Le mot de la semaine : BBXYZ
Erick Haehnsen
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Baby-boomers, X, Y et Z... chacune de ces quatre générations apporte aux autres ce qu'elles n'ont pas. Sachant que l'an prochain, les Y et Z représenteront 50 % des actifs, soit autant que les baby-boomers et les X, il est crucial de bien cerner les attentes des uns et des autres.
Dirigeants, hauts fonctionnaires, experts, investisseurs, business angels... les 20 % des 2,5 millions de baby boomers (nés entre 1945 et 1960) encore au travail, soit 7 % de la population active, selon l'Insee, sont aux manettes. Croissance économique, plein-emploi, liberté (après la Seconde Guerre mondiale)... cette génération, à la mentalité plutôt directive, a bâti la société de consommation.
Mais, avec 16,2 millions de personnes, la génération X (de 1961 à 1980), à 100 % au travail (ou en recherche d'emploi) a pris de plein fouet la panne de l'ascenseur social, le sida et Tchernobyl. Marquée par les chocs pétroliers (1973 et 1979), le chômage de masse, l'effondrement des valeurs et la désillusion du progrès, la génération X affiche un certain scepticisme vis-à-vis de l'avenir.
De l'employé au PDG, 47 % de la population active sont des X pour les quatre à six ans à venir.
Mais la rupture comportementale est arrivée grâce à la génération Y (10,2 millions de personnes), née entre 1980 et 1995 « avec un ordinateur dans les mains ».
Reste qu'il convient de relativiser cette expérience. « Le startuppeur aura une vision positive du digital. Tandis que, dans son oreillette, le préparateur de commandes en logistique se verra dicter des ordres par le logiciel de gestion d'entrepôt qui réduit à néant sa capacité d'initiative », souligne Marc Loriol, sociologue et chercheur au CNRS.
Erick Haehnsen