Le "Français moyen" est-il vraiment pris à la gorge ?

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, le "Français moyen" est-il vraiment pris à la gorge ?

 Qui sont les Français du milieu ? En centrant l'analyse sur les seuls salariés, la rémunération nette mensuelle qui sépare en deux parts égales la population, l'une gagnant plus, l'autre moins, est d'un peu moins de 1.800 euros pour un temps plein. Les chiffres surprennent toujours, mais seuls 17% des salariés gagnent plus de 3.000 euros en France, et au-delà des 5.000 euros vous faites déjà partie du club très fermé des 5% des Français les mieux payés.

Le Français médian vit en famille

Mais le Français "du milieu" ne vit pas seul, c'est pourquoi il faut glisser vers la notion de ménages médians. Ses revenus ne sont pas non plus uniquement composés de salaires, mais aussi de prestations sociales, de gains issus de son patrimoine, voire de pensions de retraite. Et surtout il paie des impôts, c'est pourquoi il faut passer à la notion de niveau de vie qui intègre ces différents éléments.

Les personnes seules ne représentent que 15,5% des ménages médians, un chiffre proche de la moyenne du reste de la population. La France du milieu se caractérise par une surreprésentation des familles traditionnelles, avec au moins un enfant mineur à charge (37,7%, 3 points de plus que la moyenne nationale). Cette surreprésentation est avant tout le fait des couples avec deux enfants.

Avec 3.606 euros par mois


En termes de niveau de vie, le Français du milieu dispose d'environ 20.600 euros annuels, soit 1.717 euros par mois. Pour un une famille avec deux enfant mineurs, l'enveloppe est de 3.606 euros. Un niveau de vie en progression sur longue période : +0,9% en moyenne par an, sur les 20 dernières années.

C'est très loin du sentiment commun de l'écrasement des classes moyennes. En revanche ce qui est vrai, c'est que depuis la grande récession, c'est la stagnation ou presque. C'est d'autant plus mal vécu qu'en face, les dépenses contraintes ou pré-engagées (logement, gaz, électricité, télécoms, assurances) se sont envolées. D'où ce sentiment, lui bien réel, d'être pris à la gorge, sans véritable marge de manœuvre.

Il s'est endetté pour devenir propriétaire en banlieue

C'est bien pourquoi, malgré leur position centrale dans les distributions des revenus, deux-tiers des ménages médians se sentent financièrement en difficulté. Près de 25% ont du mal à remplacer un meuble hors d'usage, et 20% n'ont pas les moyens de partir en vacances au moins une semaine.

En cause essentiellement, le poids du logement dans leur budget, logement dont ils sont majoritairement propriétaires. En 1984, 48,2% des ménages du 5e décile de revenus étaient propriétaires. En 2013, dernière année disponible, ils étaient 58,8%. Entre ces deux dates, ce sont les catégories populaires les plus démunies, appartenant aux trois premiers déciles, qui ont été exclues de l'accession à la propriété. À l'autre bout du spectre, c'est chez les plus aisés que le taux de propriétaires a le plus progressé, alors qu'il partait d'un niveau déjà beaucoup plus élevé. Propriétaires, certes, mais au prix d'un endettement de plus en plus lourd et le plus souvent en banlieue, car le cœur ou les meilleurs quartiers des grands centres urbains leurs sont devenus inaccessibles.

Et il a peur pour son avenir

Il n'est donc pas étonnant que les personnes vivant dans un ménage médian expriment un certain pessimisme face à l'avenir. Sur une échelle de 1 à 10, les individus médians évaluent à 7 l'inquiétude à l'idée que leurs revenus soient insuffisants pour assurer leurs vieux jours, soit un niveau très proche de ceux observés pour les individus pauvres ou modestes.

La France moyenne fait de la résistance, mais certaines digues ont lâché avec la crise et le pessimisme s'est installé... et avec lui une perte de confiance dans le fonctionnement des institutions au sens large.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 28/02/2018 à 22:53 :
Le Français moyen n’existe plus.
a écrit le 28/02/2018 à 10:51 :
Bonjour
Donnez moi les adresses ou l'on donne ces salaires car en industrie par exemple les salaires sont plus proches des 1400 euros sans compter l'hôtellerie et la vente où les salaires sont encore plus bas.
a écrit le 28/02/2018 à 9:45 :
"Avec 3.606 euros par mois"

Mais vous parlez de qui ? Moi les français que je connais, et qui se plaignent c'est sûr, ils gagnent pas 3606 euros par mois, sinon ils ne se plaindraient pas !

Mais qu'est-ce que vous nous faites à part de la propagande néolibérale pro-gouvernementale là ?

