui subirait dès lors la paralysie de ses centrales nucléaires, de ses compagnies aériennes, de ses chaînes d'approvisionnement combinée à un authentique chaos juridique.

Tel qu'il est géré par ses dirigeants, ce Brexit mènera hélas à l'humiliation de la Grande-Bretagne.

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(*) Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur général d'Art Trading & Finance.

Il est également l'auteur de : "Splendeurs et misères du libéralisme", "Capitalism without conscience", "L'Europe, chroniques d'un fiasco économique et politique" et de "Misère et opulence", préface rédigée par Romaric Godin.

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a écrit le 24/07/2017 à 14:45 :
"Tel qu'il est géré par ses dirigeants, ce Brexit mènera hélas à l'humiliation de la Grande-Bretagne"

Une prêche néolibérale, je comprends bien vous ne pouvez pas travailler dans la finance pour rien non plus.

Pour ma part je vois bien plus de liberté dans ce pays qui a enfin décidé de récupérer ses ailes que dans cette union européenne engluée dans des politiques d'austérité sans fin ne laissant entrevoir aucune amélioration, aucune croissance, aucune innovation.

Retrouver sa liberté ça fait toujours bizarre au début, on peut parler des prisonniers qui aussitôt sortis se font de nouveau attraper pour y retourner car ayant peur de la liberté brusquement retrouvée.

Il est donc logique que cela soit le chaos actuellement mais notre univers n'est il pas né du chaos ? Nos politiciens européens se sont tous pliés à la règle européenne du coup ce ne sont plus que des exécutants du dogme néolibéral allemand, ça leur permet de pantoufler tranquillement à grands frais alors que toutes les politiques qu'ils appliquent sont étudiées depuis des années.

Alors entre le "chaos" anglais et l'inertie morbide européenne je choisi sans hésiter ce premier, on ne sait pas où cela peut nous mener mais on moins on sera sur que ce ne sera pas vers la catastrophe annoncée de cette seconde.
Réponse de le 25/07/2017 à 8:23 :
Michel Santi, un néolibéral?

Fallait l'oser celle-là, la journée commence très fort!!!
Réponse de le 25/07/2017 à 19:05 :
Cher matthieu j'ai peut-être trouvé un lien qui pourrait vous "éclairer":"L’inquiétant recul du quotient intellectuel" https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0211738901390-linquietant-recul-du-quotient-intellectuel-2060740.php

Courage.
Réponse de le 26/07/2017 à 11:33 :
Tous les prieurs ne sont pas des curés, beaucoup le font par tradition, par habitude, par peur ou par obligation.

Santi travaille dans la finance il est obligé que de temps en temps il se soumette à ces prêches, la puissance du milieu peut casser n'importe qui n'importe quand aussi bon soit il, d'ailleurs s'ils gardaient les bons ça se saurait.

Alors vous ne voulez pas diffuser cette réponse, je le comprends bien mais pourtant vous persistez à diffuser la question de quelqu'un qui visiblement a des problèmes de compréhension.

Comme je l'ai dis il est impossible de distinguer un mal-comprenant ou carrément inculte d'un troll.
a écrit le 24/07/2017 à 13:58 :
Le contenu de cet article me semble bien correspondre à ce que je vois dans mes déplacements professionnels à l'étranger. UK est mal dirigé, mal préparé et ne sait pas où aller. Les gens disent aussi que c'est le moment de modifier ce qui ne marche pas (particulièrement la gestion de l'immigration qui est un élément déclencheur du brexit). Ce serait un comble que les Anglais , en sortant, nous permette de résoudre ce problème.
Pour beaucoup de mes contacts, le brexit met fin à une situation où les anglais s'étaient fait une spécialité d'abuser, d'obtenir des dérogations en tout genre, avec moins d'obligations que les autres... Une seule inquiétude en fait: c'est que UK stoppe le processus du brexit!

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