Le modèle agricole marocain, un exemple à suivre

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Inédite, la stratégie menée par le ministre de l'Agriculture Aziz Akhannouch ne s'inscrit pas moins dans une vision de long terme.
Inédite, la stratégie menée par le ministre de l'Agriculture Aziz Akhannouch ne s'inscrit pas moins dans une vision de long terme. (Crédits : Reuters)
OPINION. Grâce au volontarisme du Roi Mohammed VI, le Maroc poursuit sa révolution agricole et s'impose comme un modèle à suivre par les autres pays africains. Sa nouvelle stratégie, baptisée « Génération Green », devrait conforter le leadership du Maroc dans le secteur agricole. Par Eric Besson, ancien ministre, président de la filiale marocaine d'un grand groupe.

Comme chaque année à la même époque, le Salon de l'agriculture bat son plein à Paris. C'est l'occasion, alors que le monde agricole français traverse, entre « agribashing » et nouvelles aspirations sociétales, une période charnière et délicate de son Histoire, de nourrir le débat, d'ouvrir les perspectives, de porter le regard au-delà de nos plaines et montagnes, et de regarder ce qui se fait et réussit ailleurs. Le Maroc, à ce titre, représente en matière d'agriculture un modèle à la fois original, performant et inspirant.

S'il n'est évidemment pas question de vouloir transposer en Europe des pratiques agricoles propres à la région du Maghreb, le modèle marocain démontre qu'avec de la volonté, il est possible de développer le secteur en l'adaptant aux exigences économiques du XXIe siècle, tout en assurant le bien-être des populations et en respectant l'environnement. A l'heure du réchauffement climatique et d'une profonde remise en question de notre rapport à la ruralité, ce n'est pas là la moindre des réussites.

« Génération Green », une initiative royale bienvenue

Une nouvelle révolution verte est, en effet, à l'œuvre au Maroc. Une nouvelle stratégie agricole vient d'être adoptée : baptisée « Génération Green », cette feuille de route s'étale jusqu'en 2030 et répond à la demande du Roi Mohammed VI d'une « réflexion globale et ambitieuse pour le développement du secteur ». Inédite, cette stratégie menée par le ministre de l'Agriculture Aziz Akhannouch ne s'inscrit pas moins dans une vision de long terme.

En 2008, le Plan Maroc Vert visait à moderniser l'agriculture marocaine et à développer les zones rurales du pays, en misant tant sur les grandes exploitations, majoritairement tournées vers l'export, que sur l'agriculture vivrière. Deux objectifs principaux étaient fixés : doubler le PIB agricole, ainsi que les revenus de l'agriculture pour endiguer la pauvreté. Doté de 147 milliards de dirhams d'investissements, le PMV a déjà contribué à subventionner tant l'irrigation que la mécanisation, les activités de transformation des produits agricoles que l'amélioration génétique des semences.

« Génération Green », une stratégie aussi complète qu'ambitieuse

« Génération Green » devrait permettre à l'agriculture marocaine de devenir bien plus performante. L'objectif principal reste de doubler la part du secteur dans le PIB du royaume, qui s'établit pour l'heure à 12,3%. Il s'agit également d'alléger la balance commerciale en exportant plus, et plus de produits à haute valeur ajoutée : la valeur des exportations agricoles doit ainsi passer de 34,7 milliards de dirhams en 2018 à 60 milliards en 2030. Par ailleurs, un million d'hectares de terres collectives seront mobilisés, devant créer quelque 350.000 nouveaux emplois.

A terme, c'est à l'émergence d'une nouvelle génération de classe moyenne agricole que nous devrions assister au Maroc. Assurance agricole, protection sociale généralisée, réduction de la différence entre le salaire minimal agricole et celui en cours dans les autres secteurs, etc. : ces mesures volontaristes devraient permettre à 400.000 ménages marocains d'accéder à cette classe moyenne, qui compterait alors près de 700.000 ménages - et ce alors que le secteur représente quatre emplois sur dix dans le pays et assure un revenu, direct ou indirect, à 15 millions de Marocains.

