L'IA favorise la culture de la manœuvre au cœur de la tradition militaire française. Comme l'atome en son temps, elle est un facteur de supériorité opérationnelle décisif pour les armées françaises. Par Fanny Turgis, présidente et fondatrice, et Patrick Gaillard, directeur général et fondateur.
A l'occasion du Sommet international pour l'action sur l'Intelligence artificielle (IA), qui se tient cette semaine à Paris, le ministère des Armées organise lundi à l'École militaire un cycle de conférences dédiée au domaine de la défense. L'occasion de se pencher sur ce que l'IA apportera aux opérations militaires, au travers notamment de trois cas concrets.
1. Ordonner le renseignement collecté sur le champ de bataille.
Depuis la généralisation de la numérisation, les plateformes de combat (avions de chasse, engins blindés, navires, hélicoptères, etc.) ont tous progressivement été équipés de capteurs : radar, caméras capables de voir à grande distance de jour comme de nuit, détecteurs électromagnétiques, sonars, etc. La masse de données que tous ces systèmes recueillent est considérable.
Plus elle est mise en commun entre tous les participants amis d'une même manœuvre tactique, et plus elle donne à chacun une conscience aigüe de la situation, de son environnement, de la position de ses amis et de ses ennemis, des opportunités à jouer. L'IA aide à collecter, recouper, enrichir, présenter et diffuser l'information pour en faire un renseignement utile.
2. Séparer fonctionnellement le recueil du renseignement de la mise en œuvre des armements.
Si les données recueillies sont mises en commun, et efficacement ordonnées avec l'aide de l'IA, alors elles deviennent accessibles au-delà des plateformes qui l'ont collectées. Et celui qui fait feu sur l'ennemi n'est plus nécessairement celui qui l'a détecté, mais celui qui est le mieux placé pour le prendre à parti : celui qui a la vue la plus directe, ou celui qui ne s'exposera pas en faisant usage de ses armes, ou encore celui qui dispose de l'armement le plus adapté (portée, effet désiré, puissance, etc.)
Ce que font aujourd'hui la Liaison 16 des opérations aériennes de l'OTAN ou le Système d'information du combat de Scorpion de l'Armée de Terre, sera demain rendu plus fluide avec l'aide de l'IA, parce que disponible sur la totalité du spectre des unités militaires.
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