Vous étiez bien plus intéressant avant que le mac prenne ne pouvoir, parce que ces odes et autres interprétation de l'actualité et de l'économie à la gloire du mac ça devient pénible ayant plus sa place dans paris match que sur un site économique.

Faut pas s'étonner ensuite avec des experts aussi peu objectifs de voir l'Europe couler.

Deuxième article honteux de suite, faites attention à un moment à force de tomber trop bas on ne se relève pas.
Réponse de le 28/02/2018 à 12:02 :
EXAT ? NOS EXPERTS DE HAUT VOLS QUI VEULENT NOUS EXIPLIQUE LE BON SENS SONT TELLEMENT PAYER QU ILS NE SAVENT PAS CONBIEN EST PAYE UN SMICARD OU UN OUVRIER DANS LES PREMIERS ECHELLONS DES GRILLES SARIALE? COMMENT NOS ELUES PEUVENT ILS APRES SE FAIRE UNE IDEE DE LA REALITE . ? LE NIVEAU DE 1200 EUROS POUR LE PAYEMENT DE LA CSG A ETE UNE CROSSE ERREUR CE PLAFON ET TROP BAS???
Réponse de le 28/02/2018 à 19:27 :
Vous écrivez trop fort.
a écrit le 28/02/2018 à 9:44 :
article tres interessant qui met en lumiere le role nefaste de l immobilier : des gens de plus en plus endettes, pour des logements de moins en moins confortables (plus petit et surtout plus loin du travail). L impossibilite de prendre un travail ailleurs car cela signifierait un demenagement et donc de devoir racheter dans une zone hors de prix (les seules ou il y a du travail bien payé). Apres on se demande pourquoi le gouvernement n arrete pas de jeter de l huile sur le feu. Supprimer PTZ et Pinel dans un premier temps. Plannifier la suppression des APL et interdire les credit immo de plus de 15 ans ferait exploser la bulle et rendrait du pouvoir d achat aux actifs. Evidement ca deplairait aux gros gagnant de l immobilier, les retraités. mais ceux ci votent deja LR et se sont braque depuis qu on leur a supprime leur taux reduit de CSG. donc rien a perdre
Réponse de le 28/02/2018 à 12:20 :
"Supprimer PTZ et Pinel dans un premier temps. Plannifier la suppression des APL et interdire les credit immo de plus de 15 ans ferait exploser la bulle et rendrait du pouvoir d achat aux actifs."

"Supprimer PINEL" : Oui, on aide des personnes qui ont de l'argent à gonfler leur patrimoine... Ou alors, il faudrait que la part payée par l'état appartienne à l'état, et soit récupérée au moment de la vente (parallèlement mieux protéger les propriétaires, vis à vis des dégradations, impayés...).

"Interdire les crédit immo de plus de 15 ans", mouais... Autant dire interdire les crédits immo aux petits revenus... Surtout qu'aujourd'hui avec les taux faibles, on peut emprunter sur 25 ans sans que ce soit vraiment ruineux.

"Supprimer PTZ", je n'ai pas d'avis là-dessus, mais vu les taux actuels...

"Plannifier la suppression des APL", pourquoi ? Car cela augmenterait les prix des loyers ? Comment un étudiant sans revenu pourrait se loger sans APL sauf à être totalement dépendant de ses parents ? Autrement dit : parents avec peu de revenus => tu ne fais pas d'études... Ou alors tu travailles encore plus à côté, donc tu rates tes études (il y a un lien entre travail et échec).

"Evidement ca deplairait aux gros gagnant de l immobilier, les retraités"
Tous les retraités ne roulent pas sur l'or... Egalement, la CSG les touche bien avant 1200 € s'ils sont en couple (dès 900 € ou quelque chose du genre : c-à-d si en couple tu n'es pas sous le seuil du pauvreté => CSG plein pot).


Ce qui me fait le plus halluciner quand je regarde les prix de l'immobilier, c'est que notre appartement avait été vendu neuf ~75 k€ en 2000. On l'a acheté 155 k€ (net vendeur) fin 2013. Parallèlement, les prix du neuf était bien au dessus (de l'ordre de 3 fois les prix de 2000).
Ma question : les prix du neufs ont triplé en 15 ans (on pourrait même dire 10 ans) ! : Comment cela est-il possible ?


En tout cas, supprimer le Pinel et maintenir les APL me semblent plus logique : je trouve normal d'aider qqn à se loger, pas de l'aider à ce constituer un patrimoine. Quand en sus tu cumules les deux....
Sans parler du fait que le Pinel a pour effet d'augmenter la demande sur un marché déjà tendu, des primo-accédant se trouvant en concurrence direct avec des investisseur locatif...

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