Nouvelle-Calédonie, l’abécédaire de la crise (par Hervé Mariton, ancien ministre)
Par Hervé Mariton, ancien ministre
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Hervé Mariton, ancien ministre.
© LTD / François BOUCHON/figarophoto
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De nombreuses visites en Nouvelle-Calédonie, des rencontres avec des Calédoniens de toutes origines nourrissent ma réflexion sur l'insurrection. Elles n'autorisent pas un jugement d'autorité mais peuvent contribuer à éclairer le débat. Quelques mots doivent être interrogés.
Calédologue. Les Calédoniens sont affligés des conseils de politiques, d'universitaires, adeptes du Meccano institutionnel. Ils adoptent souvent le prisme de la décolonisation quand la société calédonienne a tant changé. Gouvernement local, Congrès, majorité des provinces sont contrôlés par les indépendantistes, indépendantistes, les transferts de ressources ont été considérables.
Calédonien. À la question « êtes-vous d'abord calédonien ou français? », nombre de Calédoniens « blancs » répondaient « calédonien ». L'insurrection aura abîmé l'ambition « un seul peuple, deux couleurs ». L'identité calédonienne est réelle et surfaite, compte tenu des différences de mode de vie, de la marginalisation d'une partie de la jeunesse kanake. Elle a pris un coup, barrage contre barrage. Les quartiers mixés ont été les lieux des situations les plus difficiles. Il va falloir retrouver un « vivre-ensemble ».
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Corps électoral. Deux principes s'opposent, celui du droit inaliénable du peuple premier et celui du suffrage démocratique. Le second n'éteint pas la revendication indépendantiste mais la soumet au suffrage. Le premier affirme un but absolu, qui n'est soumis à aucun corps électoral. L'esprit des accords de Matignon-Nouméa était que le vote conduirait à l'indépendance, au premier, au deuxième, ou au troisième référendum. Cela n'a pas fonctionné ainsi, nous nous retrouvons dans la contradiction des principes. Le primat absolu du peuple premier récuse absolument le suffrage, au risque de la violence. La solution du suffrage est la moins bloquante, elle suppose un vote légitime au regard des règles démocratiques.
Par Hervé Mariton, ancien ministre