OPINION. « Réformer l'ONU Tourisme : une nécessité pour l'avenir du tourisme mondial »
Harry Theoharis

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Une récente étude de l'ONU révèle que le tourisme mondial a retrouvé son niveau record de 2019, marquant ainsi une reprise prometteuse après les bouleversements de la pandémie. Toutefois, cette repise se déroule dans un contexte marqué par des défis colossaux : crise climatique, bouleversements géopolitiques, inflation mondiale... qu'il tient d'adresser au plus vite. L'ONU Tourisme et l'ensemble de l'industrie se trouvent aujourd'hui à un carrefour crucial : l'avenir du secteur, pour être durable, nécessite une redéfinition de ses priorités et de sa gouvernance.
Le secteur du tourisme demeure un puissant levier de croissance économique et de rapprochements culturels, mais il doit aujourd'hui évoluer pour faire face aux enjeux du XXIe siècle. Après des années marquées par un manque de transparence et des divisions internes, il est impératif pour l'ONU Tourisme de se réinventer afin de renforcer sa légitimité sa place de moteur dans l'industrie. Cette transformation exige un engagement fort des États membres et une vision commune de l'avenir du tourisme mondial.
L'un des principaux leviers de cette transformation réside dans la gouvernance de l'organisation. L'ONU Tourisme doit offrir davantage de pouvoir aux États membres dans l'élaboration des politiques, et repenser le rôle du Secrétariat général ; celui-ci doit devenir un facilitateur, capable de fédérer et de soutenir l'émergence d'un consensus autour de politiques audacieuses.
La transparence est également la pierre angulaire de ce projet de réforme. L'opacité des processus de décision a trop longtemps affaibli la confiance envers l'organisation. Il est urgent de rétablir la clarté, tant dans la gestion financière que dans l'élaboration des politiques, afin de restaurer la crédibilité de l'ONU Tourisme.
Par ailleurs, la transformation numérique et la durabilité représentent des enjeux structurants pour l'avenir du tourisme. Alors que le monde se tourne vers des solutions de plus en plus interconnectées, l'ONU Tourisme se doit de jouer un rôle catalyseur et accompagner ses 160 États membres dans cette transition. La durabilité, quant à elle, doit devenir un pilier fondamental de toute politique touristique. L'organisation doit établir des normes claires et mesurables, en soutenant ses membres dans leur mise en œuvre et en suivant rigoureusement leurs progrès. Cette approche systématique est indispensable pour préserver tout le potentiel les destinations touristiques pour les générations futures.
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Dans ce contexte de transformation, la France, avec ses 90 millions de visiteurs internationaux par an, occupe une place de choix et joue un rôle décisif dans le paysage touristique, influençant les politiques bien au-delà de ses frontières. Le pays a d'ailleurs longtemps été un leader influent dans l'ONU Tourisme, avec un Secrétaire général métropolitain ayant exercé le plus long mandat de l'histoire de l'organisation or, force est de constater que son influence a décliné ces dernières années. Pourtant, son potentiel est sans commune mesure : son leadership en matière de tourisme durable, sa gestion du patrimoine culturel et sa vision avant-gardiste du tourisme de demain peuvent redonner à l'organisation un cap plus affirmé et résolument tourné vers l'avenir. Réengager la France au sein de l'ONU Tourisme serait non seulement un atout pour la coopération mondiale, mais renforcerait également la crédibilité de l'organisation sur la scène internationale.
Ensemble, les États membres peuvent écrire un nouveau chapitre de l'histoire du tourisme mondial.
Harry Theoharis
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