Enfin, le nouveau plan initié par le Roi Mohammed VI fait la part belle à l'entrepreneuriat agricole. Diverses aides et incitations devraient permettre à 180.000 jeunes agriculteurs de se lancer. Et 150.000 jeunes bénéficieront d'ici à 2030 d'ambitieuses mesures de formation professionnelle. Le volet numérique n'est pas en reste, « Génération Green » prévoyant de connecter au moins deux millions d'agriculteurs à des plateformes de services digitaux.

Comment le Maroc exporte son savoir-faire agricole en Afrique

On ne sera donc pas surpris d'apprendre que le Maroc fait, en matière de politique agricole, figure de modèle. Particulièrement sur le continent africain, dont les pays partagent certaines caractéristiques avec le royaume et sont, comme lui, parmi les plus exposés aux conséquences du changement climatique. 35% des Africains souffrent de la faim et de la malnutrition, notamment en raison de système agricoles défaillants. C'est pourquoi plusieurs Etats, comme le Sénégal et le Gabon, ont emboité le pas du Maroc et adopté leurs propres « plans verts ».

L'ambition agricole du Maroc lui permet par ailleurs de conforter sa place de premier investisseur africain sur le continent, le royaume y ayant investi l'équivalent de près de 3,5 milliards d'euros entre 2003 et 2019. Grâce au PMV, le Maroc a par exemple acquis une précieuse expérience en matière de cartographie de fertilité des sols, d'agriculture raisonnée et d'adaptation des engrais aux types de sols, autant de savoir-faire qu'il exporte vers ses partenaires africains.

Une relation gagnant-gagnant, dont nous ferions bien, de ce côté de la Méditerranée, de nous inspirer.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2020 à 18:25 :
Le modèle agricole Marocain? Les oranges marocaine?
La centrale solaire marocain?
Les armes marocaines?
La zone franche de Tanger?
Le Sahara marocain?

La tribune marocaine? C est du n importe quoi?
a écrit le 29/02/2020 à 20:01 :
Dire que ce modèle est green sans dire en quoi il est green revient à ne rien dire sauf à faire de la politique et de l’auto-promotion. Qu’en est-il des nappes phréatiques qu’épuisent les pompages d’une agriculture dite bio mais qui autorise ce qui est interdit en bio véritable , de fraises du désert pour ne citer que cela?
a écrit le 28/02/2020 à 13:39 :
Quel est le salaire d'un ouvrier agricole Marocain ? C'est peut être cela le modèle agricole marocain.
a écrit le 28/02/2020 à 9:28 :
On fait l éloge du Maroc vert , vous avez vous les marocains et surtout les marocaines qui y travaillent ? C est pire qu en période d esclavage! On ne pas parler de Green tant que les marocains sont esclave chez un roi qui au passage est le plus grand propriétaire terrien.
Je soupçonne un voyage gratuit à Marrakech offert au journaliste contre cet article
a écrit le 28/02/2020 à 4:16 :
Le Maroc est un exemple. C'est vrai, il n'y a qu'a aller se promener dans le Rif , a perte de vue des champs verts de.....kif.
a écrit le 27/02/2020 à 14:59 :
On se marre !!!
Le Maroc qui nous donne une belle leçon de politique agricole verte!!
Mais ils ont un avantage : leurs décideurs ne sortent pas de l'ENA, l'X ou l'Agro qui ne sont pas forcément des modèles d'adaptation aux réalités du Monde de demain.
Bravo le Maroc si en plus vous devenez un phare pour tte l'Afrique, francophone en particulier. Ça fera oublier la tristement célèbre politique francafricaine en matière de "soutien" ou plutôt de "fossoyeur" à l'agriculture vivrière locale.

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